Médias / Monde

À Shanghai, mieux vaut ne pas parler de fin du «confinement»

Temps de lecture : 2 min

Après l'assouplissement des mesures sanitaires, le China Digital Times a dévoilé certaines directives gouvernementales invitant les médias à préférer l'expression «gestion par la suppression des déplacements».

Les autorités chinoises exhortent par ailleurs «les médias à souligner que cet assouplissement des mesures est “conditionnel”». | Hector Retamal / AFP
Les autorités chinoises exhortent par ailleurs «les médias à souligner que cet assouplissement des mesures est “conditionnel”». | Hector Retamal / AFP

Après plus de deux mois de confinement strict et une politique «zéro Covid» qui a suscité de vives critiques à l'encontre des autorités chinoises, la ville de Shanghai vient de rouvrir ses portes. La plupart des 25 millions d'habitants de la mégalopole peuvent désormais quitter leur domicile et retourner sur leur lieu travail. Ces directives ont été annoncées par le biais de différents médias locaux et nationaux, rapporte le Guardian.

En revanche, selon des informations publiées dans le China Digital Times –un média en ligne basé aux États-Unis qui a pour objectif de délivrer «des informations non censurées sur la Chine»– le gouvernement aurait demandé aux journalistes de ne pas utiliser le terme «confinement» pour traiter le sujet, et de lui préférer l'expression «gestion par la suppression des déplacements».

Pour les autorités chinoises, cette tournure de phrase alambiquée s'expliquerait par le fait «qu'à la différence de Wuhan, Shanghai n'a jamais déclaré de confinement, il n'y a donc pas de “fin de confinement”», peut-on lire sur le site du China Digital Times. «Shanghai a subi “une gestion par la suppression des déplacements”, mais les fonctions essentielles de la ville se sont maintenues tout au long de cette période.» À en croire les récits relatant le manque d'approvisionnement en nourriture de certains habitants pendant le confinement, cette affirmation sonne particulièrement faux.

Le China Digital Times indique néanmoins que ce type de directives gouvernementales est généralement communiqué à l'oral, et que la transcription proposée sur leur site peut par conséquent ne pas être tout à fait précise. De la même manière, les journalistes du Guardian commentent qu'ils n'ont pas eu la possibilité de vérifier un quelconque document officiel.

Une levée partielle des restrictions

Si la plupart des habitants ont pu retrouver une vie plus ou moins normale dans les zones dites «à faible risque», les masques sont toujours obligatoires dans l'espace public et les restaurants restent pour l'instant fermés. Les magasins sont encore sujets à certaines restrictions et ne peuvent recevoir que 75% de leur capacité d'accueil totale. Les autorités chinoises exhortent par ailleurs «les médias à souligner que cet assouplissement des mesures est “conditionnel”», selon le China Digital Times.

D'ailleurs, comme le note le Guardian, les autorités chinoises n'hésitent pas à reconfiner un quartier au moindre cas de Covid-19. Dans une vidéo partagée sur Twitter, le journaliste Thomas Yau, basé à Shanghai, a documenté ce type de restrictions dans sa zone de résidence, où un cas a été déclaré jeudi 2 juin.

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