Slate, la «flottille de la paix» et vos remarques
La vocation de Slate n'est pas de se contenter des bons sentiments et de se satisfaire du manichéisme.
Sans surprise, les articles sur l'attaque de la flottille humanitaire pour Gaza par l'armée israélienne ont provoqué de nombreux commentaires dont certains outranciers et même quelques attaques contre Slate qui cautionnerait ou chercherait à justifier l'injustifiable.
Une mise au point est donc nécessaire. Nous ne cautionnons et ne justifions rien. Nous cherchons à expliquer, à comprendre et à débattre. Nous publions des analyses et des points de vue contradictoires. Telle est notre vocation. Nous avons des chroniqueurs de gauche et de droite, des écologistes et des adversaires de l'écologie politique, des partisans des religions et des opposants à tout dogme, des pro-Américains et des anti-Américains, des défenseurs du libéralisme et d'autres de l'étatisme, des promoteurs de la mondialisation et des adversaires du libre-échange, des pro-palestiniens et des pro-israéliens...
Alors bien sûr, nous sommes contre la guerre et pour la paix dans le monde, nous sommes contre la violence, le meurtre, la torture et pour l'amour, la fraternité et la concorde universelle. Nous sommes contre toutes les oppressions et pour la liberté. Une fois professées ces banalités, il faut peut-être chercher à aller un peu plus loin, mais évidemment c'est un peu plus compliqué et cela dérange.
Nous voulons modestement aller au-delà de la surface des choses, du politiquement correct, du bon sentiment facile. Nous détestons le manichéisme et les explications simplistes. Pour ceux qui recherchent une vision du monde en noir et blanc avec d'un côté les bons et de l'autre les méchants, il vaut mieux passer votre chemin.
En revanche, nous croyons aux débats d'idées, aux arguments, mais non aux invectives, aux attaques contre les personnes et aux affirmations péremptoires.
Dans le cas de la flottille humanitaire pour Gaza, une fois qu'on a dit, à juste raison, que les soldats israéliens ont commis des crimes et des exactions en abattant des civils, il faut peut-être se poser d'autres questions. Pourquoi l'ont-ils fait? Qui est responsable? D'où viennent les erreurs? A qui profite le crime? Quels sont les stratégies et les calculs des différentes parties?
Le point de vue de l'Israélien Shmuel Rosner, traduction d'un article publié sur Slate.com, dérange. Nous le comprenons très bien. Il est en quelque sorte là pour cela. Il est intéressant à nos yeux car il reflète l'état d'esprit d'une partie de l'opinion israélienne. Et qu'on le veuille ou non, cela fait partie de l'équation.
Nos lecteurs ont parfaitement le droit de ne pas être d'accord avec cet article et de l'exprimer. Mais ce n'est pas une opinion inacceptable et il n'est pas question que nous ne publions pas à nouveau dans l'avenir de tels points de vue. Cet article ne fait pas l'apologie de la violence ou du meurtre. Il s'interroge pour savoir si les Israéliens auraient pu intercepter les navires humanitaires sans tuer et il répond: oui!
Alors, pourquoi certains commentateurs considèrent-ils que nous sommes vendus ou acquis à tel ou tel camp? La réponse est malheureusement facile. Accepter la contradiction et des points de vue différents des siens, c'est difficile. Mais c'est cela un vrai débat et c'est cela la vocation de Slate. Le consensus facile et le politiquement correct, vous les trouverez ailleurs. Ils ne présentent à nos yeux pas beaucoup d'intérêt sauf celui de conforter les esprits peu exigeants.
Johan Hufnagel et Eric Leser
Mis à jour le 03/06/2010 à 14h05













































Je suis d'accord a 99% avec vous et je pense que beaucoup de lecteur de Slate le sont aussi.
Je vous lis car vous êtes différents, irrévérencieux et que vous faites parmi des rares médiums a approfondir les sujets.
En revanche ce qui est plus dérangeant c'est de publier un article dont vous saviez qu'il serait forcement polémique et provocateur, sans prendre la peine d'exliquer pourquoi, sans prendre la peine de remettre l'article dans son contexte... etc.
Parfois même deux lignes( comme dans Courrier International) suffisent:
Shmuel Roshner est Israelien, il est editorialiste dans tel journal qui est plutôt modéré/extrémiste/ qui est suivi par XXX personnes...
On ne peut pas tout publier sans explications!
En extrapolant énormément, il serait alors facile de publier des textes ouvertement racistes, homophobe et antisémites sans aucun avertissement, aucune critique, aucune remise en contexte en les justifiant par un "devoir d'information" et une volonté d'approfondir le débat.
Bien a vous,
Alex
Je suis d'accord à 100% avec ce que disent messieurs Hufnagel et Leser.
Nous ne sommes pas des enfants, si nous lisons qu'un article est écrit par journaliste israëlien, qu'il est paru sur slate.com et traduit de l'américain, nous n'avons pas besoin d'explications, ni de mises en garde pour savoir de quoi il retourne.
Je dois dire, que ne sachant pas exactement ce que recouvrent les mots "sioniste" et "anti-sioniste", mais ayant tout de même donné mon avis sur cette "flotille de la paix", j'ai été très agréablement surprise que mes commentaires aient été publiés.
Cela m'a évidemment confortée dans l'idée que j'avais fait le bon choix en décidant de commenter sur Slate, bien que moi aussi, j'ai eu des commentaires rejetés, ce qui est toujours très désagréable.
Cordialement.
Mais quand vous faites le choix de ne pas passer une commentaire vous prenez partie et vous êtes naturellement perçus comme prenant partie. Passons sur le fait que c'est contre productif économiquement et diminue vos chances d'un jour d'agréger une audience suffisamment importante pour équilibrer vos comptes.
Je vous rappelle qu'à l'inverse d'un média papier ou "broadcast" vous n'êtes pas limité par le nombre de pages ou le temps d'antenne. Donc, la seule raison pour passer ou ne pas passer les commentaires est votre bon vouloir, ce qui est généralement perçu comme arbitraire et, en toute bonne logique, provoque une frustration. Je vous rappelle aussi que nous contribuons du contenu que vous ne payez pas, mais essayez de valoriser auprès d'annonceurs. Ce que je veux démontrer ici c'est que la relation entre vous, le site, et nous ses lecteurs/commentateurs est complétement différente. C'est nous que William Moris, votre régie publicitaire essaye de valoriser auprès de Monsieur Rolex.
Le web, à la différence des médias traditionnels n'a pas besoin de "managing editor". Les commentateurs que je lis ici sont d'un bien meilleur calibre que beaucoup de journalistes des publications ou vous avez travaillé. Je pense que je viens plus sur Slate pour lire les commentaires de Marianne ou Peter que les articles eux mêmes. Je comprend que, surtout pour Eric qui vient du papier, il y ait une réticence à ne pas modérer les commentaires, je le comprend et le respecte. Il se trompe. Entendons nous bien, quand je dis ne pas modérer, il faut quand même interdire l'accès à certain fous furieux, mais ils ne sont pas nombreux.
The Independent ne modère pas, ou à peine. Un site, à l'inverse d'un journal, appartient autant à ses lecteurs/contributeurs qu'à ses actionnaires. Nombreux sont ceux qui n'ont pas compris ça et n'existent plus. J'ai l'impression qu'a l'intérieur de Slate.fr, il y a un débat sur ce sujet, sans doute motivé principalement par des considérations économiques.
Pour Eric je recommande la lecture de deux ouvrages :
- The Long Tail.
- Crowdsourcing.
La lecture de ces livres devraient révolutionner son approche.
Je suis plutôt d'accord avec ce que vous dites et avec Marianne et Alex D.
Comme vous avez pu peut-être remarquer, je suis pro-palestinien et contre la politique d'Israël en Cis-Jordanie et surtout à Gaza. Je ne suis, par contre, ni antisemite ni anti-Israël mais pro justice.
Je tolère mal, par conséquence, les remarques parfois hystériques de ceux qui partagent pas mon point de vue mais j'accepte leur droit de les exprimer sur Slate.fr ou ailleurs.
Ce que je regrette toutefois, et je l'ai déjà dit dans vos colonnes, c'est l'absence d'un chroniqueur arabe aussi talentueux que M. Benillouche sur Slate.fr.
J'ai eu l'occasion de croiser le fer à plusieurs reprises avec M. Benillouche (tous mes commentaires n'ont pas été publiés) car tout en restant un journaliste qui a des choses intéressantes à dire, il ne peux pas s'empêcher parfois, et c'est normale, de prendre partie pour son pays.
Je ne suis pas le seul Slateur à le penser.
Il est temps à mon avis que sur Slate.fr un chroniqeur régulier fasse autant pour la Palestine.
A la lecture des commentaires je n'ai pas souhaité "participer " à cette hystérie.
Qui a raison dans ce long, trop long conflit dont les Hommes souffrent.
Prendre parti pour l'un ou l'autre des camps équivaut prendre à parti pour de l'extrémiste.
Qui a raison? cela n'a pas d'importance et ne changera en rien ce conflit qui a eu tellement de rebondissements toujours plus noirs.
Les juifs comme les arbes doivent éliminer les extrémistes pour que le peuple de ces 2 Nations vivent enfin un bonheur tellement court sur la terre.
Merci à Slate, par cet article, de ramener de la raison.
Comme beaucoup, je suis d' accord sur le fond avec la mise de slate concernant les articles publiés. Il faut que tous les avis s' expriment afin d' avoir à disposition tous les arguments et se donner les moyens de se faire une opinion basée sur une présentation exhaustive de la situation.
Néanmoins, si vous publiez des articles volontairement provocateurs, il serait peut-être judicieux de les placer dans un contexte qui permette au lecteur de les lire comme tel, sous peine de susciter de vives réactions en retour.
Reste comme le dit justement Peter Wright à équilibrer les points de vue en donnant paritairement aux partisans et aux détracteurs (je schématise) l' occasion de donner leur point de vue.
Sans accuser Slate "d' être vendu à tel ou tel intérêt", ce qui est excessif et insultant, il ne me semble pas en effet que cette parité soit toujours respectée.
Comme le remarque Spiroute Zantafiotte, les contributeurs font partie de la valeur ajoutée d' un site d' information, et s' ils n' ont pas à entrer en ligne de compte dans la ligne éditoriale fixée, il ne me parait pas inutile de les écouter.
Reste que si m' est donnée la possibilité d' exprimer mon désaccord sans être trappé dès lors qu' il est exprimé tranquillement, je resterai un lecteur/contributeur de Slate où en effet, on peut lire des articles qu' on ne trouve pas ailleurs.
Il est bien évident et cela pour revenir sur l'évènement majeur, l'attaque de la flottille humanitaire, que parmi les différentes actions de ce type c'est à dire l'aide et le contournement de barrières pour subvenir aux besoins les plus pressants, souvent des opérations militaires d'infiltration furent menées.
L'état israélien en guerre depuis pratiquement sa création est donc au fait de ce genre de techniques. Nous ne le saurons pas avant 50 ans voire jamais.
Il reste que les deux parties souffrent et le monde avec elles.
Maintenant la question est de savoir si au-delà des ingérences d'une manière idéologique donc humaine et finalement militaire, tous un jour seront capables de dire STOP!
Car finalement cette situation reflète bien ce que l'on est ou ce que l'on veut maintenir: nos méfiances réciproques dont ces deux frères ennemis sont le miroir.
Pourquoi l'Europe ne s'occuperait-elle pas d'un "Plan Marshall" en imposant une véritable politique d'aide à partir de vraies résolutions de l'ONU?
Le peuple en général a faim ne faisons pas les BHL (voire la Bosnie).
Dans les commentaires on lit : "Nous les anti-sionistes..." Mais que peuvent signifier ses mots aujourd'hui? On peut dans un débat historique se poser la question sur la décision qui a été prise après la guerre. Mais cela ne peut-être qu'un débat d'historien. Des générations d'israéliens sont nés sur cette terre. Remettre en question cette réalité, n'est ce pas commettre un crime et attiser les passions.Nier un peuple sur sa terre me parait-être en effet condamnable . Il me paraît légitime de modérer ce type d'excès.
De la même manière lorsque des pro-israeliens expliquent que les palestiniens n'existent pas cela me parait tout aussi condamnable. Comment peut on observer les territoires occupés et nier la réalité. Des communautés occupent ces territoires et finissent dans l'adversité par constituer un peuple . Celui-ci doit être reconnu aujourd'hui à travers un état.
Je suis éberlué de lire de ci de là, qu'il faudrait que Slate se donne la peine de prévenir ses lecteurs, comme quoi tel ou tel article est susceptible de heurter la sensibilité idéologique d'une catégorie donnée de borgnes.
Ce serait un peu comme annoncer en préambule d'un documentaire parodique qu'il s'agit d'une fiction. Un journal (Marianne je crois) s'y est essayé, publiant une chronique de politique-fiction satyrique d'un blogueur, en annonçant au préalable qu'il s'agissait d'une fiction. Le blogueur, apprenant ça, déclara plus tard : "c'est dur d'être lu par des cons".
Ben ouais, à un moment donné il faut choisir :
- soit on publie des articles en misant sur l'intelligence du lectorat. C'est élitiste, mais ça fait du bien à ceux qui détestent la bouillie intellectuelle pré-mâchée
- soit on met de gros sigles "interdit aux écorchés vifs", un peu comme le fait la télévision pour les films violents ou à connotation sexuelle avec son "interdit aux moins de 12 ans".
Je préfère l'option 1 ;)
"... Sans surprise, les articles sur l'attaque de la flottille humanitaire pour Gaza par l'armée israélienne ont provoqué de nombreux commentaires dont certains outranciers et même quelques attaques contre Slate qui cautionnerait ou chercherait à justifier l'injustifiable."
Un lecteur rend justice à la rédaction de Slate : mes commentaires n'ont jamais été censurés, même les plus virulents, et qui plus est… à propos de sujets parfois délicats.
J'espère qu'il en est de même pour la quasi totalité des participants.
Quant aux insultes et injures...
Sûrement, on doit tous être capables de faire valoir d'autres arguments - si tant est que les insultes et les injures soient des arguments, alors qu'ils n'en sont pas.
Aussi, inutile de s’étonner que ces dernières soient « censurées ».