Sports

Geongangmi: comment les femmes coréennes redéfinissent les normes de beauté

Temps de lecture : 2 min

Musclée, bronzée, active: la nouvelle femme coréenne est sportive... Mais encore une fois soumise à des normes de beauté étouffantes.

La culturiste sud-coréenne Kim Hae-Yong pose pour un photographe à Séoul, le 10 mai 2015.| Ed Jones / AFP
La culturiste sud-coréenne Kim Hae-Yong pose pour un photographe à Séoul, le 10 mai 2015.| Ed Jones / AFP

C'est un ensemble de nouvelles normes, qui est en train de redéfinir l'idée de la beauté féminine, et qui séduit une partie de la jeunesse sud-coréenne. Le look «geongangmi» (건강미), qui désigne une beauté dite «saine», se pose en contrepied de l'idéal de minceur et de pâleur qui dicte les standards traditionnels coréens, pour promouvoir un corps fort, athlétique et bronzé.

«Je pense simplement qu'avoir des muscles a l'air plus cool. Je ne veux pas être maigre, je veux être plus grosse. Il existe bien sûr des normes sociales, mais pour moi, il n'y a pas de meilleure norme que d'être satisfaite de soi», explique Yoo Wonhee, une jeune femme de 26 ans qui s'est mise au sport pour remodeler son corps.

Des femmes fortes et actives

Exercices de musculation, Pilates, fitness... La pratique du sport comme moyen d'atteindre une «beauté saine» séduit de plus en plus les jeunes générations coréennes, et s'est intensifiée ces dernières années, comme le révèle la société d'études de marché Euromonitor: en quatre ans, le nombre de personnes âgées de 20 ans qui fréquente régulièrement les salles de sport a plus que doublé.

Des personnalités publiques, comme la pop star Hyolyn, ou l'actrice et boxeuse Lee Si-young, ont contribué à populariser cet idéal: une beauté saine implique désormais d'être musclée, active et bronzée.

Une norme en chasse une autre

Koo Hyun-kyung, qui à 29 ans est propriétaire et entraîneuse dans une salle de sport réservée aux femmes et spécialisée dans la musculation et l'haltérophilie, explique que pour la plupart de ses clientes, l'objectif de l'entraînement est passé de la perte de poids à l'amélioration de leur qualité de vie: «On ne peut pas avoir un corps pâle et maigre et réussir dans le fitness, donc les gens ont tendance à modifier leurs critères de beauté pour s'aligner sur leurs objectifs», explique-t-elle.

La «beauté saine» reste pourtant loin de faire l'unanimité: quand certaines y préfèrent l'idéal de «pureté fragile» dominant, d'autres y voient une énième injonction faite aux femmes, qui ne fait jamais que remplacer une norme par une autre: «Avant, je devais m'affamer. Maintenant, je dois m'affamer et faire de l'exercice», commente ainsi une blogueuse.

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