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Victime de racisme sur YouTube, un politicien australien fait condamner Google

Temps de lecture : 2 min

L'entreprise devra lui verser plus de 600.000 euros.

Barilaro a quitté le pouvoir en octobre 2021, apparemment épuisé par la campagne dont il était victime. | Annie Spratt via Unsplash
Barilaro a quitté le pouvoir en octobre 2021, apparemment épuisé par la campagne dont il était victime. | Annie Spratt via Unsplash

De 2016 à 2021, John Barilaro officiait comme «deputy premier» de la Nouvelle-Galles du Sud, le plus important des États australiens. Un poste haut placé qui n'a nullement empêché ce fils d'immigrés italiens d'être la cible d'attaques racistes répétées de la part de Jordan Shanks, vidéaste de 32 ans qui s'est spécialisé dans le commentaire politique à vocation humoristique. Sa principale chaîne YouTube, friendlyjordies, possède plus de 600.000 abonné·es.

Étant très régulièrement la cible des vidéos de Jordan Shanks, qui s'en prend à lui depuis 2020 de façon très intrusive et virulente, John Barilaro a fini par déposer plainte en raison d'attaques «racistes» et «agressives» répétées. Des termes explicitement racistes ont en effet été employés pour le désigner, et ce de façon régulière. Au cours du procès qui vient d'avoir lieu, Stephen Rares, juge de la Cour fédérale d'Australie, a établi que l'ancien homme politique avait été «traumatisé» par une campagne de «cyberharcèlement sans relâche» menée par le youtubeur.

Le procès en question n'était pas destiné à statuer sur la culpabilité de Jordan Shanks, mais à estimer quel était le degré de responsabilité de Google. La société n'a vraisemblablement pas fait le nécessaire pour «faire barrage au discours de haine, au harcèlement et au cyberharcèlement de M. Shanks», a ajouté le juge. Elle a donc été condamnée à verser 715.000 dollars (667.000 euros) à John Barilaro pour ne pas avoir appliqué correctement ses propres règles d'utilisation.

Un premier procès avait eu lieu en novembre 2021, et Jordan Shanks s'en était alors tiré en présentant des excuses, et en modifiant certaines de ses vidéos de façon à faire disparaître propos racistes et accusations infondées. Mais le vidéaste avait ensuite continué à produire des vidéos du même ordre à propos de John Barilaro. Alertée, la société Google avait alors décidé de laisser les vidéos en ligne.

Dans la spirale

Barilaro a quitté le pouvoir en octobre 2021, apparemment épuisé par la campagne dont il était victime. En réaction aux vidéos publiées, il a en effet reçu «des milliers de messages haineux et dérangeants sur les réseaux sociaux». Sa fille a également été la cible de nombreux messages de menaces. L'homme a raconté à la cour ses idées noires et ses envies croissantes de se faire du mal. «Quand vous êtes loin de votre famille dans votre appartement de Sydney, en train d'effacer des commentaires abusifs à une heure avancée de la nuit, vous commencez à regarder la rambarde de votre balcon d'un autre œil.»

«Tout ce que je voulais, c'est que Google retire ces vidéos, et ils ont refusé. Qu'un individu s'attaque à une entreprise comme Google, ce n'est pas rien, mais il était important pour moi de le faire», a ajouté l'ancien responsable politique. Les choses ne vont pas s'arrêter en si bon chemin, puisque le juge Rares envisage d'alourdir les charges: il considère en effet que Google et Jordan Shanks ont fait «anormalement pression» sur l'ex-politicien durant le procès.

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