Sciences

Partager son lait maternel est bon pour la fertilité

Temps de lecture : 2 min

Une vaste étude menée sur plus de 1.800 espèces de mammifères dévoile les avantages biologiques de «l'allo-allaitement».

Par rapport à la domestication, cette entraide a un effet deux fois plus important sur la taille des portées. | Alan Roberts via Unsplash
Par rapport à la domestication, cette entraide a un effet deux fois plus important sur la taille des portées. | Alan Roberts via Unsplash

Les femelles mammifères qui partagent leur lait et le donnent à des petits autres que les leurs sont plus fertiles que les autres. Et les bénéfices sont d'autant plus importants quand les mères allaitantes se voient assistées d'une autre manière, par exemple par des ressources alimentaires ou de l'aide aux soins aux bébés.

Tel est le résultat d'une vaste étude menée sur 1.806 espèces de mammifères –rongeurs comme primates– par Jeffrey Spear et Paola Cerrito, anthropologues biologiques à l'Université de New York.

Comme Cerrito l'explique au New Scientist, c'est sa grand-mère italienne qui lui a donné pour la toute première fois l'idée de telles recherches. Ayant survécu à la Seconde Guerre mondiale, elle lui racontait comment les jeunes mères s'entraidaient à l'époque, en allaitant des bébés qui n'étaient pas les leurs, et ce à une période «où tout le monde souffrait de malnutrition».

Augmentation considérable du potentiel reproductif

Avec Spear, elle a donc mis au point des modèles pour évaluer les effets de différents types d'aide parentale sur les performances reproductives de mammifères sauvages et domestiques. Il en ressort que l'allo-allaitement –le terme technique pour désigner le partage de lait maternel entre femelles– se traduit par des gains de fertilité supérieurs à ceux observés avec la domestication et la sélection artificielle. Plus précisément, par rapport à la domestication, cette entraide a un effet deux fois plus important sur la taille des portées, et 20% supérieur sur le nombre de bébés nés en moyenne par an.

Pourquoi? Parce que si la domestication se traduit par un meilleur apport en ressources énergétiques par rapport à l'état sauvage, l'augmentation de la capacité de reproduction y est toujours limitée par la forte demande métabolique de la lactation. En revanche, l'allo-allaitement représente un supplément énergétique agissant indépendamment, par définition, du métabolisme maternel, ce qui permet de surmonter cette contrainte physiologique et d'augmenter considérablement le potentiel reproductif.

Ces travaux permettent également de mieux comprendre, chez les humains, les avantages biologiques des nourrices. Comme l'explique Spear, «nos recherches ont montré que lorsque les mammifères [partagent le lait], cela contribue à maximiser la production totale de la reproduction. En termes humains, cela signifie davantage de nourrissons qui survivent.»

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