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On sait ce que donne l'urine humaine utilisée comme engrais au bout de trois ans

Temps de lecture : 2 min

Des agricultrices du Niger ont participé à une expérimentation jamais entreprise jusqu'ici afin de dévoiler les effets de cet engrais naturel sur les récoltes.

Des chercheurs estiment que cette technique pourrait également avoir ses avantages dans les pays industrialisés. | Markus Spiske via Unsplash
Des chercheurs estiment que cette technique pourrait également avoir ses avantages dans les pays industrialisés. | Markus Spiske via Unsplash

Pratiquée pendant des milliers d'années comme une méthode efficace d'engrais, uriner sur les fruits et légumes qui poussent dans votre jardin peut vous sembler très peu ragoûtant. Pourtant, à l'image de nombreux engrais disponibles à l'achat, l'urine est pleine de bons nutriments qui participent au développement de vos plantes, rappelle ScienceAlert.

Le principal problème aujourd'hui est que tout le monde n'a pas accès au marché des engrais. Ce sont d'ailleurs souvent ceux qui en ont le plus besoin pour leurs récoltes qui s'en retrouvent dépourvus. C'est le cas des agriculteurs de certaines régions du Niger, confrontés à des conditions météorologiques difficiles ainsi qu'à l'assèchement de leurs sols, qui rendent les récoltes laborieuses.

Face à ces complications, une équipe de chercheurs du National Institute of Agricultural Research of Niger a décidé de remettre cette ancienne technique d'engrais à base d'urine humaine au goût du jour, tout en l'assainissant pour en faire ressortir uniquement le phosphore, le potassium et l'azote naturellement présents dans notre urine et bons pour les plantes.

Pour ce faire, le liquide a été stocké dans des bidons et gardé à une température ne dépassant par les 24°C pendant près de trois mois, un laps de temps assez conséquent «pour détruire les agents pathogènes restants qui peuvent résister sur de longues périodes dans le liquide acide», souligne ScienceAlert.

Une augmentation des rendements

Après l'étape d'assainissement, des agricultrices –au Niger, ce sont principalement les femmes qui s'occupent des récoltes– ont été invitées à utiliser cet engrais naturel sur leurs terres pendant près de trois ans. Afin de comparer, certaines ont dû mélanger leur mixture avec du fumier animal, d'autres n'ont tout simplement rien utilisé.

Entre 2014 et 2016, près de 681 essais ont été menés. Résultat? Les femmes ayant utilisé de l'urine sur leurs plantations ont connu une augmentation moyenne de 30% du rendement de leur récolte. La différence était telle que la plupart des femmes de la région se sont tournées vers cette technique.

En plus de représenter une bonne alternative pour les agriculteurs vivant dans des régions arides, les chercheurs concluent dans leur étude publiée dans la revue Agronomy for Sustainable Development que ces engrais à base d'urine peuvent également jouer un rôle dans les pays industrialisés: ils pourraient rendre nos systèmes d'assainissement plus durables, ou encore nous aider à consommer moins d'énergie fossile.

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