CultureMonde

La fin de la culture automobile américaine

Slate.fr, mis à jour le 04.06.2010 à 11 h 05

Les Etats-Unis sont-ils en train de se détacher de leur dépendance matérielle et psychologique à l'automobile. La culture des highways, du driving le coude à la portière en écoutant de la musique, des grands espaces asphaltés, des 4X4 toujours plus grands et plus lourds, des V8 gloutons, de la NASCAR et des limousines interminables est-elle en voie de disparition? C'est ce qu'affirme le très respecté mensuel américain The Atlantic.

Il apporte pour preuve des statistiques mises en avant par un autre magazine américain Esquire sur le changement des habitudes automobiles des Américains et notamment des plus jeunes. Ainsi, en 1978, presque la moitié des Américains âgés de 16 ans et les trois quart de ceux ayant 17 ans avaient leur permis de conduire. En 2008, les chiffres les plus récents disponibles, seulement 31% des Américains de 16 ans et 49% de ceux âgés de 17 ans avaient leur permis. Non seulement les jeunes passent moins leur permis, mais ceux qui l'ont roulent moins. La proportion des kilomètres accomplis par les 21-30 ans est tombée de 20,8% en 1995 à 18,3% en 2001 et 13,7% en 2009.

Si l'environnement est la première raison mise en avant par les jeunes aux Etats-Unis pour expliquer leur nouvelle attitude face à l'automobile et la conduit, il y en a évidemment de nombreuses autres. Autoblog pointe ainsi la culture Internet et le commerce électronique qui permet de ne plus se déplacer pour faire des achats. Il faut y ajouter la contrainte économique et le coût du carburant mais aussi le fait que les métropoles américaines commencent à mieux s'équiper en transports collectifs et que la densité plus grande de la population dans certaines villes et de commerces de proximité permet de se passer plus facilement de voiture.

Cela se traduit par le fait que les premières zones géographiques à sortir de la crise de l'immobilier que viennent de connaître les Etats-Unis sont celles situées à proximité de gares ferroviaires aussi bien dans le New Jersey, le Connecticut qu'à Boston, Denver et Chicago.

L'article de The Atlantic souligne qu'aujourd'hui les jeunes américains, et pas seulement les jeunes, ne perçoivent plus la voiture comme une nécessité et un facteur de liberté individuelle, mais la considère, au contraire, comme un facteur d'aliénation. C'est ne pas posséder une automobile (et un logement) qui est considéré comme un facteur de plus grande liberté.

Il faut dire que la voiture et le logement représentent aux Etats-Unis pour la famille moyenne un coût de plus en plus élevé. Il est passé de 22% des revenus en 1950 à 44% dans les années 1980 et plus de 50% aujourd'hui. L'époque dite du fordisme, quand Henry Ford voulait notamment payer de meilleurs salaires à ses ouvriers pour qu'ils puissent s'acheter des voitures, est oubliée depuis longtemps.

Pour The Atlantic, le rebond récent des ventes de voitures aux Etats-Unis perçu comme un signe de reprise de la croissance ne durera pas. En revanche, le fait que les jeunes roulent moins est considéré par le mensuel comme un meilleur indicateur du fait que l'économie américaine a pris la bonne direction.

[Lire l'article sur The Atlantic]

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Photo: Un cabriolet Cadillac de 1952 sur une route de l'ouest américain Desmond Boylan / Reuters

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