Sciences

Une étude bien triste révèle que les nouveaux habitats des pieuvres sont nos déchets

Temps de lecture : 2 min

À force de remplir nos océans de détritus, nous avons poussé les animaux marins à s'en accommoder.

Le plongeur Pall Sigurdsson aide une pieuvre à quitter son gobelet pour un refuge plus solide. | Capture d'écran Pall Sigurdsson via YouTube
Le plongeur Pall Sigurdsson aide une pieuvre à quitter son gobelet pour un refuge plus solide. | Capture d'écran Pall Sigurdsson via YouTube

Dans les fonds océaniques, on trouve aujourd'hui plus de boîtes de conserve que de coraux. Une récente étude a démontré que, dans leur habitat naturel, certaines pieuvres s'abritaient désormais dans nos déchets, bien plus nombreux que les coquillages.

Pendant des années, des plongeurs et scientifiques ont observé les octopodes (un ordre de céphalopodes dans lequel se situe la pieuvre) pondre leurs œufs sur des engins de pêche abandonnés ou sur du plastique. Certaines de ces créatures adroites déplacent même des bouteilles en verre, des pots en céramique et des canettes rouillées pour mettre un toit au-dessus de leur tête. D'après une revue de photographies et de vidéos sous-marines, vingt-quatre espèces de céphalopodes vivent dans nos détritus.

À force que les touristes ramassent des coquillages et abandonnent leurs canettes de soda sur la plage, les pieuvres ont dû s'adapter pour se protéger. Les déchets humains sont certes une alternative pratique pour se cacher des prédateurs, mais les chercheurs s'inquiètent de ce qu'il arriverait si les octopodes devenaient dépendants à ces nouvelles formes de protection.

Sur la vidéo ci-dessous, le plongeur Pall Sigurdsson vient en aide à une pieuvre noix de coco –une espèce connue pour s'abriter dans des coquilles vides de noix de coco. D'habitude, elle utilise des matériaux durs pour créer son refuge, comme des coquillages ou des palourdes désertées. Ici, on remarque que son instinct de survie l'a poussée à utiliser un gobelet en plastique. Même si l'habitat paraît spacieux, la protection est moindre à cause de la souplesse du plastique.

«Tout effet positif apparent pourrait également avoir plusieurs conséquences néfastes et indirectes», avertissent les biologistes marins de l'Université fédérale de Rio Grande au Brésil, auteurs de l'étude. L'utilisation de nos déchets comme habitat peut en effet représenter un réel danger pour ces petites bêtes. Certains détritus peuvent exposer les pieuvres à des produits chimiques toxiques ou à des métaux lourds.

L'une des photos prises par les chercheurs et publiées dans Science Alert montre notamment une pieuvre agrippée à une batterie en mauvais état considérée comme un «type de débris très polluant».

Le plastique, mais aussi le verre

«Peu d'études se sont concentrées sur les interactions entre les céphalopodes et les déchets marins, et les informations scientifiques à ce sujet n'ont guère été mises à jour au cours des dernières décennies», assurent les auteurs de l'étude. Les chercheurs s'attendaient à ce que le plastique soit l'élément favori de ces créatures, mais il s'est révélé que les bouteilles en verre étaient utilisées dans 40% des interactions.

Grâce aux images enregistrées par des véhicules télécommandés, les chercheurs ont découvert que même les céphalopodes des fonds de la Méditerranée utilisaient nos débris comme protection. Au total, les scientifiques ont rassemblé 261 clichés et vidéos montrant la triste et dangereuse utilisation par les pieuvres des déchets humains.

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