Égalités / Santé

Les filles ayant un TDAH sont-elles moins diagnostiquées que les garçons?

Temps de lecture : 2 min

Elles pourraient être plus nombreuses qu'on ne le pense et en souffrir.

Une étude montre que les parents des enfants concernés semblent minimiser les symptômes hyperactifs et impulsifs chez les filles, tout en exagérant ceux des garçons. | Robo Wunderkind via Unsplash
Une étude montre que les parents des enfants concernés semblent minimiser les symptômes hyperactifs et impulsifs chez les filles, tout en exagérant ceux des garçons. | Robo Wunderkind via Unsplash

Emily Johnson-Ferguson's a souffert pendant longtemps de troubles alimentaires, qui étaient pour elle un moyen de ralentir la vitesse de fonctionnement de son esprit. Les différents médecins qui la suivaient pointaient du doigt le stress ou des problèmes familiaux. À 42 ans, elle a découvert la véritable origine du problème en étant diagnostiquée, très tardivement, comme ayant un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Ce trouble du neurodéveloppement affecte les capacités de concentration et s'accompagne parfois d'impulsivité ou d'hyperactivité. Tandis que l'image stéréotypée associée au TDAH est celle d'un jeune garçon turbulent à l'école, beaucoup de filles connaissent aussi cette condition sans forcément être diagnostiquées. La BBC s'est demandée pourquoi.

Il y a d'abord une différence dans les symptômes: les garçons ont tendance à en avoir de plus sévères, mais plus divers que les filles. Anne Arnett, une psychologue clinique de l'Université de Washington, a réalisé une étude portant sur plus de 2.300 fratries pour en tirer cette conclusion: «On observe une véritable différence neurobiologique.»

Le rôle des stéréotypes de genre

Une autre recherche menée par Florence Molwem, consultante pour le cabinet de conseil indépendant britannique Aquarius Population Health, montre que pour être repérés chez les filles, les symptômes du trouble doivent être plus importants que chez les garçons.

Sa recherche s'est intéressée à 283 enfants âgés de 7 à 12 ans et a montré que les parents semblaient minimiser les symptômes hyperactifs et impulsifs chez les filles, tout en les exagérant chez les garçons. Les filles pourraient par ailleurs mieux compenser les symptômes, de la même manière que celles atteintes d'autisme ont tendance à masquer certaines manifestations de leur trouble. «Les filles sont moins susceptibles de se battre à l'école, par exemple, car elles seraient très critiquées par leurs pairs», commente la chercheuse.

Un symptôme également mal diagnostiqué est l'inattention. Nos idées reçues nous incitent à croire que les filles sont plus concernées que les garçons par ce trouble, mais les chiffres prouvent que ce n'est pas le cas. Pour Elizabeth Owens, du département de psychologie de l'Université de Californie à Berkeley, «ce symptôme courant a tendance à être sous-estimé parce qu'il n'est pas forcément à l'origine de comportements perturbateurs, en salle de classe notamment».

Malheureusement, et sûrement en partie à cause du manque de diagnostics, les filles présentant un TDAH combiné, c'est-à-dire avec à la fois des problèmes de concentration et d'hyperactivité, courent un risque plus élevé de s'infliger des pratiques autodestructrices, de développer de l'anxiété et d'être sujettes à des dépressions une fois adultes.

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Des médicaments existent pour traiter le TDAH et atténuer les symptômes. Au-delà de cette possibilité conditionnée par un diagnostic médical, comprendre d'où viennent nos différences cognitives et comportementales est important. En témoigne Emily Johnson-Ferguson's: «Quarante-deux ans que je me sentais complètement différente de la planète entière.»

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