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Google doit donner ses données

Slate.fr, mis à jour le 04.06.2010 à 11 h 21

Au mois de mai, Google s'était fait taper sur les doigts pour avoir «collecté par inadvertance» (selon les propres termes de l'entreprise) 600 gigabits de données personnelles, en scannant des réseaux wi-fi ouverts avec les «Google cars». A la fin du mois, certains fournisseurs d'accès à Internet touchés par l'incident avaient même décidé de porter plainte contre le moteur de recherche, en réclamant 10 millions de dollars de dommages et intérêts. Mais des avocats de l'Oregon, l'un des Etats touchés par ce mini-scandale, vont plus loin: pour eux, cette captation n'était pas fortuite. Dans Wired, Brooks Cooper soutient «qu'au moment où nous parlons, notre avis est qu'il ne s'agit probablement pas d'un accident».

Pour étayer leurs accusations, les plaignants s'appuient sur une demande de brevet de Google (PDF), baptisée «776», qui permettrait d'affiner la géolocalisation «en déterminant avec une précision accrue l'emplacement d'un téléphone mobile ou d'un ordinateur portable». Si le géant de Mountain View a formellement démenti les accusations en invoquant une «erreur de code», ce rebondissement ne saurait cacher la position de plus en plus délicate de l'entreprise, poursuivie dans plusieurs juridictions des Etats-Unis pour violation de la vie privée (notamment à cause de Google Buzz).

Soucieux de désamorcer tout début de crise, Eric Schmidt, le président de Google, a annoncé qu'il allait mettre toutes les données collectées par Google à disposition des autorités françaises, allemandes et espagnoles, à leur demande. Pour ces dernières, les craintes se focalisent autour du contenu des données, qui pourraient révéler les informations bancaires ou l'adresse e-mail des personnes touchées par l'intrusion. De manière surprenante, la Federal Trade Commission (FTC) américaine n'a pas exprimé les mêmes doutes que les régulateurs européens. Alors que les acteurs privés montent au créneau pour faire condamner la firme californienne, les instances publiques se contentent pour le moment de «demander des explications».

[Lire les articles sur Wired et le New York Times]

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A lire également: Notre série de cinq articles sur la géolocalisation, ici, ici, ici, ici et

Photo: Google Street View Car in Bristol / byrion via Flickr CC License by


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