Sciences

La Russie a-t-elle vraiment intérêt à lâcher l'ISS?

Temps de lecture : 2 min

Avec la guerre en Ukraine, la géopolitique s'invite à nouveau dans l'espace.

En 2014, le seul moyen d'atteindre l'ISS était d'emprunter des fusées russes. | NASA-imagery via Pixabay
En 2014, le seul moyen d'atteindre l'ISS était d'emprunter des fusées russes. | NASA-imagery via Pixabay

«C'est une chose fascinante: dans l'espace, il y a toujours eu un mélange de compétition et de coopération entre les États-Unis et la Russie.» Cette déclaration de Teasel Muir-Harmony, conservatrice de la collection Apollo Spacecraft au Musée national de l'air et de l'espace des États-Unis, trouve aujourd'hui une parfaite illustration avec la guerre en Ukraine.

La NASA et Roscosmos, l'agence chargée du programme spatial russe, coopèrent depuis le lancement de la Station spatiale internationale (ISS), rendant de ce fait interdépendants la Russie et les États-Unis, rappelle un article de Vox. Un très beau symbole de rapprochement entre les ennemis jurés de la Guerre froide, mais qui est mis à rude épreuve depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Pour cause, certains observateurs craignent qu'en réponse aux sanctions américaines, le Kremlin ne laisse tomber l'ISS, au sens propre comme au figuré.

Une nouvelle course à l'espace?

Dmitry Rogozin, le directeur général de Roscosmos, a suggéré samedi 12 mars à la télévision d'État russe que si les États-Unis poursuivaient leurs «hostilités» contre le programme spatial russe, Roscosmos pourrait se retirer de l'ISS.

Aujourd'hui, la Russie contrôle le système de propulsion de la station. Ce dernier lui permet de ne pas subir la gravité terrestre, et donc de rester en orbite, sans risquer la désintégration en entrant dans l'atmosphère. À plusieurs reprises, Dmitry Rogozin, connu pour ses déclarations polémiques et agressives, a déjà tenté de faire pression sur les États-Unis en utilisant l'ISS. En 2014, lors de l'annexion de la Crimée, alors que le seul moyen de se rendre sur la Station spatiale internationale était d'emprunter des fusées russes, il avait ironiquement suggéré aux astronautes américains l'utilisation de «trampolines». La semaine dernière, il a recyclé la boutade, évoquant cette fois-ci des «balais volants».

La guerre en Ukraine met à mal la coopération entre les États-Unis et la Russie, mais cette dernière n'a que très peu d'intérêt à lâcher l'ISS et à souhaiter sa désorbitation incontrôlée. En revanche, cela ne l'empêche pas de préparer d'autres projets ambitieux afin d'accroître son indépendance vis-à-vis de son éternel concurrent. Depuis que la NASA a lancé le programme Artemis, qui ambitionne d'aboutir à une présence permanente sur la Lune, la Russie et la Chine ont annoncé une coopération pour un projet parfaitement similaire.

L'invasion de l'Ukraine bouleverse donc les équilibres géopolitiques jusque dans l'ISS. Elle pourrait bien ouvrir une nouvelle phase de collaboration dans l'espace, qui n'impliquerait plus de partenariats internationaux mais un retour aux explorations en solo.

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