Santé / Monde

Face à la hausse des signalements de viols en Ukraine, l'urgence de la contraception

Temps de lecture : 2 min

La destruction de nombreuses chaînes d'approvisionnement pousse des organismes humanitaires à envoyer contraceptifs d'urgence et pilules abortives aux hôpitaux ukrainiens.

En plus des contraceptifs d'urgence, des pilules abortives sont envoyées aux hôpitaux ukrainiens. | Cole Burston / AFP
En plus des contraceptifs d'urgence, des pilules abortives sont envoyées aux hôpitaux ukrainiens. | Cole Burston / AFP

Alors que le nombre de récits de viols ne cesse d'augmenter depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, près de 2.880 pilules du lendemain ont été envoyées en urgence aux hôpitaux ukrainiens par le biais de l'International Planned Parenthood Federation (IPPF, «Fédération internationale des plannings familiaux» en français), rapporte le Guardian.

«Le délai de traitement des victimes de violences sexuelles est vraiment essentiel», explique au journal britannique Julie Taft, directrice humanitaire de l'IPPF. «Si une femme consulte dans les cinq jours suivant [un viol], ce médicament devrait lui être automatiquement administré.»

Si ce type de médicaments était disponible un peu partout en Ukraine avant le début du conflit, bon nombre de chaînes de fabrication et d'approvisionnement locales ont été détruites. La guerre a aussi «provoqué le déplacement de patients et de prestataires de soins de santé et augmenté le taux d'agressions sexuelles», observe le Guardian.

Lyudmyla Denisova, commissaire aux droits humains du Parlement ukrainien, avait par ailleurs rapporté au début du mois d'avril neuf cas de femmes tombées enceintes après avoir été violées par des soldats russes. En plus des contraceptifs d'urgence, l'IPPF a donc envoyé des pilules abortives pouvant être utilisées jusqu'à vingt-quatre semaines après le début de la grossesse.

Un nombre de viols probablement sous-estimé

Le nombre exact de femmes recevant ces contraceptifs d'urgence spécifiquement après avoir subi un viol reste pour l'instant méconnu. Néanmoins, le Guardian relaie le témoignage d'un bénévole de l'association humanitaire norvégienne Paracrew qui, au cours d'une livraison de médicaments dans un hôpital du nord de Kiev, a été informé par le personnel que de nombreuses survivantes y étaient soignées.

Jamie Nadal, du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), explique par ailleurs qu'en temps de guerre, le nombre de cas officiellement déclarés ne représente que «la pointe émergée de l'iceberg».

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«Les survivantes sont confrontées à de multiples problèmes psychologiques, émotionnels et physiques. Et l'anxiété liée à une éventuelle grossesse est immense», commente Julie Taft. «Il est donc essentiel de pouvoir prévenir cela en premier lieu.»

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