Monde

Obama intensifie la guerre secrète contre al-Qaida

Slate.fr, mis à jour le 04.06.2010 à 16 h 20

De récentes déclarations de militaires américains confirment le renforcement considérable des Forces d'Opérarions Spéciales américaines à travers le monde, depuis la prise de fonction de Barack Obama. Ces forces sont aujourd'hui déployées dans 75 pays contre 60, début 2009.

Leur budget pour 2011 devrait augmenter de 5,7% pour atteindre 6,3milliards $ (environ 5,2 milliards €), qui s'ajoutent aux 3,5 milliards $ de fonds de prévoyance distribués en 2010. Les principales évolutions concernent la Somalie, où les effectifs ont été renforcés (notamment pour mener des raids aériens) et le Yémen, où des opérations avec l'armée du pays ont fréquemment lieu.

Cette stratégie internationale donne à Obama l'avantage de la discrétion. Les opérations de ces forces secrètes ne font effet pas l'objet d'un débat public, comme c'est le cas avec celles des forces conventionnelles.  Un officier militaire déclare au quotidien, sous couvert d'anonymat :


Obama a autorisé des choses que l'administration précédente n'aurait jamais autorisé.

La présence de ces forces secrètes à la Maison Blanche est bien plus importante que sous l'ère Bush, durant laquelle la planification des opérations passait par la hiérarchie traditionnelle du Pentagone.

Le directeur de l'unité de contre-terrorisme à la Maison Blanche John O. Brennan s'est récemment exprimé sur cette doctrine:

Les Etats-Unis ne se contenteront plus seulement de répondre aux attaques terroristes. Ils engageront le combat contre al-Qaida et ses alliés extrémistes où qu'ils complotent et s'entraînent : en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Somalie ou ailleurs.

Le rôle des Forces d'Opérations Spéciales a créé dans le passé des dissensions entre le secrétariat d'Etat et le Département de la Défense (qui les a sous sa tutelle). Sous George W. Bush, Donald Rumsfeld a défendu l'importance de ces unités et le secret absolu qui entourent leurs agissements. Tant et si bien que les ambassades, sous l'autorité du secrétariat d'Etat, n'étaient le plus souvent pas au courant des actions menées. Il semblerait toutefois que la bonne entente actuelle entre Robert Gates (le secrétaire à la Défense) et Hillary Clinton (la secrétaire d'Etat) limite les dégâts.

En Afghanistan et en Irak, les Forces d'Opérations Spéciales sont subordonnées au commandement régional, sous la diection du général Stanley McChrystal. Cette organisation ne satisfait pas bon nombre de cadres des forces, habitués à opérer selon leur propre hiérarchie.

Les Forces d'Opérations Spéciales sont devenues indispensables dans la lutte contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001. Elles sont composées de soldats formés pendant des années à la culture et à la langue des régions où ils sont affectés.

S'ils sont satisfaits de l'augmentation de leurs effectifs et de leur budget, les commandants de ces forces militaires souhaiteraient également consacrer plus de temps à des missions en dehors des zones de guerre. Sur les 13.000 soldats des Forces d'Opérations Spéciales déployées à l'étranger, 9.000 se répartissent entre l'Irak et l'Afghanistan.

[Lire l'article sur le site du Washington Post
]

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Photo: Reuters

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