Sciences

Les abeilles pourraient devenir plus petites sous l'effet du dérèglement climatique

Temps de lecture : 2 min

La hausse des températures est mal supportée par certaines espèces, qui à terme devraient se déplacer, perturbant la pollinisation et le fonctionnement des écosystèmes.

Une jeune guêpe vole à côté d'une fleur sur laquelle s'est posée une abeille, le 22 juillet 2019, dans une prairie près du petit village bavarois d'Eichenau, dans le sud de l'Allemagne. | Christof Stache / AFP
Une jeune guêpe vole à côté d'une fleur sur laquelle s'est posée une abeille, le 22 juillet 2019, dans une prairie près du petit village bavarois d'Eichenau, dans le sud de l'Allemagne. | Christof Stache / AFP

Pendant huit ans, des scientifiques américains ont étudié l'évolution de plus de 20.000 abeilles (pour 154 espèces) situées dans les montagnes Rocheuses, afin de déterminer comment elles réagissaient face au dérèglement climatique. Leurs résultats, publiés dans la revue de la Royal Society Proceedings B, révèlent que les changements de température constatés dans la région ont affecté le développement des abeilles.

«Particulièrement vulnérable au changement climatique», la région subalpine où s'est tenue l'étude a vu le nombre de ses plus grosses abeilles et des abeilles cavicoles diminuer, tandis qu'avec la hausse des températures printanières et la fonte des neiges plus précoce, les abeilles les plus petites, nichant dans le sol, ont augmenté.

À la recherche de fraîcheur

À terme, les abeilles les plus grosses pourraient diminuer: cela concerne notamment les abeilles trapues appelées «coupeuses de feuilles», et les abeilles solitaires maçonnes, qui font toutes deux partie de la famille des mégachilidés, mais aussi les bourdons.

Ces derniers, pollinisateurs importants de nombreux écosystèmes, ont effectivement une tolérance à la chaleur plus faible que les abeilles, et ont tendance à se déplacer vers des régions plus fraîches, aux altitudes plus élevées, lorsque les températures augmentent.

Le réchauffement climatique devrait donc mener à une reconfiguration des zones d'habitation de ces insectes, qui aura un impact néfaste sur la pollinisation et le fonctionnement des écosystèmes. Les auteurs de l'étude craignent un «effet en cascade»: avec la diminution des abeilles les plus grosses, qui ont tendance à voler plus loin pour se nourrir, on pourrait observer une réduction de la pollinisation sur les longues distances.

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75% des 115 principales cultures alimentaires mondiales dépendent d'une pollinisation animale, les insectes étant les principaux pollinisateurs au monde. On estime que chaque année, la masse totale des insectes diminue de 2,5%, et qu'un tiers des espèces pourrait être amené à disparaître d'ici la fin du siècle.

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