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À quel point la situation en Corée du Nord est-elle inquiétante?

Temps de lecture : 2 min

Alors que le nouveau président sud-coréen Yoon Suk-yeol compte adopter une politique plus ferme que son prédécesseur vis-à-vis de son voisin du nord, les observateurs s'inquiètent que les tensions entre les deux pays s'intensifient de nouveau.

Une femme passe devant une télévision diffusant un bulletin d'information à propos du leader nord-coréen Kim Jong-un, dans une gare à Séoul, le 4 mai 2022. | Jung Yeon-je / AFP
Une femme passe devant une télévision diffusant un bulletin d'information à propos du leader nord-coréen Kim Jong-un, dans une gare à Séoul, le 4 mai 2022. | Jung Yeon-je / AFP

«Je pensais emmener une hache, mais j'ai opté pour un couteau parce que c'est plus facile à transporter», raconte Jenn, une habitante de Séoul, la capitale de la Corée du Sud, alors qu'elle explique le plan très précis qu'elle a échafaudé avec son frère pour se préparer à la possibilité que la Corée du Nord envahisse un jour son pays.

Tandis que que Kim Jong-un ne cesse d'organiser des démonstrations de force avec des tirs de missiles, le nouveau président sud-coréen Yoon Suk-yeol –qui ne cache pas sa volonté de faire preuve d'une grande fermeté face à Pyongyang– prend ses fonctions ce 10 mai 2022. La BBC s'est intéressée aux inquiétudes que font renaître ce changement à la tête du pays et la course à l'armement du dictateur nord-coréen.

Jenn a commencé à réfléchir à son plan il y a déjà cinq ans. Les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis de Donald Trump étaient à ce moment-là à leur apogée. Alors que l'opinion publique et médiatique craignait de plus en plus une entrée en guerre, l'ancien président sud-coréen Moon Jae-in avait été élu et, dans la foulée, avait convaincu les dirigeants états-unien et nord-coréen de se rencontrer.

«C'était incroyable à regarder, c'était très émouvant», se souvient le professeur Moon Chung-in, ancien conseiller de Moon Jae-in, en évoquant la visite de ce dernier sur le sol nord-coréen à l'époque. L'effervescence et l'espoir provoqués par ces événements étaient néanmoins retombés en 2019 lors de l'impasse de l'accord sur le nucléaire, qui avait entraîné la fin des pourparlers entre les deux Corées. Depuis, les relations entre les deux pays étaient restées au point mort tandis que Kim Jong-un continuait de développer ses armes de destruction massive. L'élection du nouveau président, moins enclin à négocier que son prédécesseur, pourrait de nouveau faire changer cette situation.

Escalade militaire et course à l'armement

De manière générale, les informations sur ce qui se déroule en Corée du Nord sont filtrées. Cependant, depuis la pandémie et du fait de la fermeture stricte des frontières, l'accès à ces dernières est encore plus difficile aujourd'hui. Ce qui est clair, c'est que le dictateur nord-coréen a continué de développer des armes nucléaires, et ce malgré les sanctions internationales. Le premier missile balistique intercontinental du régime, le plus puissant, a d'ailleurs été testé en mars.

Du côté de la Corée du Sud, Yoon Suk-yeol a décrit la Corée du Nord comme «l'ennemi principal» dans une récente interview, officialisant ainsi la fin d'une période de calme relatif. Il a aussi promis de se montrer intransigeant face à l'escalade militaire. La plupart des experts s'accordent à dire que la Corée du Nord n'a pas prévu de se dénucléariser. C'est pourtant la seule condition pour que le président Yoon Suk-yeol accepte de communiquer avec Kim Jong-un. Chris Green, consultant pour l'International Crisis Group, déclare à propos de cette stratégie: «Elle n'a aucune chance de fonctionner.»

Chris Green se veut cependant rassurant sur l'éventualité que la Corée du Nord utilise une arme nucléaire contre son voisin: «Cela signifierait la fin du régime et la Corée du Nord le sait.» Mais il prédit aussi une course à l'armement entre les deux Corées, et le plus grand danger d'un tel scénario serait une erreur de calcul de la part de l'une ou l'autre. À Séoul, la situation inquiète: «Je me prépare», a admis un ancien lieutenant général de l'armée.

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Si la guerre en Ukraine concentre la plupart des inquiétudes internationales à l'heure actuelle, il devient de plus en plus difficile d'ignorer la Corée du Nord et le danger qu'elle représente, en particulier pour son plus proche voisin.

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