France

Les bodyguards des politiques coûtent (trop) cher

Temps de lecture : 2 min

On le voit bien, les personnalités politiques arrivent rarement à l'Elysée sur des Vélib'. Elles préfèrent les voitures blindées et gardes du corps. Ce qu'on sait moins, c'est ce qui se cache derrière tout ça, et surtout combien ça coûte. La Cour des comptes dévoile des informations plutôt surprenantes sur le Service de protection des hautes personnalités (SPHP), le service composé de près de 600 fonctionnaires de police dédié à la protection des personnalités politiques. Le Figaro révèle lundi matin les excès de dépenses du service, dont le magazine «Haute Définition» de TF1 doit donner des détails le même soir.

Le rapport dénonce une interprétation un peu trop large du «niveau de menace» attribués aux politiques qui permet de justifier d'énormes dépenses. On apprend par exemple que Michel Charasse, ancien ministre du Budget de François Mitterrand et tout nouveau membre du Conseil constitutionnel, est escorté en permanence par deux gardes du corps alors qu'il réside à Puy-Guillaume, petite bourgade auvergnate de... 2.620 habitants.

S'il est plutôt naturel que la protection d'un ex-Premier ministre soit maintenue dans les mois qui suivent l'arrêt de ses fonctions, est-il vraiment nécessaire qu'elle le soit à vie? Car aujourd'hui, d'après le rapport, les 9 anciens Premiers ministres bénéficient de gardes du corps à vie, pour la modique somme de 71.879 euros en moyenne, par policier et par an. La Cour des comptes propose de limiter cette protection à un an après l'arrêt des fonctions.

Ce que le rapport de la Cour des comptes met à jour n'a rien de très nouveau pour le ministère de l'Intérieur qui «travaille sur la question depuis 2 ans pour décider de l'attribution ou du maintien de gardes du corps».

D'après le Figaro, début 2009, le SPHP a proposé de supprimer les protections de Ségolène Royal, François Bayrou et Laurence Parisot, la patronne du Medef, en raison d'une «absence de menaces» mais «il aurait reçu la consigne de maintenir ses dispositifs»

Le rapport vient d'être adressé au ministère de l'Intérieur, qui a désormais 2 mois pour répondre à ces observations, mais se défend déjà en affirmant que le nombre le nombre de policiers affectés à la protection de personnalités politiques a été revu à la baisse.

[Lire l'article sur Le Figaro]

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Photo: Dimanche électoral/marcokallmann via Flickr CC License by

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