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Ces hôpitaux d'Afghanistan qui tiennent uniquement grâce aux femmes

Temps de lecture : 2 min

Les talibans savent bien qu'elles assurent le fonctionnement continu du système de santé dans le pays.

Face à la crise économique en Afghanistan, certaines soignantes ont décidé de créer des «comités d'adoption». | Aamir Qureshi / AFP
Face à la crise économique en Afghanistan, certaines soignantes ont décidé de créer des «comités d'adoption». | Aamir Qureshi / AFP

Exclusion du système éducatif, obligation du port de la burqa, interdiction de prendre l'avion... Les droits et les liberté des femmes en Afghanistan ne cessent de s'amenuiser depuis la prise du pouvoir par les talibans en août dernier. Face à ces mesures draconiennes, rares sont celles qui peuvent occuper un emploi, ou simplement une place dans l'espace public. Mais derrière les portes des hôpitaux pour femmes de Kaboul, la réalité est un peu différente pour une poignée d'entre elles, raconte le Guardian.

«Nous avions quelques hommes qui travaillaient ici avant que les talibans ne prennent le pouvoir», explique au journal britannique Jagona Faizli, gynécologue dans une des cliniques de la capitale afghane. «Mais comme il s'agit principalement d'une maternité, ils ont été chassés. Aujourd'hui, ce sont des femmes qui travaillent pour des femmes.»

Dans l'établissement de Jagona Faizli –dont le nom est gardé secret pour des questions de sécurité– docteures et infirmières s'occupent principalement de femmes enceintes. C'est également le cas dans la clinique de Mariam Maqsoodi, médecin résidente de 29 ans, qui rapporte que «jusqu'à 100 enfants naissent chaque jour ici, et au moins 140 femmes s'occupent de toutes les opérations».

Au-delà d'aider à mettre au monde des enfants, les soignantes ont créé des «comités d'adoption». Face à la crise économique sans précédent qui touche le pays depuis des mois, de nombreuses femmes ne peuvent subvenir financièrement aux besoins de leur nouveau-né. Des docteures et infirmières s'assurent donc de leur trouver une place dans des familles qui souhaitent adopter et, parfois, prennent la décision de les élever elles-mêmes.

Surtout, les mesures drastiques de séparation entre les hommes et les femmes imposées par les talibans permettent aux patientes de parler ouvertement de leurs expériences personnelles. «Il n'y a pas d'hommes ici, c'est pourquoi je me sens libre dans cet hôpital, confie Jagona Faizli. Beaucoup de femmes viennent ici me parlent de leurs difficultés conjugales. J'essaie de leur donner des conseils. J'essaie d'aider là où je peux.»

Un manque de moyens alarmant

La crise économique qui touche la majeure partie de la population afghane n'épargne pas les établissements de santé. «Les médecins et autres membres du personnel de santé dans tout le pays n'ont pas reçu leur salaire alors qu'ils travaillent à plein temps», commente le Guardian. Le Comité international de la Croix‑Rouge (ICRC) a donc récemment décidé de prendre en charge le revenu de certains soignants afghans, dont celui des femmes docteures et infirmières.

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«Nous avons vu au cours des derniers mois à quel point le personnel féminin de la santé a été dévoué et courageux en se présentant et en faisant de son mieux pour sauver des vies chaque jour, indépendamment du fait de ne pas recevoir de salaire, de devoir parcourir de longues distances, et de travailler dans des établissements de santé qui ont du mal à fonctionner», explique au Guardian Eloi Fillion, responsable de la délégation afghane de l'ICRC. «Les femmes sont essentielles pour assurer le fonctionnement continu du système de santé. Sans elles, il ne fonctionnerait tout simplement pas.»

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