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La Russie menace de poursuivre Wikipédia pour désinformation

Temps de lecture : 2 min

Ce n'est pas la première fois que la plateforme est attaquée par le gouvernement de Poutine.

Selon la Russie, Wikipédia aurait «une interprétation antirusse» de l'invasion de l'Ukraine. | Mikhail Klimentyev / AFP
Selon la Russie, Wikipédia aurait «une interprétation antirusse» de l'invasion de l'Ukraine. | Mikhail Klimentyev / AFP

En Russie, les journalistes risquent quinze ans de prison pour la publication de fake news. L'utilisation du mot «guerre» est interdite pour évoquer la situation en Ukraine. L'accès à Facebook et à Twitter a été bloqué. L'instrument de toute cette censure? C'est Roskomnadzor, le Service fédéral de supervision des communications, des technologies de l'information et des médias de masse. Il s'est de nouveau attaqué ce mardi 5 avril à l'une de ses principales cibles: Wikipédia, ou la plus fournie et la plus utilisée des encyclopédies au monde.

Roskomnadzor a demandé de retirer ce qui serait «socialement signifiant et non fiable» à propos de la guerre en Ukraine. La menace associée à cette injonction s'élève à 50.000 dollars (environ 45.000 euros) d'amende. Ars Technica est donc revenu sur la politique de lutte contre la désinformation à la manière russe.

«Nous ne reculerons pas face aux efforts d'intimidation et de censure», avait déjà averti la plateforme dans une déclaration datant du 3 mars, après que la Russie a menacé de bloquer le Wikipédia russe. Le pays assure désormais que l'encyclopédie ne publierait «que des articles avec une interprétation antirusse des événements».

Le massacre de Boutcha renforce l'urgence de la censure

Personne n'est passé à côté des sinistres informations qui proviennent de la ville de Boutcha, au nord de Kiev, depuis le départ des troupes russes. Des preuves de crimes de guerre, comme des massacres de civils et des viols, ont été découvertes et relayées par les médias du monde entier. Selon le gouvernement russe, majoritairement tenu responsable des faits, il s'agirait d'une mise en scène de la part de l'Ukraine. Depuis ces événements, plus que jamais, la guerre des images est une priorité pour Poutine et le gouvernement russe a tout intérêt à continuer ses efforts en matière de contrôle de l'information.

Autre cible de Roskomnadzor: YouTube, qui serait «devenue la plateforme clé de la guerre d'information menée contre la Russie». Cette dernière a fermé plusieurs chaînes ouvertes par Russia Today ou par des médias d'État, chaînes dont le gouvernement russe réclame la réouverture. Sur Wikipédia comme ailleurs, des contributeurs continuent néanmoins à lutter contre la censure.

Le mois dernier, la Biélorussie (l'un des plus proches alliés de la Russie dans l'invasion) a arrêté l'un des éditeurs les plus prolifiques de Wikipédia en langue russe. Il avait réalisé plus de 200.000 contributions en près de dix ans et était impliqué dans des débats sur les articles concernant l'Ukraine.

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