L'enfermement israélien
Les évacuations du Liban et de Gaza qui devaient apporter la paix et ont conduit à la guerre mènent Israël à une posture autiste, radicale et sécuritaire.
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Après l'arraisonnement sanglant (9 morts) de la flottille humanitaire pro palestinienne qui cherchait à forcer le blocus de Gaza, Israël se trouve isolé et confronté à une vague de critiques sans précédent. Seul dans ce registre de l'hostilité généralisée, George Bush avait fait mieux... Personne, en effet, n'a pris ni n'aurait pu prendre la défense d'une action illégale au regard du droit international puisqu'elle s'est déroulée hors des eaux territoriales. Plus grave sans doute: ce que cet épisode révèle de l'enfermement israélien et des conséquences de plus en plus dommageables qu'il pourrait générer.
L'intervention en elle-même peut susciter la stupéfaction et la consternation tant était visible le piège tendu à Israël. Dans l'esprit de ses promoteurs, il s'agissait d'une sorte d'«Exodus» à l'envers, du nom de ce bateau chargé de femmes et d'enfants expédiés en Palestine pour bien souligner la responsabilité et la culpabilité de la Grande-Bretagne. De la même façon, il s'agissait de remettre en évidence le blocus de Gaza par Israël. L'intervention des commandos de la marine israélienne a évidemment amplifié ce message au-delà de ce que pouvaient espérer les promoteurs de ce piège.
Mais que le gouvernement israélien ait pris ce risque conduit à s'inquiéter de l'enfermement grandissant des autorités de ce pays qui raisonnent de façon de plus en plus solitaires accordant trop de poids aux options militaires et devenant prisonnières d'une posture radicale, selon laquelle Israël ne peut compter que sur ses propres forces et est seul à pouvoir définir ses options de sécurité. Cette conception «dominatrice et sûre d'elle-même» comme aurait pu dire De Gaulle est en fait le résultat des deux évacuations unilatérales - du Liban Sud et de Gaza - qui ont conduit à deux guerres et au renforcement de deux ennemis, le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza. Là où Israël attendait la paix.
Cette situation a conduit à la victoire électorale du camp nationaliste, lequel prend systématiquement le contre-pied de ce qu'attendent la communauté internationale et surtout les Etats-Unis. Ainsi du camouflet infligé par Netanyahou au vice-président Joe Biden lorsque fut annoncée, en pleine visite de ce dernier, la relance d'un programme de colonisation à Jérusalem Est. Dans ces conditions, on voit mal ce qui retiendrait Israël d'agir seul contre l'Iran, malgré un quasi veto du gouvernement américain. Ce qui élargirait le champ de la tragédie.
Enfermement psychologique et politique ne signifie pas cependant isolement. Bien sûr les Nations Unies ont aussitôt demandé et obtenu la libération des participants à cette expédition. Mais ceux qui protestent le plus fort, comme la Russie par exemple, ne peuvent pas aller trop loin dans la condamnation d'Israël puisqu'ils pratiquent eux-mêmes des politiques de blocus dans des régions, il est vrai, moins exposées aux regards de la communauté internationale.
En revanche, les chancelleries n'ont sans doute pas prêté une attention suffisante au revirement historique de la Turquie. Depuis que ce pays, allié principal d'Israël dans la région, est gouverné par les Islamistes de l'AKP, il est passé de la brouille à l'hostilité. En témoigne le fait que le «Mavi Marmara», qui a fait l'objet de l'assaut sanglant, était principalement aux mains d'une organisation turque proche du pouvoir et en sympathie avec le Hamas. Ce dernier est, grâce à la complicité active de la Turquie, et à l'aveuglement du gouvernement israélien, le principal bénéficiaire de l'opération conduite avec le «Mavi Marmara».
Quant au gouvernement Erdogan, il aspire désormais à un leadership régional, qui l'a conduit à rompre avec Israël et à se rapprocher de l'Iran et de la Syrie, avant peut-être demain de rompre avec l'OTAN, dont il était, jusqu'à la guerre d'Irak, un élément-clé. Remplacer l'Egypte donc, dans son rôle de fédérateur d'un monde arabo-musulman profondément divisé: c'est le nouveau dessein d'un pays qui rompt progressivement avec le kémalisme laïc de ses origines; qui fait payer à la France et à l'Allemagne leur refus de le voir entrer dans l'Union européenne; mais qui, à la grande différence de l'Egypte, qui cherchait à contenir les radicaux islamistes (étant elle-même menacée par les Frères musulmans), flatte ces mêmes extrémistes et encourage l'Iran dont il adopte petit à petit le vocabulaire .
On comprend encore moins, dans ces conditions, l'autisme israélien, comme si, aux erreurs et aux échecs répétés de son armée, venait s'ajouter pour Israël l'absence de réflexion stratégique.
Jean-Marie Colombani
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Image de Une: Manifestation pro-israélienne devant l'ambassade de Turquie à Tel Aviv Reuters
Mis à jour le 04/06/2010 à 17h09













































Si je suis d'accord avec une grande partie de votre article la fin de ce dernier me parait aller un peu vite en besogne.
Certe l'AKP est un parti politique Islamiste et conservateur, dont je ne partage pas les opinions, pour autant il est nécessaire de signaler qu'il ne déroge pas fondamentalement à la logique des partis conservateur de par le monde (USA, Grande Bretagne...) dans sa volonté de donner une place plus importante à la question religieuse au sein de la société. Le simple fait que se soit un parti d'obédience musulmane ne doit pas contribuer à brouiller notre lecture des faits...
D'un autre coté il faut rappeler que le choix des turcs de prendre la tête du monde Arabe résulte non pas d'une décision émanant de leurs dirigeants mais du rejet de l'Europe de voir ce grand pays intégrer ses instances.
Dans tous les cas je me réjouis personnellement de voir un pays laique (l'un des deux seul au monde avec la France faut il le rappeler) dont les critères en terme de droit individuels tendent de + en + à ressembler à ceux pratiquer en Occident prendre le leadership dans cette région au détriment des pays du Golf bien plus ambigus sur ces questions.
probablement plus religieux que les Labours ou les Lib Dems, ne sont pas à proprement parler un parti religieux. Je vous ferais remarquer que c'est Tony Blair, un soit disant Labour qui s'est converti au Catholicisme. Je ne vois pas en Cameron et sa bande en grenouilles de bénitiers Anglicans. Rien à voir avec les USAs et les Born Again Christians Neocons en tous cas.
Si la France et la Turquie sont des pays laïques, la ressemblance s'arrête là. Je me demande d'ailleurs si le culte d'Atatürk ne s'apparente pas à une religion. Si l'AKP est un parti Islamiste "cool" c'est surtout parce que les militaires ne tolèrent pas un vrai parti fondamentalisme et que les islamistes le savent. Ils vont aussi loin qu'ils peuvent, et ils peuvent peu. Le jour où les militaires n'auront plus la main, l'AKP montrera son vrai visage et imposera la charia du jour au lendemain. L'état miné par l'islamisme rampant, c'est l'histoire de la Turquie.
Je pense que le retour à l'ordre ancien, c'est à dire un monde musulman dont la clé de voûte est Istambul ( La Sublime Porte) est préférable pour l'Europe que d'avoir ce pays gigantesque et culturellement très différent à l'intérieure de l'UE. Je ne suis pas pressé, par exemple, que l'Europe ait une frontière directe avec l'Iraq. La stabilité de la Turquie est due à un régime sous surveillance militaire. La Turquie dans l'Otan OK, mais pas dans l'UE; trop d'embrouilles en perspectives...
La raison principale, à mes yeux, pour la monté de l'Islamisme, est justement la perte d'influence de la Turquie (l'empire Ottoman) dans le monde Musulman. Un peu comme si le Vatican cessait d'exister et que le l'évêque d'Ancône en profite pour prendre la direction du christianisme.
Quant au pays du Golf je vous trouve un peu dur avec eux. Si l'Arabie Saoudite est vraiment un pays archaïque et médiéval, ce n'est plus le cas des émirats qui émergent comme les pays musulmans vraiment progressistes, voir même carrément franchement plus moderne que la Turquie dans le cas du sultanat d'Oman. De plus, avec leurs fonds souverains gigantesques et la rente pétrolière ils ont un vrai poids international.
Israël a été toujours confronté à des pays arabes dont tous les dirigeants sont, pour la plupart des dictateurs. Elle n'a jamais fait la guerre à un pays démocratique. Ses guerres étaient faciles et victorieuses, ses agressions impunies et son soutien indéfectible par les états unis et l'Europe est infini. Le monde occidental ressent toujours ce complexe de culpabilité envers ce peuple qui a su brillamment exploiter ce registre et ferme souvent les yeux sur ses infractions du droit international et des droits de l'Homme. L'antagonisme entre le monde musulman depuis les croisades en passant par l'Algérie, le canal de suez reste tenace. L'occupation par Israël de Jérusalem est une merveilleuse revanche du monde occidental pour toutes les croisades avortées.
Ainsi donc Israël a acquis la conviction intime, du fait de "l'invincibilité" de son armée, des armes les plus sophistiquées et surtout de l'inertie des dirigeants arabes qui ne songent qu'à protéger leurs trônes ou leurs fauteuils, qu'elle est réellement au dessus de toutes les lois. Ivre de sa force, elle se permet de commettre les pires sottises, la flottille de la liberté est un exemple saisissant de cet état d'ébriété. Ses généraux et ses soldats se sont accoutumés à se battre contre des arabes tenus en laisse par leurs gouvernements qui leur demande de reculer à la moindre escarmouche (quel pays arabe peut organiser ou laisser partir une flottille de ce genre?), alors, il n'ont pas compris que d'autres peuples libres et démocratiques peuvent surmonter toutes les difficultés, se battre sans reculer, payer de leur vie les principes des droits de l'homme et de la justice. En abordant ce bateau dans les eaux internationales ils pensaient être accueilli par hommes dont les dirigeants avaient donné des consignes pour se laisser faire, peut être s'attendaient-ils aux «youyous" des femmes de cette flottille, là est l'erreur de leurs chefs militaires. Malgré leur expérience du Liban, ils sont venus se jeter du haut de leurs hélicoptères dans les bras de gens baignés de démocratie et de détermination. Israël, malgré les conseils de ses amis qui ne cessent de lui dire que le temps et les hommes changent continuent de pratiquer le sport qu’il n’a jamais arrêté de faire: la force.
Pourtant ils savent très bien que pour s'intégrer dans le moyen orient ils doivent se satisfaire des terres qu'ils ont conquis depuis 48 et de faire la paix avec les pays de ce côté du monde, malgré tous ces fous et ignorants extrémiste qui refusent son l'existence. Israël sera le paradis du moyen orient!...
Israël a réussi ,ces dernières années, à réduire les menaces, plus d'attentats grâce ou à cause du mur de sécurité, moins de roquettes venant du Liban sud ou de Gaza suite aux deux opérations militaires de 2006 et 2008.
ses voisins: Égypte et Jordanie bloquent les tentatives de contrebande vers Gaza et la Cisjordanie,
l'autorité palestinienne commence à profiter du développement économique et à se faire à l'idée d'un seul état avec des pouvoirs d'autonomie comparables à ceux d'un président de conseil général en France.
et surtout, les uns et les autres se disent qu'il y a peut-être un avenir pour leurs enfants qui ne sera ni l'exil ni la mort.
pour les israéliens, ils n'ont pas le choix, il n'ont pas N.Mandela en face, plutôt une sorte de FLN qui veut les renvoyer ailleurs,
l'enfer, c'est les autres !!!
Israel est de plus en plus seul dans son combat pour l'indépendance et pour la reconnaissance de son état. Même les Américains commencent à leur tourner le dos, alors il faut qu'ils se débrouillent seuls, malheureusement. De l'autre côté vous avez le Hamas ou le Hezbollah qui sont financés par les Emirats Arabes avec leurs pétro-dollars qui s'effondrent à vue d'oeil. Même l'Egypte joue sur le terrain de l'hyposrisie, alors que leur gouvernement a plusieurs reprises leur a tourné le dos. Il en a fait du bordel ce satané Yasser Arafat, qui était pour la paix soi-disant, avec un prix nobel en plus. Malheureusement c'est un conflit que personne ne pourra jamais résoudre à part Dieu. C'est écrit noir sur blanc dans un livre nommé Bible, vous savez... Et puis il faut aussi prendre en considération que le peuple juif est persecuté depuis 2000 ans, et ce de tous les côtés, alors qu'ils veulent seulement garder la terre que Dieu leur a promis. Par le passé, à chaque fois que la ville était prise par les musulmans, aussitôt après elle était laissée à l'abandon par ces mêmes musulmans. Ca a commencé par les Umayyades et l'émir Umar. Révisez votre histoire braves gens.