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La terreur de l'espionnage russe met l'Ukraine sur les nerfs

Temps de lecture : 2 min

Les Ukrainiens traquent les saboteurs et les espions qui pourraient s'infiltrer au sein de la population.

Des soldats ukrainiens patrouillent près d'un pont détruit par l'armée russe, à Rogan, le 30 mars. | Fadel Senna / AFP
Des soldats ukrainiens patrouillent près d'un pont détruit par l'armée russe, à Rogan, le 30 mars. | Fadel Senna / AFP

Alors que les troupes russes ont envahi le pays depuis plus d'un mois, un climat de forte suspicion s'est installé en Ukraine. Le New York Times s'est intéressé aux effets induits par la peur constante de l'espionnage ennemi.

«[Les policiers ukrainiens] ont même regardé les mèmes que je poste pour vérifier que je ne les tourne pas en ridicule, explique Valeriy, 32 ans, qui s'est fait arrêter à un check-point. Ils m'ont laissé partir quand ils ont trouvé une de mes caricatures de la propagande russe.»

Les civils ukrainiens vivent dans la peur, notamment depuis la parution de rapports concernant les «dyversantis», des groupes de saboteurs travaillant pour le compte de la Russie et qui sèment le trouble et la confusion parmi les Ukrainiens.

À la frontière polonaise, près de Lviv, les suspicions sont particulièrement intenses. Pour cause, la population a augmenté de près de 400.000 habitants depuis le début de l'invasion, et les résidents permanents se méfient des nouveaux arrivants. Chaque jour, les autorités locales reçoivent plus de 1.000 appels à propos «d'activités suspectes».

De nombreux malentendus

Il ne s'agit pas pour autant d'une simple paranoïa collective: pendant le premier mois de la guerre, les services de renseignement ont démantelé vingt groupes et appréhendé plus de 350 autres saboteurs. Afin que les citoyens puissent participer à la traque, une application appelée «eVorog» a été mise en place, permettant de dénoncer toute activité militaire suspecte.

Néanmoins, la peur des espions mènent souvent à des quiproquos, qui peuvent parfois devenir dangereux. «Il y a eu un conflit entre deux groupes de citoyens inconnus, qui se considéraient l'un l'autre comme des espions, a rapporté la police de Ternopil le 18 mars. Les premiers hommes ont alors suivi le second groupe, qui a lui-même appelé la police pour signaler des individus à l'attitude agressive.»

Dans un quartier de Lviv, Natalia Kovtun (71 ans) a refusé d'ouvrir l'abri anti-bombe de son immeuble à un voisin. Plus loin, Anton Ivanov s'est installé dans l'appartement de son oncle. Lorsqu'il a reçu la visite de la police, il ne leur a pas tout de suite ouvert, et leur a demandé de décliner leur identité.

«Il n'y a qu'un pas entre la vigilance et la paranoïa, selon Valeriy. Mais en fin de compte, si c'est la première, c'est juste gênant pour la personne innocente. Sinon, quelqu'un meurt.»

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