Monde

Une explosion nucléaire pour stopper la marée noire?

Temps de lecture : 2 min

La bombe est lâchée: et si on colmatait le puits grâce à une explosion nucléaire? Après l'échec de la tentative de colmatage Top Kill, c'est l'idée qui circule chez les scientifiques amenés à réfléchir sur la manière de stopper la fuite de pétrole qui empoisonne le Golfe du Mexique depuis le 20 avril dernier. Mais selon le New York Times pas question pour les Etats-Unis de cautionner cette proposition. La porte-parole du secrétaire à l'énergie nucléaire Steven Chu, s'est empressée d'écarter cette eventualité.

Personne n'y songe.

Un officiel de la Maison Blanche aurait même déclaré selon le quotidien que cela était fou d'envisager un telle solution. Selon une majorité de scientifiques, c'est une option dont on ne maîtrise pas les dommages collatéraux. Une idée folle donc qui viendrait surtout gêner la politique nucléaire amorcée par l'administration Obama.

Mais cette idée n'est pas sortie de nulle part. Michael E. Weber, éminent scientifique de l'Université du Texas a d'ailleurs reconsideré cette proposition avec sérieux:

Une détonation nucléaire dans la mer me paraît être une option appropriée et faisable.

Les scientifiques qui la défendent se fondent d'ailleurs sur les expériences soviétiques passées. De 1966 à 1981, l'ex-URSS a réussi à colmater des puits à gaz. Pour l'explication scientifique, une explosion nucléaire provoque un fort dégagement de chaleur (une température qui dépasse celle à la surface du soleil), qui provoque la formation d'un bouclier solide pour refermer le puits. Or, pour Robert S. Norris, auteur de l'ouvrage La course à la bombe, les succès russes ont été réalisés sur terre: jamais dans la mer et surtout jamais avec du pétrole.

A défaut de se réaliser, cette proposition aura au moins eu le mérite de faire rire les internautes. Sur Internet, des blagues circulent à ce sujet:

Qu'est-ce qui est pire qu'une marée noire?  Réponse: Une marée noire radioactive.

La multiplication des propositions farfelues révèle également l'impuissance de BP face à cette catastrophe. Tony Hayward, le chef de la firme britannique a reconnu «ne pas être préparé» à la marée noire. Le Financial Times précise que la firme reconnaît la légitimité des reproches qui lui sont adressés:

Ce qui est vrai, c'est que nous ne disposons pas des outils adéquats dans notre boîte à outils.

Et Tony Hayward d'ajouter que la société était parvenue à contenir la marée noire à la surface. A ce sujet, il parle même de succès. Un succès tout relatif, car comme le rappelle l'article, les techniques utilisées pour contenir le pétrole à la surface datent de 1979 (Ixtoc 1).

[Retrouvez l'article du New York Times ici, celui du Financial Times (version payante)]

Photo: A typical nuclear bomb being tested/BlatantNews.com via Flickr License CC by

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