Politique

Aux États-Unis, inquiétudes sur une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle

Temps de lecture : 2 min

Le gouvernement de Joe Biden anticipe la potentielle onde de choc que provoquerait ce scénario.

Marine Le Pen à un meeting à Arras le 21 avril 2022, trois jours avant le second tour de l'élection présidentielle. | Thomas Samson / AFP
Marine Le Pen à un meeting à Arras le 21 avril 2022, trois jours avant le second tour de l'élection présidentielle. | Thomas Samson / AFP

Depuis son élection en 2021, le président américain Joe Biden a plutôt entretenu de bonnes relations avec le candidat et président sortant français Emmanuel Macron. Mais l'amitié franco-américaine pourrait bien en prendre un coup si Marine Le Pen remportait l'élection présidentielle ce dimanche 24 avril. Le New York Times s'est intéressé à la manière dont le gouvernement Biden anticipe la potentielle onde de choc que provoquerait ce scénario.

Le quotidien new-yorkais décris la candidate du Rassemblement national comme «une agitatrice populiste qui, dans le style de l'ancien président Donald Trump, critique l'OTAN et considère Vladimir Poutine comme un allié». Son élection pourrait rendre caduques les efforts de Joe Biden pour isoler la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Mais l'élection d'une présidente nationaliste pourrait aussi montrer que les récents rapprochements politiques et sécuritaires américano-européens ne sont peut-être pas si solides. Des pays européens comme la Hongrie ou la Pologne ont déjà pris des tournants autoritaires et sont membres de l'OTAN. D'autre part, des pays comme l'Allemagne, qui a répondu fermement à l'invasion russe, font face à de nombreuses critiques intérieures.

Charles A. Kupchan, professeur à l'Université de Georgetown, s'inquiète: «Avoir un gouvernement d'extrême droite en France serait un véritable tremblement de terre politique. Ce serait un signal très alarmant sur l'état de santé politique du monde occidental.»

Une question idéologique

La campagne de Marine Le Pen s'est concentrée principalement sur des questions de politique intérieure comme le pouvoir d'achat et, bien sûr, l'immigration. Mais c'est sur sa politique extérieure que la Maison-Blanche émet quelques inquiétudes.

La semaine dernière, la candidate RN a renouvelé son vœu de diminuer le rôle de la France au sein de l'OTAN, ainsi que d'effectuer un «rapprochement stratégique» avec la Russie après la guerre. Elle a répondu aux attaques d'Emmanuel Macron à ce sujet lors du débat de l'entre-deux-tours en affirmant «sa solidarité avec le peuple ukrainien». Néanmoins, c'est sa critique de l'Union européenne qui inquiète le plus le président américain, qui voit dans cette institution un contre-pouvoir à la Russie et la Chine.

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La question la plus importante à court terme si Marine Le Pen se retrouvait à l'Élysée serait celle de la possible réévaluation des sanctions contre la Russie. De manière idéologique et symbolique, «Biden voit ce moment comme un véritable affrontement entre la démocratie et l'autoritarisme», commente Daniel Baer, directeur par intérim du programme Europe de la Fondation Carnegie pour la paix internationale. Et le professeur Kupchan de conclure: «Si Marine Le Pen gagne, la politique antilibérale, raciste et protectionniste prendra le dessus.»

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