Sciences

Notre statut socio-économique affecte directement la structure de notre cerveau

Temps de lecture : 2 min

Une nouvelle étude de neurosciences montre des corrélations entre notre position sociale et le volume relatif de matière grise qu'on possède.

L'argent et le pouvoir pourraient littéralement modifier la structure de notre cerveau. | Sharon McCutcheon via Unsplash
L'argent et le pouvoir pourraient littéralement modifier la structure de notre cerveau. | Sharon McCutcheon via Unsplash

Toucher un bon salaire, être promu·e, devenir célèbre sont autant d'éléments qui définissent notre statut socio-économique et également, d'une certaine manière, notre place dans la société. Mais comment les disparités sociales et économiques se traduisent-elles dans notre cerveau? Fast Company s'est penché sur une nouvelle étude qui suggère que l'argent et le pouvoir peuvent littéralement en modifier la structure.

La recherche a été menée à l'Université de Pennsylvanie et s'est intéressée aux effets neuronaux du statut socio-économique. Selon ce travail scientifique, des facteurs tels que notre éducation, notre métier, notre salaire et notre quartier de résidence influencent directement l'architecture de notre cerveau et son volume relatif de matière grise.

À l'aide d'une base de données anglaise appelée Biobank, l'équipe de recherche a réussi à lier le statut socio-économique à environ 1,6% de variations dans le volume total du cerveau. Elle a ensuite trouvé des corrélations plus importantes avec certaines régions spécifiques comme le cervelet, qui dirige le mouvement et l'équilibre du corps.

Inné ou acquis?

Gideon Nave est l'un des coauteurs de cette étude. Il affirme: «Nous avons vu des corrélations entre le statut socio-économique et le volume de matière grise dans tout le cerveau. Elles sont petites, mais l'échantillon de l'étude est très large, nous avons donc confiance en leur fiabilité.»

Nous savons que notre santé, physique et mentale, peut aussi être liée à notre statut socio-économique. Mais ce que nous ne savons pas exactement, c'est par quelles voies cette influence opère. En analysant les données de séquençages génomiques, les scientifiques ont conclu qu'environ la moitié des corrélations s'expliquaient par la génétique (en particulier dans les régions qui contrôlent la communication, l'empathie ou encore la prise de décision), et l'autre moitié (dans la région du cervelet notamment) par l'environnement. «Cela suggère que les conditions socio-économiques s'inscrivent d'une certaine manière dans notre peau», indique Gideon Nave.

Les scientifiques qui ont mené la recherche considèrent que ces disparités pourraient être atténuées grâce à des interventions politiques. Gideon Nave cite, par exemple, une amélioration de la qualité de l'air dans certains quartiers ou encore la création d'écoles maternelles gratuites et de bonne qualité.

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