Santé / Sciences

Le gène des «dormeurs d'élite», un nouvel espoir pour guérir la démence

Temps de lecture : 2 min

Le sommeil pourrait avoir un rôle dans le ralentissement des maladies dégénératives.

Il est tout de même conseillé de dormir six à huit heures par nuit. | Pixabay via Pexels
Il est tout de même conseillé de dormir six à huit heures par nuit. | Pixabay via Pexels

Faites-vous partie des «dormeurs d'élite» [«elite sleepers»] qui passionnent les chercheurs de l'UC San Francisco? Ces personnes sont capables de dormir seulement quatre à six heures par nuit, sans aucun souci. Une nouvelle étude démontre que les gènes associés à ces habitudes de sommeil courtes et saines peuvent ralentir l'apparition de maladies neurodégénératives telles qu'Alzheimer.

D'après la plus grande étude sur le sommeil du monde, réalisée en 2018, sept à huit heures de sommeil serait la durée idéale pour maintenir de bonnes performances cognitives et une santé générale optimale. Pour la majorité des gens, dormir moins longtemps pourrait conduire à des problèmes de santé, jusqu'à un risque accru de démence et de décès précoce. Pourtant, certaines personnes peuvent dormir quelques heures par nuit tout en restant en bonne santé. Les chercheurs les appellent les «dormeurs d'élite».

«Il existe un dogme dans le domaine selon lequel tout le monde a besoin de huit heures de sommeil, mais nos travaux, à ce jour, confirment que la quantité de sommeil dont les gens ont besoin diffère en fonction de la génétique», explique le coauteur de l'étude Louis Ptacek. Il y a plus de dix ans, les scientifiques de l'UC San Francisco ont découvert le premier gène de comportements associés au sommeil court –appelé par la suite «sommeil court naturel familial» (FNSS). Depuis, ils ont découvert cinq autres gènes associés à cette condition physique.

Une protection assurée?

La nouvelle analyse vise à déterminer si cette aptitude au sommeil court protège directement des maladies dégénératives. Les chercheurs se sont alors basés sur deux variantes de gènes spécifiques liés au FNSS et sur des souris génétiquement modifiées pour être sensibles au développement de la maladie d'Alzheimer.

Après différentes expériences sur les animaux, l'équipe a démontré que les deux variantes génétiques ralentissaient la progression de la maladie. Cependant, les explications sur ce mécanisme ne sont pas encore très claires. Les chercheurs indiquent néanmoins que les facteurs génétiques jouent un rôle dans le ralentissement d'Alzheimer.

Une autre hypothèse, émise par les auteurs de l'étude, soutient que les gènes liés au FNSS rendent le processus de sommeil plus efficace. Ce qui signifie que les personnes porteuses des gènes acquièrent les avantages cérébraux d'un sommeil plus long en seulement quelques heures. La coautrice Ying-Hui Fu a cependant déclaré que les personnes non porteuses des gènes spécifiques et qui dorment peu se mettent en danger. Elles risqueraient même de développer des maladies cérébrales.

Les chercheurs restent cependant très positifs et affirment que les résultats de ces travaux génétiques sur le sommeil pourraient être la clef à de nouveaux traitements contre les maladies évolutives. «Ce travail ouvre la porte à une nouvelle compréhension de la façon de retarder et éventuellement de prévenir de nombreuses maladies cérébrales, commente Ying-Hui Fu. Notre objectif est vraiment d'aider tout le monde à vivre en meilleure santé et plus longtemps en obtenant un sommeil optimal.»

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