Débuter en Bourse, c’est à la portée de tous
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Débuter en Bourse, c’est à la portée de tous

Temps de lecture : 7 min
Slate.fr

Investir en Bourse semble souvent réservé aux initiés. Pourtant, si vous êtes bien informé et bien accompagné, ce peut être un choix payant. Décryptage avec Fortuneo.

L’investissement en Bourse présente un risque de perte totale ou partielle de la somme investie. Cet article est issu d’une collaboration entre Slate et Fortuneo. Il est donné à titre informatif et pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement de la part de Fortuneo.

Une absence d’éducation financière

Prononcez le mot Bourse, et instantanément, pour la plupart d’entre vous, des images de Wall Street, de traders au téléphone, s’invitent dans votre esprit. Ajoutez à cela un soupçon des discours possédés de Leonardo DiCaprio dans le film Le Loup de Wall Street, un peu de scandale comme la crise des subprimes, et vous êtes en plein cliché sur les marchés financiers.

Nombreuses sont les idées reçues concernant la Bourse pourtant la tendance montre au contraire une progression de l'investissement individuel et particulièrement des jeunes: le taux de détention d'actions en direct chez les moins de 35 ans a presque doublé. Il est passé de 2,3 % à 4,4 % entre 2019 et 2021 selon l’Autorité des marchés financiers (AMF)[1].

Pourtant, les marchés financiers offrent une opportunité de diversifier et de potentiellement faire fructifier votre patrimoine, tout en rendant votre argent utile à l’économie, que ce soit en plaçant quelques centaines ou quelques milliers d’euros. Investir en Bourse permet de soutenir des entreprises dont vous partagez l’éthique, un soutien qui n’est pas uniquement associé au profit.

Attention cependant, l’investissement en Bourse présente un risque de perte totale ou partielle du capital investi et doit s’envisager sur le moyen long terme. Gardez à l’esprit que toute somme investie peut être perdue.

Soutenir les entreprises

C’est ce qui a motivé Anthony, étudiant en éco-gestion, lorsqu’il a investi une partie de ses premières économies dans une grande entreprise mondiale dans le domaine de l’énergie. «Ce qui m’a donné envie d’investir en Bourse ou simplement de m’intéresser au domaine de l’investissement, c’est de porter des entreprises dans lesquelles je crois, qui ont de beaux projets écologiques ou pour le futur de nos générations», explique-t-il. Comme de nombreux débutants, il ne savait pas comment s’y prendre. «Avant d’investir, je n’y connaissais pas grand-chose. Je me suis vite renseigné dans des livres, sur Internet, en demandant à mon entourage, à mes parents

Pour beaucoup, la Bourse apparaît comme un monde abstrait, avec un vocabulaire réservé aux initiés et où circulent des sommes d’argent astronomiques. La réalité est toute autre. On peut investir selon son budget, placer son argent intelligemment et en tirer des bénéfices.

Pour cela, il est nécessaire d’avoir certaines clés. Comment comprendre les marchés? Qu’est-ce qu’une action? Comment acheter, vendre? Et surtout quels sont les risques? Avec Fortuneo, suivez le guide.

Qu’est-ce que le marché boursier?

Le marché boursier est un marché sur lequel des investisseurs échangent des titres. «En général, les titres échangés sont des actions», explique Matthieu Bouvard, professeur de finance à la Toulouse School of Economics et à la Toulouse School of Management.

«Les actions ont été émises par des entreprises dans le passé pour se financer. Elles les ont vendues à des investisseurs en échange de capital pour pouvoir ensuite investir et se développer». Lorsque les actionnaires d’une société cotée veulent revendre les actions qu’ils ont achetées, ils le font sur le marché boursier.

Une action représente une fraction des actifs de l’entreprise. Lorsque vous détenez une action, vous avez deux types de droits: des droits financiers, qui permettent de percevoir des dividendes, et des droits de contrôle. «Vous allez participer à la gouvernance de l’entreprise», poursuit Matthieu Bouvard. Cela signifie participer aux assemblées générales de la société dont vous êtes actionnaire, et voter lors des décisions de l’entreprise, comme désigner le PDG ou réaliser une acquisition.

Dividendes et plus-value, deux composantes du rendement

Les actions peuvent être source de dividendes et de plus-values (ou de moins-values le cas échéant). Pendant le temps où vous détenez des actions, elles peuvent générer des dividendes, c’est la première partie du rendement. Si l’entreprise croît et devient plus profitable, votre rendement futur sera plus important. Ce rendement est la contrepartie du risque que vous, en tant qu’actionnaire, êtes prêt à prendre.

«D’un point de vue individuel», explique Matthieu Bouvard, «la question à se poser est quel est le niveau de risque que je suis prêt à supporter et quel est le rendement en face que je vais demander?»

La seconde partie du rendement s’appelle une plus-value. Elle correspond à la différence entre le prix d’acquisition et le prix de vente, quand le second est supérieur au premier. La revente peut parfois donner lieu à une moins-value, en cas d’évolution défavorable de l’activité et des investissements de l’entreprise.

Trouver la bonne enveloppe de placement

Retrouvons Anthony qui, après un peu moins de deux ans d’activité sur les marchés financiers, se considère comme un investisseur «assez expérimenté». «J’ai commencé avec 1000 euros. J’ai continué à investir progressivement. Il y a eu des plus-values que je n’ai pas encaissées, que je laisse travailler, et d’autres que j’ai encaissées.»

Pour se lancer sans se tromper, par où commencer? «Il faut déjà trouver une enveloppe de placement, principalement dans les plus utilisées, les comptes titres ou les Plans d’épargne en actions (PEA)», explique Alex Michaux, conseiller patrimonial chez Fortuneo. «Dans ces enveloppes, on va intégrer des supports d’investissement qui revêtent des formes différentes: actions, fonds d’investissement, obligations, produits dérivés, …»

Pour la sélection des actions, l’investisseur a le choix entre la gestion libre, en totale autonomie, ou la gestion sous mandat, comme chez Fortuneo, qui permet de déléguer la totalité du portefeuille à une société de gestion partenaire.

Le profil investisseur, aide à la décision et protection

Afin de déterminer les placements les plus adaptés à vos envies, vos convictions et vos moyens, il est nécessaire de définir votre profil d’investisseur. C’est un outil d’aide à la décision et aussi un outil de protection. Il se traduit par un questionnaire que vous remplissez systématiquement à l’ouverture d’un compte Bourse. Il doit également être mis à jour annuellement. Son objectif est d'améliorer la sécurité, la transparence et le fonctionnement des marchés financiers, ainsi que la protection des investisseurs.

«On vous pose des questions sur vos objectifs patrimoniaux, votre situation patrimoniale, vos connaissances financières, sur la Bourse en général et vos expériences, et votre tolérance au risque», précise Alex Michaux. «Ce questionnaire est mis à jour une fois par an a minima parce que les objectifs peuvent évoluer au cours de la vie.»

Le résultat de ce questionnaire dessine votre profil. Selon votre appétence au risque, vous vous rangez dans une des trois catégories: sécurisé, équilibré ou dynamique. Votre profil d’investisseur et vos objectifs patrimoniaux, par exemple préparer votre retraite, orienteront le choix de vos placements. Si vous avez choisi la gestion sous mandat, la société de gestion doit respecter votre profil. Ce qui est une sécurité pour vous.

Compte-titres ordinaire versus Plan d’épargne en actions

Comment choisir entre l’ouverture d’un Compte-titres ordinaire (CTO) et un Plan d’épargne en actions (PEA ou PEA-PME)? Le CTO vous permet d’investir sur tous types d’actifs, par exemple sur des valeurs américaines ou d’un pays émergent, sur des obligations, … et vous pouvez ouvrir autant de CTO que vous souhaitez.

Le PEA, lui, se concentre sur certains titres européens[2], et vous ne pouvez en ouvrir qu’un. Créé en 1992 pour favoriser l’investissement des particuliers, le PEA est toujours d’actualité. Plafonné à 150 000 euros, il bénéficie d’un avantage fiscal important à condition de rester engagé sur 5 ans: les plus-values générées par le PEA sont alors exonérées des 12,8% de fiscalité et ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux à hauteur de 17,2%[3]. Ce qui n’est pas le cas du CTO, dont les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30%.

Après avoir ouvert un ou plusieurs CTO et/ou un PEA, il est temps de réaliser son premier achat. Quels conseils donner à un débutant? «La réponse est en rapport avec votre profil d’investisseur: êtes-vous prêt ou non à prendre des risques avec l’argent que vous placez en Bourse», argumente Alex Michaux. «Il faut toujours se dire que l’argent que vous placez en Bourse, ce n’est pas de l’argent dont vous allez avoir besoin à court terme, vous êtes prêt à le perdre. Pour un débutant, je recommanderais de suivre vos convictions, de choisir des entreprises qui vous plaisent. Il faut toujours garder en tête que la spéculation est assez dangereuse».

Développer une stratégie d’investissement

Concernant la stratégie d’investissement, Alex Michaux poursuit: «Il faut se fixer des horizons de placement et les respecter, investir progressivement plutôt que de tout mettre en une fois. Il faut aussi diversifier votre portefeuille et vos catégories d’actifs. En diversifiant votre portefeuille, vous diversifiez également votre risque, car un secteur d’activité peut être touché, mais pas tous

Et en cas de turbulences boursières, qui peut entrainer la peur de réaliser des moins-values et de perdre la somme investie? «Ne pas oublier l’objectif de cours que vous vous êtes fixé. Dans certaines situations, vous pouvez avoir intérêt à arrêter assez vite la perte. Dans d’autres, il vaut mieux attendre. Ce qui compte, c’est votre conviction dans la valeur que vous avez choisie et votre horizon de placement. Pour réaliser des plus-values, cela demande plusieurs années

Pour tout savoir sur les marchés financiers, écoutez notre podcast Passe à l’action

Crédit photo: Laurence Revol - Fortuneo

1 — Selon la Lettre de l’observatoire de l’épargne de l’AMF n°43, Juillet 2021. Retourner à l'article

2 — Les titres éligibles à l’investissement via un PEA sont: les actions cotées ou sous certaines conditions les actions non cotées, les certificats d’investissement, les certificats coopératifs d’investissement, les certificats mutualistes, les parts de sociétés à responsabilité limitée (SARL), les titres de capital de sociétés coopératives. Les sociétés émettrices de ces titres doivent avoir leur siège dans l’Union Européenne ou dans un Etat de l’Espace économique européen (EEE). Sont aussi éligibles les parts de placements collectifs (fonds et Sicav, ETF...) investis à au moins 75 % en actions et titres de sociétés ayant leur siège dans l’Union Européenne ou un Etat de l’Espace Economique Européen (EEE). Sont exclus du PEA: les titres ou droits démembrés, les parts de sociétés civiles immobilières (SCI), les actions des sociétés foncières (SIIC), les obligations, les titres détenus dans le cadre de l’épargne salariale (PEE ou Perco) ou acquis lors de la levée de stock-options, les bons de souscription d’actions. Retourner à l'article

3 — Fiscalité en vigueur, susceptible d’évolution. Retourner à l'article

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