France

Quand Philippe Val écrivait «Enculé président»

Slate.fr, mis à jour le 11.06.2010 à 15 h 17

Philippe Val, directeur de France Inter, n'avait pas du tout apprécié une chronique de l'humoriste Didier Porte dans la matinale de la radio le 20 mai. Porte avait répété à plusieurs reprises à l'antenne «J'encule Nicolas Sarkozy» dans un billet sur Dominique de Villepin.

A la suite de cette chronique, Didier Porte a été convoqué par Philippe Val et Laurence Bloch, directrice adjointe de la station. D'après Arrêt sur images, l'entretien est «violent»: «Les deux responsables estiment, entre autres reproches, que le mot "enculé" sur une antenne publique est une obscénité "sexiste".» Quelques jours plus tard, l'humoriste avait reçu un avertissement de la direction en recommandé. Son avenir dans la matinale de France Inter semble plus que compromis.

L'affaire fait polémique, posant une nouvelle fois la question des limites des chroniqueurs humoristiques qui interviennent dans les émissions d'information comme la Matinale. Et qu'en pensait donc le Philippe Val de Charlie Hebdo, le journal qu'il a longtemps dirigé? Sébastien Fontenelle, blogueur chez politis.fr, a retrouvé un édito de Val publié dans Charlie Hebdo le 14 novembre 2007, six mois après la présidentielle.

Philippe Val y rebondit sur la fameuse scène du marin-pêcheur de Guilvinec qui lance à Nicolas Sarkozy un tonitruant «enculé». Le président s'était alors énervé et avait crié: «Attends, attends, descends, toi, là...». L'éditorialiste de Charlie Hebdo écrit:

On attend d’un président de la République qu’il défende l’honneur et la réputation de tous les Français, y compris de ceux qui trouvent ni plus ni moins indigne de se faire enculer que d’enculer. Par sa réaction à ce qui n’est une insulte que dans la bouche des imbéciles, le président s’est idéologiquement rangé du côté de son insulteur: «Tu as raison, ceux qui se font enculer sont dégoûtants, et si tu me prends pour l’un d’eux, je te casse la gueule.»

L'édito est lui-même titré «Enculé président». Sébastien Fontanelle jubile et relève la contradiction entre le Val patron de Charlie Hebdo et le Val patron de France Inter:

Alors que là, force est de constater: Philippe Val, par sa réaction outrée à ce qui n’est une insulte que dans la bouche des imbéciles, donne assez fort l’impression, à l’aune des critères qu’il a lui-même définis dans son édito du 14 novembre 2007, de faire passer dans l’opinion le message que ceux qui se font enculer sont dégoûtants...

[Lire l'article sur politis.fr]

Image: Philippe Val sur le plateau du JT de France 2 en 2007, capture Dailymotion

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