Monde

Slate, la «flottille de la paix» et vos remarques

Temps de lecture : 2 min

La vocation de Slate n'est pas de se contenter des bons sentiments et de se satisfaire du manichéisme.

Sans surprise, les articles sur l'attaque de la flottille humanitaire pour Gaza par l'armée israélienne ont provoqué de nombreux commentaires dont certains outranciers et même quelques attaques contre Slate qui cautionnerait ou chercherait à justifier l'injustifiable.

Une mise au point est donc nécessaire. Nous ne cautionnons et ne justifions rien. Nous cherchons à expliquer, à comprendre et à débattre. Nous publions des analyses et des points de vue contradictoires. Telle est notre vocation. Nous avons des chroniqueurs de gauche et de droite, des écologistes et des adversaires de l'écologie politique, des partisans des religions et des opposants à tout dogme, des pro-Américains et des anti-Américains, des défenseurs du libéralisme et d'autres de l'étatisme, des promoteurs de la mondialisation et des adversaires du libre-échange, des pro-palestiniens et des pro-israéliens...

Alors bien sûr, nous sommes contre la guerre et pour la paix dans le monde, nous sommes contre la violence, le meurtre, la torture et pour l'amour, la fraternité et la concorde universelle. Nous sommes contre toutes les oppressions et pour la liberté. Une fois professées ces banalités, il faut peut-être chercher à aller un peu plus loin, mais évidemment c'est un peu plus compliqué et cela dérange.

Nous voulons modestement aller au-delà de la surface des choses, du politiquement correct, du bon sentiment facile. Nous détestons le manichéisme et les explications simplistes. Pour ceux qui recherchent une vision du monde en noir et blanc avec d'un côté les bons et de l'autre les méchants, il vaut mieux passer votre chemin.

En revanche, nous croyons aux débats d'idées, aux arguments, mais non aux invectives, aux attaques contre les personnes et aux affirmations péremptoires.

Dans le cas de la flottille humanitaire pour Gaza, une fois qu'on a dit, à juste raison, que les soldats israéliens ont commis des crimes et des exactions en abattant des civils, il faut peut-être se poser d'autres questions. Pourquoi l'ont-ils fait? Qui est responsable? D'où viennent les erreurs? A qui profite le crime? Quels sont les stratégies et les calculs des différentes parties?

Le point de vue de l'Israélien Shmuel Rosner, traduction d'un article publié sur Slate.com, dérange. Nous le comprenons très bien. Il est en quelque sorte là pour cela. Il est intéressant à nos yeux car il reflète l'état d'esprit d'une partie de l'opinion israélienne. Et qu'on le veuille ou non, cela fait partie de l'équation.

Nos lecteurs ont parfaitement le droit de ne pas être d'accord avec cet article et de l'exprimer. Mais ce n'est pas une opinion inacceptable et il n'est pas question que nous ne publions pas à nouveau dans l'avenir de tels points de vue. Cet article ne fait pas l'apologie de la violence ou du meurtre. Il s'interroge pour savoir si les Israéliens auraient pu intercepter les navires humanitaires sans tuer et il répond: oui!

Alors, pourquoi certains commentateurs considèrent-ils que nous sommes vendus ou acquis à tel ou tel camp? La réponse est malheureusement facile. Accepter la contradiction et des points de vue différents des siens, c'est difficile. Mais c'est cela un vrai débat et c'est cela la vocation de Slate. Le consensus facile et le politiquement correct, vous les trouverez ailleurs. Ils ne présentent à nos yeux pas beaucoup d'intérêt sauf celui de conforter les esprits peu exigeants.

Johan Hufnagel et Eric Leser

Slate.fr

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