Sciences

Le long cou des girafes cache en fait une féroce arme sexuelle

Temps de lecture : 2 min

L’analyse de fossiles vieux de plusieurs millions d’années est unanime: la taille ça ne compte pas, sauf chez l'ancêtre de la girafe.

Les mâles avec des cous plus longs battaient à chaque fois leurs rivaux pour s'accoupler avec les femelles. | Rachel Claire via Pexels
Les mâles avec des cous plus longs battaient à chaque fois leurs rivaux pour s'accoupler avec les femelles. | Rachel Claire via Pexels

La démesure du cou des girafes n'a pendant longtemps pas susciter le moindre débat. Darwin en personne était convaincu qu'il était progressivement apparu chez ce ruminant pour lui faciliter l'accès à la nourriture des grands arbres. Pourtant, cette théorie ne fait aujourd'hui plus l'unanimité, et une découverte publiée dans la revue Science apporte une toute nouvelle lecture à cette évolution.

Les scientifiques de l'étude ont analysé le crâne et les vertèbres d'ossements fossilisés d'un très ancien herbivore, le Discokeryx xiezhi, découverts il y a quelques années dans le nord de la Chine. L'espèce, qui vivait il y a environ 16,9 millions d'années dans la savane, est considérée comme la première version de la girafe. Son analyse anatomique a révélé des choses particulièrement intéressantes, notamment sur le but premier de son cou si singulier.

Le cou du Discokeryx xiezhi n'était en effet pas conçu pour grappiller les feuillages en hauteur, mais plutôt pour frapper. Et frapper fort. Assez pour battre tous ses congénères et s'accoupler en premier avec les femelles.

Vertèbres cervicales en béton

Les scientifiques ont en effet découvert que cet ancêtre de la girafe possédait une sorte de casque à os épais sur le dessus du crâne et vertèbres cervicales extrêmement épaissies. Une structure complexe particulièrement adaptée pour les coups de tête à grande vitesse.

Pour les membres de l'étude, pas de doute: à l'instar des cerfs, des moutons ou encore des bisons, cette structure osseuse était utilisée dans des sortes de duels d'accouplement. Les mâles avec des cous plus forts et plus longs battaient à chaque fois leurs rivaux, s'accoupler avec les femelles et, progressivement, transmettaient leurs gènes de génération en génération, décrit le média allemand Deutsche Welle. La sélection naturelle a fait le reste à travers les âges, allongeant dans des proportions extrêmes le cou de ces élégants mammifères.

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