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Que deviennent les détaillants dans la Russie de Poutine?

Temps de lecture : 2 min

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, le retrait des grandes enseignes internationales sur le territoire russe met en difficulté les revendeurs.

Une femme passe devant un hypermarché OBI, une multinationale allemande de vente au détail spécialisée dans le bricolage et le jardinage, à Moscou, le 10 mars 2022, après l'annonce de la société de cesser ses activités en Russie en raison de la guerre en Ukraine. | AFP
Une femme passe devant un hypermarché OBI, une multinationale allemande de vente au détail spécialisée dans le bricolage et le jardinage, à Moscou, le 10 mars 2022, après l'annonce de la société de cesser ses activités en Russie en raison de la guerre en Ukraine. | AFP

Alors qu'au fil des sommets du G7, de l'Union européenne et de l'OTAN, les pays occidentaux annoncent des sanctions économiques contre la Russie en réponse à la guerre entreprise par Vladimir Poutine contre l'Ukraine, la liste des multinationales qui cessent leurs activités commerciales sur le territoire ne fait que s'allonger.

Après le retrait des investisseurs, ce sont les enseignes qui ferment, et les boutiques des distributeurs qui ne sont plus fournies en produits: Zara, H&M, Nike, Puma, Ikea, Coca-Cola, Renault, mais aussi les géants du luxe comme LVMH, Burberry, Chanel ou Hermès, ne passent désormais plus la frontière. Les hangars et étagères russes des grossistes et des détaillants, conséquemment, se vident. Comment les revendeurs gèrent-ils la situation?

Fermer boutique ou attendre

Un détaillant russe, partenaire d'une marque occidentale, a confié ses inquiétudes au Guardian:

«Dire que je suis inquiet pour l'avenir est un énorme euphémisme. Se réveiller chaque jour en sachant que l'on fait partie de ce cauchemar sans le vouloir est dévastateur. J'ai construit mon business pendant des décennies, et maintenant je le vois partir en morceaux. Il y a des gens qui dépendent de moi –pas seulement ma famille, mais aussi mes employés, qui vont perdre leur source de revenus, leur assurance maladie, leur gagne-pain. Leur bien-être est l'une de mes plus grandes préoccupations. Mais bien sûr, comparé à la tragédie qui se déroule en Ukraine, toutes les préoccupations commerciales semblent insignifiantes.»

Pour l'heure, les commerces de détail fonctionnent encore sur les stocks passés, certaines marques ayant par ailleurs repoussé au plus tard le moment de leur retrait, ce qui a permis de faire tenir les approvisionnements, quand d'autres ont contourné le dilemme en laissant ouvertes leurs franchises.

Les grandes marques internationales implantées en Russie ont plus de marge de manœuvre que les commerçants locaux, car «elles peuvent se permettre de suspendre temporairement leurs activités tout en continuant à payer leurs employés», fait remarquer le détaillant.

«Les entreprises qui travaillent dans le cadre d'un accord de licence sont confrontées à des défis beaucoup plus difficiles. Je crains que nous devions tous faire un choix stratégique difficile, qu'il s'agisse de fermer définitivement nos entreprises et de vendre les stocks restants, ou d'essayer de maintenir l'entreprise à flot dans l'espoir que la situation s'améliore et que l'approvisionnement puisse reprendre», ajoute-t-il.

Mais dans la situation actuelle, l'apaisement semble encore lointain face aux ambitions expansionnistes de Poutine, et rien ne dit que les partenaires occidentaux reviendront en Russie à une échéance viable pour les commerçants, dont plusieurs ont déjà dû fermer boutique, voire ont quitté le pays.

Seul point positif pour l'heure: les ventes ont ponctuellement augmenté, car les consommateurs russes ont bien pris conscience que les stocks allaient s'épuiser; mais cela ne fait que rapprocher le moment de la rupture de stock.

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