Santé

Pourquoi certains gros fumeurs n'auront-ils jamais de cancer du poumon?

Temps de lecture : 2 min

Selon une récente étude, la réponse à cette question pourrait bien se trouver dans l'ADN.

Les conclusions des chercheurs pourraient aussi aider à comprendre pourquoi certains non-fumeurs développent des cancers. | Meghan Schiereck via Unsplash
Les conclusions des chercheurs pourraient aussi aider à comprendre pourquoi certains non-fumeurs développent des cancers. | Meghan Schiereck via Unsplash

En France, le cancer du poumon a le taux de mortalité le plus élevé de tous les cancers chez les hommes. La consommation de tabac est par ailleurs la première fautive, et ce haut la main: des études estiment que 90% des morts des suites d'un cancer du poumon y sont liés. Et pourtant. Tous les gros fumeurs –soit ceux qui consomment environ un paquet par jour– ne développeront pas de cancer du poumon au cours de leur vie.

Cela fait maintenant quelques temps que les scientifiques se demandent pourquoi certains fumeurs sont atteints de tumeurs aux poumons, et d'autres non. Selon une nouvelle étude, publiée dans Nature Genetics et relayée par Science Alert, la raison se trouverait peut-être dans l'ADN. Plus précisément, les cellules qui tapissent les poumons de certains fumeurs semblent moins susceptibles que d'autres de muter avec le temps.

«Ces cellules pulmonaires survivent pendant des années, voire des décennies, et peuvent donc accumuler des mutations avec l'âge et le tabagisme», explique au média Simon Spivack, épidémiologiste et pneumologue à l'Albert Einstein College of Medicine. «De tous les types de cellules pulmonaires, [celles qui tapissent les poumons] sont parmi les plus susceptibles de devenir cancéreuses.»

Alors que la quantité de tabac fumé est effectivement liée à une augmentation des taux de mutation cellulaire, «après l'équivalent d'environ vingt-trois ans à fumer un paquet par jour, ce risque plafonne», commente Science Alert. Ainsi, de tous les participants à l'étude (non-fumeurs, fumeurs occasionnels et gros fumeurs), «les plus gros consommateurs de tabac n'avaient pas forcément le taux de mutation le plus élevé», relate Simon Spivack.

Une autostabilisation des mutations

«Nos données suggèrent que ces personnes ont peut-être survécu aussi longtemps, malgré leur forte consommation de tabac parce qu'elles ont réussi à supprimer l'accumulation de mutations», expliquent les chercheurs. «Cette stabilisation des mutations pourrait provenir du fait que ces personnes disposent de systèmes très performants pour détoxifier la fumée de cigarette

Ces conclusions pourraient alors expliquer pourquoi près de 80% des fumeurs de longue date ne développent pas de cancer du poumon dans leur vie. L'analyse des mutations génétiques pourrait également apporter des éléments de réponses quant à l'apparition de cancers chez les non-fumeurs.

Aussi, s'il est indéniable que le tabac est grandement toxique pour le corps, le fait que ces mutations se transforment en tumeurs dépend de la capacité à réparer les dommages causés à l'ADN. «Nous souhaitons maintenant développer de nouveaux tests pouvant mesurer la capacité d'une personne à réparer ou à détoxifier l'ADN, ce qui pourrait offrir une nouvelle manière d'évaluer les risques de cancer du poumon», conclut Jan Vijg, généticien à l'Albert Einstein College of Medicine.

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