Sciences

Les débris d'une fusée chinoise viennent de percuter la Lune

Temps de lecture : 2 min

Il a fallu longuement mener l'enquête afin d'en déterminer l'origine.

Les autorités chinoises ont d'abord tenté de contester le fait que les restes de fusée étaient les leurs. | Norberto Duarte / AFP
Les autorités chinoises ont d'abord tenté de contester le fait que les restes de fusée étaient les leurs. | Norberto Duarte / AFP

Comme cela avait été prévu par les experts, un débris de fusée chinoise a percuté la Lune le vendredi 4 mars, laissant apparaître un nouveau cratère sur la surface du satellite terrestre. Cette collision n'était évidemment pas volontaire: comme l'affirme The Verge, le morceau de fusée est l'un des premiers déchets spatiaux à percuter la Lune par accident –mais pas le premier.

Il y a d'abord eu confusion sur la provenance du débris de fusée en question. Au départ, les observateurs pensaient qu'il s'agissait d'une pièce abandonnée par le lanceur spatial Falcon 9 de chez SpaceX, la société fondée par Elon Musk, à l'occasion du lancement d'un satellite météo en 2015. Mais les experts ont finalement changé leur fusil d'épaule, affirmant qu'il s'agissait plus vraisemblablement d'un déchet dû à la mission robotique chinoise Chang'e 5, et en particulier au lancement en 2014 de Chang'e 5-T1, un engin expérimental.

Toujours selon The Verge, la Chine a longtemps tenté de nier être la propriétaire du morceau de fusée en question. En février, Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, affirmait que «l'étage supérieur de la mission Chang'e-5 est tombé entièrement et proprement dans l'atmosphère terrestre, et a complètement brûlé». Sauf que la mission incriminée n'est pas Chang'e-5, qui date de 2020, mais Chang'e 5-T1, lancée six ans auparavant.

L'espace, de plus en plus pollué

La deuxième confusion vient du fait que le 18th Space Control Squadron (18SCS), unité américaine de surveillance de l'espace qui se charge notamment d'observer les débris spatiaux, avait noté en 2015 que la mission Chang'e 5-T1 était bien revenue sur notre planète un an après son lancement, et qu'elle avait brûlé dans l'atmosphère. Des conclusions sur lesquelles les représentants du 18SCS sont récemment revenus, confirmant que la mission chinoise n'avait en fait jamais regagné notre atmosphère.

Si l'unité de surveillance a commis cette erreur, c'est parce qu'elle a l'habitude de se focaliser davantage sur les débris qui sillonnent des orbites terrestres, un phénomène de plus en plus inquiétant. Le nombre d'objets non naturels tournant autour de notre planète est en effet de plus en plus important, notamment depuis que la Russie a intentionnellement détruit l'un de ses satellites lors du test d'un missile anti-satellites en novembre dernier. La fusée Chang'e 5-T1 s'étant éloignée de plus de 35.000 kilomètres de la Terre, elle a alors perdu son statut d'objet à surveiller en priorité.

La collision n'a aucune conséquence grave, mais elle met néanmoins en alerte sur la destinée des restes de fusées et sur notre façon de les gérer et de les surveiller. Du côté de la NASA, le pôle qui se consacre à la Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO), sonde spatiale dédiée à l'étude de la Lune, va tenter de repérer le cratère laissé par les restes de la fusée chinoise: «Nous avons tout intérêt à trouver le cratère de l'impact et nous allons nous y atteler dans les prochaines semaines et les prochains mois», a expliqué John Keller, scientifique travaillant sur la LRO.

Une identification pas évidente, rappelle John Keller, qui explique que «la Lune est pleine de cratères tout frais». Pour trouver le point d'impact, il faudra donc comparer les images de la Lune en comparant les images d'avant aux images d'après. Le tout dans des conditions de luminosité similaires...

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