Monde

La colère du Mexique après la mort d'un jeune de 14 ans à la frontière

Slate.fr, mis à jour le 11.06.2010 à 12 h 34

Les tensions sont vives à la frontière Etats-Unis/Mexique après l'assassinat lundi d'un jeune de 14 ans par un garde-frontière américain à Ciudad Juarez, en face d'El Paso, au Texas, rapporte le Daily Mail.

Une enquête du FBI a été ouverte. L'enjeu: savoir si oui ou non l'officier de la patrouille frontalière était en situation de légitime défense. D'après un communiqué du ministère mexicain des Affaires étrangères, celui-ci a ouvert le feu depuis El Paso, contre un groupe qui tentait apparemment d'entrer illégalement aux Etats-Unis et «aurait, semble-t-il, jeté des pierres» sur les agents américains.
Pour le président mexicain Felipe Calderon, il faut condamner cet «usage disproportionné de la force de la part des autorités américaines à la frontière mexicaine». Les parents de la victime affirment par ailleurs que leur fils n'avait aucunement l'intention de franchir illégalement la frontière.

D'après la Jornada, un des principaux journaux mexicains, qui publie vendredi une photo du cercueil du jeune Sergio Adrian Hernandez, les sénateurs et les députés mexicains de toutes les forces politiques exigent du gouvernement de Felipe Calderon qu'il demande la détention du garde-frontière en vue d'une extradition.

Cet incident attise des tensions déjà à leur comble à la frontière. Le 31 mai, un autre Mexicain, Anastasio Hernández, 32 ans, qui tentait de traverser la frontière illégalement entre Tijuana et San Diego, est mort après avoir reçu la décharge d'un pistolet électrique de type Taser administrée par un garde-frontière.

Alors que chaque année un demi-million de personnes tentent de franchir la frontière longue de 3.200 km avec les Etats-Unis, le Mexique signale que le nombre de Mexicains blessés ou tués par les patrouilles américaines «a augmenté, passant de 5 en 2008 à 12 en 2009 et déjà 17 cette année».

Ces dernières semaines, les autorités et une partie de l'opinion publique mexicaines ont dénoncé l'adoption par l'Etat frontalier d'Arizona d'une loi qui permet aux policiers d'interpeller tout étranger soupçonné d'être un immigré clandestin, y voyant une légalisation du délit de faciès. Obama a également exprimé son désaccord avec la loi, indique le Daily Mail. Le mois dernie,r le président américain a assuré à Felipe Calderon:

Aux Etats-Unis, aucune personne soumise à la loi –que ce soit un citoyen américain, un immigré, un touriste ou un visiteur du Mexique– ne devrait jamais être soumise à la suspicion simplement à cause de son apparence.

[Lire les articles du Daily Mail et de la Jornada]

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Photo: THe Wall//Wonderlane via Flickr CC License by

 

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