Life

L'apocalypse de 2012 n'aura pas lieu

Slate.fr, mis à jour le 27.10.2010 à 14 h 39

Plusieurs sites américains reviennent sur notre fascination grandissante en ce début de XXIe siècle pour les théories sur l'apocalypse et la fin du monde. A commencer par celle annonçant la disparition de la vie sur terre en 2012 avec la fin du calendrier Maya. Certains pseudo experts en ont conclu rapidement que pour les Mayas la fin des temps était prévu pour 2012. Roland Emmerich en a même fait un film assez médiocre sorti en 2009 et baptisé sans surprise 2012. Le calendrier Maya termine bien son treizième et dernier cycle de 5.125,36 années en décembre 2012. Pour autant la prophétie est loin d'être claire et les archéologues ne sont même pas tous d'accord. Ils ne savent pas vraiment si la fin du calendrier... et du monde est pour le 21 ou le 23 décembre.

Cette théorie a tout de même remporté un grand succès. Il faut dire que le 21 décembre 2012 coïncide non seulement avec le solstice d'hiver, mais aussi avec un alignement de notre soleil avec le centre de notre galaxie la Voie lactée. Quand cela se produira, certains apprentis prophètes promettent une inversion des pôles avec pour conséquence une succession ininterrompue de catastrophes naturelles, de raz-de-marée, d'ouragans, d'éruptions, de précipitations diluviennes...

Tout cela est évidemment stupide. D'abord parce que pour les Mayas, la fin de leur calendrier ne signifie en rien la fin des temps. Les Mayas sont juste censés faire la fête et... commencer un nouveau calendrier.

Quand au solstice d'hiver, il marque simplement le moment de l'année où le soleil est à la plus grande distance de la terre et aucun scientifique ne trouve par ailleurs de raison pour laquelle pour laquelle l'alignement du soleil avec le centre de la galaxie ait le moindre effet sur les pôles. Cela a autant de sens que de dire que vous ne devriez pas conduire au crépuscule car vous risquez de foncer dans le soleil!

Alors pourquoi les prédictions d'apocalypse fascinent tant? Elles permettent déjà en général à leurs auteurs de gagner de l'argent et surtout répondent à un besoin de la psychologie humaine quand les temps sont incertains et troublés.

Arthur H. Williamson, professeur d'histoire à l'Université de Californie à Sacramento, auteur de «Apocalypse Then: Prophecy and the Making of the Modern World» (L'apocalypse: prophétie et la fabrication du monde moderne), explique que la raison pour laquelle les gens sont aussi préoccupés par la disparition soudaine de la vie sur terre tient à une profonde insatisfaction avec ce qu'ils ont ici et maintenant. «Le sentiment de se heurter à un mur, la sensation de ne plus être capable de comprendre et de faire marcher ce monde.»

«Le plus intéressant n'est évidemment pas de savoir si la fin du monde est pour demain. Mais ce que ces prédictions signifient sur nous. Ce qui va vraiment nous tuer pourrait bien être le manque d'espoir. Beaucoup de gens considèrent que le monde échappe à tout contrôle et que nous ne pouvons plus rien y faire alors autant en finir...»,  ajoute Arthur H. Williamson.

LIRE EGALEMENT SUR L'APOCALYPSE: La fin du monde est pour 2036, Six dangers mortels pour la civilisation et L'apocalypse, arme politique.


Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr
Photo: Représentation d'un cavalier de l'Apocalypse, Christian Charisius/REUTERS
Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte