Economie

Oups! Une erreur et l'Allemagne perd son AAA

Slate.fr, mis à jour le 12.06.2010 à 10 h 58

L'Allemagne dégradée par une agence de notation... L'Allemagne perdant son fameux AAA symbole de sérieux budgétaire et de confiance des marchés... De la science-fiction économique? Non. Cela s'est réellement produit cette semaine, durant une minute.
Le Telegraph rapporte que l'agence de notation Standard&Poors a fait une «erreur d'écriture» –une erreur «administrative» selon S&P– retirant sa bonne note à Berlin. En cause, une confusion dans les «dates d'échéance».
Le quotidien britannique relève «l'ironie» de l'anecdote: l'Allemagne est le pays qui a la meilleure cote de crédit, et, en plus, S&P est considérée comme l'une des agences les plus sûres au monde.
Les agences de notation ne sont évidemment pas à l'abri des erreurs techniques, mais, comme le souligne le journaliste britannique, le contexte actuel de méfiance et de volatilité des marchés rend ce genre de mésaventure critique.
C'est à la suite de la dégradation de la note de la Grèce que la crise que connaît Athènes a éclaté. Les agences de notation ont également dégradé la note de l'Espagne, de AAA à AA+. Depuis, les gouvernements européens appliquent tour à tour des plans de rigueur et des restrictions budgétaires. Une dégradation d'un pays peut donc avoir des répercussions très importantes et cet épisode discrédite une nouvelle fois les agences de notation, déjà mises en cause dans la crise des subprimes. En avril, Gilles Bridier, de Slate.fr, s'interrogeait: «Quelle est la légitimité des trois grandes agences de notation dont le rôle se borne souvent à amplifier et légitimer les crises spéculatives? L'irresponsabilité et le conflit d'intérêt restent la norme dans la finance internationale.»
Finalement, la mésaventure allemande n'aura pas eu de conséquence, «en dépit du fait que les traders sont censés intégrer les notes dans leurs modèles».
On pourrait penser qu'une minute est un temps très court, mais à l'échelle boursière, ce sont 60 longues secondes. Depuis notamment la crise grecque, les médias se font l'écho de la méthode du «high frequency trading», qui permet grâce aux ordres programmés par les ordinateurs, de profiter des écarts constatés durant des micro-secondes (regardez l'émission d'Arrêt sur images, sur abonnement).
En mai, Wall Street s'est effondrée mystérieusement pendant quelques minutes, le Dow Jones plongeant de plus de 1.000 points.
[Lire l'article sur The Telegraph]
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Photo: REUTERS/Ali Jarekji
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