Parents & enfants / Monde

Des enfants ukrainiens exilés présentent déjà des signes de stress post-traumatique

Temps de lecture : 2 min

Au milieu des guerres d'adultes, les enfants souffrent.

Une Ukrainienne serre dans ses bras une enfant dans la gare de Przemyśl, près de la frontière polono-ukrainienne, le 22 mars 2022, à la suite de l'invasion militaire russe en Ukraine. | Angelos Tzortzinis / AFP
Une Ukrainienne serre dans ses bras une enfant dans la gare de Przemyśl, près de la frontière polono-ukrainienne, le 22 mars 2022, à la suite de l'invasion militaire russe en Ukraine. | Angelos Tzortzinis / AFP

Le 24 février, l'invasion russe de l'Ukraine débute. Une semaine après, alors que les bombardements se multiplient, Julia Sergienko et ses deux enfants, âgés de 3 et 5 ans, montent dans un train bondé. Ils tentent de fuir Kryvyï Rih –ville du centre de l'Ukraine d'où le président Volodymyr Zelensky est originaire– pour atteindre Lviv, située dans l'ouest du pays, non loin de la frontière avec la Pologne.

Alors que les centaines de familles agglutinées pensent y être hors de danger, les bombardements russes commencent. «Nous avons dû faire demi-tour», déplore la mère de famille auprès de Vice. Avant que le train ne reparte, les lumières se sont éteintes, une barrière de protection a été érigée et le personnel a demandé aux passagers d'éteindre leur téléphone pour que les assaillants ne puissent pas les localiser.

Le trajet, d'environ 810 kilomètres, dure normalement dix heures, mais ce voyage aura finalement pris le double, raconte Julia Sergienko. À son arrivée à Lviv, la famille a pu traverser la frontière et s'est ensuite réfugiée chez des amis à Wrocław, située à 350 kilomètres de la capitale polonaise. La mère et ses deux enfants sont depuis en sécurité, mais restent marqués par les événements qu'ils ont vécus.

Ce n'est que le début

«Là, quand on était à l'aéroport de Wrocław, mes enfants ont vu des avions et ma fille a commencé à pleurer parce qu'elle pensait qu'il s'agissait d'une attaque», relate Julia Sergienko. Sa fille et son fils font partie du million d'enfants ukrainiens réfugiés en Pologne. L'Unicef assure qu'au total, 4,3 millions d'enfants –plus de la moitié de la population enfantine du pays– ont fui l'Ukraine.

Ceux de Julia Sergienko ne sont pas les seuls à montrer des symptômes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Dariusz Skorupa, psychologue à Varsovie et volontaire pour aider les réfugiés ukrainiens, raconte qu'un de ses collègues –lui aussi bénévole– a rapporté le cas d'un garçon âgé de 9 ans. Alors qu'une ambulance polonaise roulait et faisait hurler ses sirènes, «il a demandé s'il devait courir se mettre à l'abri. C'est un symptôme du SSPT.»

D'après les spécialistes, ce n'est malheureusement que le début. Les problèmes de santé mentale devraient s'aggraver dans les semaines à venir, précise Dariusz Skorupa. «Les Russes ont intensifié leur offensive contre les civils. Les gens voient cela, et alors le traumatisme est encore pire.»

Le syndrome de stress post-traumatique met plusieurs semaines à s'installer et à altérer les connexions entre les zones du cerveau. Selon le psychologue polonais, il faut créer, tant bien que mal, un environnement où les enfants réfugiés se sentent en sécurité. Les activités de jeu et de groupe sont un bon moyen de les aider.

«Chaque fois que nous le pouvons, nous essayons de mettre en place des jeux. Ici, à Varsovie, il y a de nombreux endroits où les enfants peuvent être ensemble», décrit-il. Plus tôt dans la semaine, Julia Sergienko et ses deux jeunes enfants sont allés dans l'un de ces centres d'aide gérés par des bénévoles. Le plus grand défi est maintenant de trouver des psychologues pour soulager les enfants ukrainiens ayant fui la guerre.

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