Santé / Sciences

D'où vient la sensation de nausée lors d'un bad trip?

Temps de lecture : 2 min

On s'intéresse aux mécanismes neurobiologiques derrière le «green out», et plus particulièrement quand la consommation de cannabis s'accompagne de vomissements.

Le cannabis est utilisé pour lutter contre la sensation de nausée chez certains malades, mais il peut aussi avoir l'effet opposé. | Ekaterina Bolovtsova via Pexels
Le cannabis est utilisé pour lutter contre la sensation de nausée chez certains malades, mais il peut aussi avoir l'effet opposé. | Ekaterina Bolovtsova via Pexels

Panique, paranoïa, palpitations, sueurs froides, mains moites, ou encore vertiges ne sont que quelques-uns des symptômes de cette expérience aussi célèbre que redoutée: le bad trip, ou encore ce que nos amis anglophones appellent un «whitey» ou un «green out». Vice s'est récemment intéressé à un des effets les plus connus de ce phénomène pouvant être causé par la consommation de cannabis, à savoir les nausées et vomissements.

Pour commencer, un peu de biologie. «L'euphorie que les gens ressentent à cause de l'inhalation de cannabis [...] est due au Tétrahydrocannabinol», explique à Vice le docteur Mikael Sodergren, directeur du groupe de recherche sur le cannabis médical de l'Imperial College. Plus connue sous le sigle THC, cette molécule «passe par la circulation sanguine à travers la membrane de votre sang qui sépare votre cerveau du reste du corps, puis enfin dans certaines cellules du cerveau, où elle se lie à des récepteurs».

Ces récepteurs font eux-mêmes partie du système endocannabinoïde. Ce dernier est composé d'«un réseau de signalisation cellulaire complexe qui traverse le corps humain et qui aide à réguler quelques-unes des fonctions essentielles» comme l'appétit, le contrôle de la douleur, mais aussi la sensation de nausée et les vomissements.

Ainsi, le cannabis peut être utilisé pour lutter contre les nausées, notamment chez les patients sous chimiothérapie dont le traitement peut s'accompagner de nombreux effets secondaires. Mais le THC peut également avoir l'effet opposé et être à l'origine d'une simulation trop importante du système endocannabinoïde. C'est ce qui arrive lors d'un bad trip, et c'est pourquoi les vomissements en sont souvent l'un des symptômes.

Comment éviter le bad trip?

Pour éviter cette mauvaise expérience, il faut suivre une règle d'or qu'on vous a probablement maintes fois répétée: ne pas mélanger les substances, que ce soit le tabac, l'alcool, ou n'importe quelle autre drogue. «Mélanger les drogues à des doses élevées va vous donner une plus grande probabilité d'avoir un effet indésirable que lorsque vous consommez une seule drogue à concentration élevée», commente le docteur Mikael Sodergren. Vous pouvez également éviter le bad trip en suivant une seconde règle de bon sens: ne consommez pas de manière abusive.

Et s'il vous arrive de faire un bad trip, surtout, pas de panique. «Essayez de faire une analyse “post-mortem” de ce qui s'est passé», conseille le docteur Peter Grinspoon, spécialiste du cannabis médical au Massachusetts General Hospital. «Avez-vous bu de l'alcool? Y a-t-il eu un mélange avec de la nicotine? Étiez-vous fatigué? Avez-vous pris cinq bouffées alors que vous en prenez normalement deux?»

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Enfin, souvenez-vous que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne face à la consommation de cannabis et que chaque personne réagit différemment. L'ultime règle donc, c'est d'apprendre à écouter son corps.

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