Monde

Les femmes et les enfants ukrainiens, une cible de choix du trafic sexuel

Temps de lecture : 2 min

Le crime organisé profite de la guerre en Ukraine pour sévir aux frontières.

Des réfugiées ukrainiennes attendent au poste-frontière de Medyka, à la frontière polonaise, le 28 mars 2022. | Angelos Tzortzinis / AFP
Des réfugiées ukrainiennes attendent au poste-frontière de Medyka, à la frontière polonaise, le 28 mars 2022. | Angelos Tzortzinis / AFP

Plus de 10 millions d'Ukrainiens ont été déplacés depuis le début de l'invasion russe, dont 3,5 millions qui ont quitté le pays. Il s'agit principalement de femmes et d'enfants –les hommes devant rester combattre– et constituent des cibles idéales pour les trafiquants d'êtres humains. La BBC s'est rendue à la frontière polonaise pour enquêter sur le sujet.

«Pour les prédateurs et les les trafiquants, la guerre n'est pas une tragédie», considère le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Au contraire, c'est une «opportunité». En Ukraine et dans les pays alentour, ces réseaux de trafic sexuel sont déjà particulièrement actifs en temps de paix, mais la guerre les renforce encore.

Selon Karolina Wierzbińska, coordinatrice de l'ONG Homo Faber, le plus préoccupant est le sort des enfants: beaucoup fuient l'Ukraine sans être accompagnés. À la frontière polonaise, notamment, beaucoup d'entre eux ont été signalés disparus.

Margherita Husmanov est une réfugiée ukrainienne de 20 ans ayant quitté Kiev il y a deux semaines. Elle a décidé de rester à la frontière pour empêcher les nouveaux arrivants de tomber entre de mauvaises mains. Elle témoigne: «Le premier jour, on a vu trois hommes italiens qui cherchaient des femmes à vendre pour le trafic sexuel.» Margherita a alors appelé la police, qui a confirmé ses soupçons.

Une autre réfugiée, Elena Moskvitina, a raconté son expérience sur les réseaux sociaux, pour mettre en garde contre ce danger. À son arrivée à la frontière roumaine, de faux bénévoles l'ont convaincue que la Suisse était la meilleure destination pour elle et qu'ils la conduiraient jusque là-bas. Ils l'ont invitée à monter dans un van avec d'autres femmes, son fils et sa fille. Suspicieuse, elle leur a demandé leur carte d'identité et cette requête les a mis en colère. Heureusement, elle a réussi à s'enfuir avant que le van ne parte.

Des initiatives pour lutter contre le trafic sexuel

Elżbieta Jarmulska a fondé Women Take the Wheel, pour venir en aide aux réfugiées ukrainiennes. «Ces femmes ont déjà tant subi en fuyant les combats, et quand elles arrivent elles sont exposées à l'exploitation et à la peur? Je n'ai pas les mots.» Son initiative a rassemblé 650 femmes polonaises qui font des trajets à la frontière pour offrir un passage sécurisé aux réfugiés.

Nadia, l'une des passagères d'un trajet offert par Elżbieta, explique qu'elle est rassurée d'être conduite par une femme. Et pour cause: elle a entendu parler à la radio ukrainienne des risques d'exploitation. Si le problème est donc connu des autorités, le processus de filtrage de ceux qui prétendent aider les réfugiés est encore loin d'être infaillible, et le crime organisé (trafic sexuel, trafic d'organes et travail forcé) est bien présent.

Les formes de rabattages sont diverses. Par exemple, certaines jeunes filles se voient offrir des billets pour le Mexique ou les Émirats arabes unis, sans n'avoir jamais rencontré l'homme qui les y invite.

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