Monde

Les réseaux sociaux vont-ils sauver l'armée américaine?

Temps de lecture : 2 min

Dans la guerre qu'ils mènent depuis 2001 en Afghanistan, les Etats-Unis s'appuient chaque année un peu plus sur les drones, ces avions sans pilote chargés de reconnaître le terrain ou d'éliminer directement des cibles. Mais depuis quelques semaines, certains commencent à s'inquiéter de cette stratégie. Début juin, l'ONU a demandé à la CIA de stopper ces opérations, et le rapporteur des Nations unies, Philip Alston, a mis en garde l'armée américaine contre une «mentalité de Playstation». Alors que le débat sur la légalité de telles actions s'intensifie outre-Atlantique, l'état-major militaire préfère se recentrer sur l'aspect humain.

Un reporter du New York Times est ainsi parti visiter la base aérienne de Beale, en Californie, pour y rencontrer des officiers de renseignement issus de la génération Facebook:

Penchés sur des moniteurs qui diffusent en direct des images filmées par les drones, le lieutenant Christopher et une équipe d'analystes ont récemment fait irruption sur plusieurs forums de discussion militaires, se projetant à plus de 11.000 kilomètres pour prévenir les Marines contre les bombes artisanales et les tirs de talibans.

Installés devant quatre écrans d'ordinateurs à la fois, ces bataillons de soldats 2.0 rompus aux réseaux sociaux scrutent la moindre information pour avertir les troupes sur le terrain du moindre mouvement ennemi. Aujourd'hui, on recenserait 4.000 analystes, et l'armée envisagerait d'en enrôler 2.100 de plus dans un futur proche. Mais comme le rappelle le journaliste Christopher Drew, la plupart de ces engagés n'ont jamais été déployés sur le terrain. Aussi crucial soit leur rôle, cette méconnaissance des zones de guerre peut créer un «fossé culturel».

Mais cette mutation peut aussi mener à des bavures, liées à une chaîne de commandement fractionnée et déficiente. Le New York Times cite l'exemple d'une attaque d'hélicoptère au mois de février. Alors que les analystes avaient signalé la présence de plusieurs enfants, le pilote du drone, stationné dans une autre base américaine, n'avait pas reçu l'information, ouvrant le feu et tuant 23 personnes.

Au mois de février, préoccupé par sa stratégie «en ligne», le Département de la Défense avait publié un court mémo (PDF) pour tracer les contours d'un «usage responsable et efficace» des fonctionnalités du réseau.

[Lire l'article sur le New York Times]

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Photo: Plaque du Département de la Défense américain / Hyungwon Kang

A lire également: «A la recherche de Saddam Hussein», notre série de cinq articles sur la façon dont les réseaux sociaux ont permis à l'armée américaine de capturer le dictateur irakien (ici, ici, ici, ici et )

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