Le «dogme» du tabagisme passif
Un mandarin retraité, fumeur et provocateur s'en prend au dogme du «tabagisme passif» et déclenche un tollé. Décryptage.
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Enfin un peu de vent dans les bronches de l'Anti-tabagisme primaire... Il se nomme Philippe Even. Agé de 79 ans il est connu comme une sorte de loup blanc dans la communauté hospitalo-universitaire parisienne où il a régné sur quelques-uns des plus beaux lobes de la pneumologie. Aujourd'hui professeur émérite à l'Université Paris Descartes (par ailleurs président de l'Institut Necker) il profite pleinement de sa retraite pour rester en éveil: à échéance régulière il lance des messages provocateurs (et souvent stimulants) concernant par exemple les vices de l'industrie pharmaceutique ou la qualité actuelle de la recherche biomédicale française.
Aujourd'hui le pneumologue Philippe Even s'intéresse au tabac. Et à l'occasion de la «Journée mondiale sans tabac», il s'attaque au dogme du «tabagisme passif». Il le fait dans les colonnes du Parisien où il déclare que les autorités sanitaires et quelques spécialistes ont, ces dernières années «créé de toutes pièces une peur qui ne repose sur rien». L'affaire a eu pour effet immédiat d'électriser le cénacle des médecins qui mènent ouvertement une «croisade anti-tabac». Elle a aussi vu réagir en toute urgence le ministère de la santé:
«Depuis de nombreuses années, il est établi que le tabagisme passif est responsable en particulier de cancers, d'infarctus et d'accidents vasculaires cérébraux. De plus, les effets du tabagisme passif sur la santé de l'enfant (mort subite du nourrisson, asthme...) sont connus de longue date».
S'indigner? Laisser dire? On pourrait ne voir là qu'une nouvelle querelle sanitaire entre spécialistes sur fond de contestation du principe de précaution. On aurait doublement tort. D'abord parce que l'attaque provocatrice menée par Philippe Even n'est pas totalement dénuée de fondement. Ensuite parce que c'est bel et bien le concept de «tabagisme passif» qui est la clef de voûte de toutes les nouvelles politiques de lutte contre la consommation de tabac dans les pays industriels. Ces politiques ont pour point commun d'interdire progressivement toute forme de consommation dans les espaces publics. Elles modifient de ce fait les comportements quotidiens de centaines de millions de personnes qui ne parviennent pas à en finir avec leur assuétude au tabac. Et remettre en question (ne serait-ce qu'en partie) la nocivité de l'inhalation de la fumée du tabac par des non-fumeurs revient à ruiner les justifications médicales et sanitaires de ces mêmes politiques.
Résumons l'affaire. Le tabagisme passif? C'est «l'inhalation involontaire, par un sujet non-fumeur, de la fumée dégagée dans son voisinage par un ou plusieurs sujets fumeurs». La prise en compte du caractère potentiellement dangereux de cette inhalation de fumée de cigarette est assez récente. Elle s'est faite progressivement dans le sillage de la démonstration (aujourd'hui incontestable et incontestée) de la forte nocivité de l'inhalation directe de cette même fumée par les fumeurs eux-mêmes.
En France cette question a commencé à être officiellement posée en 1987 dans un rapport remis à Michèle Barzach, alors ministre de la Santé d'un gouvernement Chirac. Attention, document. Voici comment, il y a vingt-trois ans en France, on appréhendait le problème:
« Bien que l'on puisse constater une certaine évolution dans le comportement des fumeurs dans le sens du respect des non-fumeurs, des problèmes difficiles à résoudre se posent, peut-on lire dans le rapport. C'est le cas, par exemple, des bureaux où se réunissent plusieurs personnes dont des fumeurs. Ceux qui ne supportent pas la fumée, qui lui sont allergiques ou dont l'état de grossesse ne leur permet pas de séjourner dans une atmosphère enfumée, ne disposent pas d'arguments solides pour obtenir des fumeurs qu'ils s'arrêtent, ni pour obtenir un changement de place ou de poste si l'employeur s'y refuse. Outre une information des médecins du travail sur la nocivité du tabagisme passif, des accords pourraient être recherchés entre les employeurs et les représentants des salariés. On pourrait ainsi envisager des appels aux fumeurs de s'abstenir de fumer lorsqu'il y a gêne, l'aménagement de secteurs fumeurs et non-fumeurs, notamment dans les lieux de restauration collectifs ou encore l'aménagement de fumoirs sur les lieux de travail.»
Autre document. Deux ans plus tard, en 1989 un rapport présenté à Venise par le Dr Rodolfo Saracci (Centre international de recherches sur le cancer de Lyon) et Catherine Hill (Institut Gustave Roussy, Villejuif) analysait la quinzaine d'études réalisées alors sur ce thème à travers le monde. Bilan du Dr Saracci :
«La meilleure conclusion que nous puissions tirer de tous ces travaux est qu'il y a une augmentation très nette du risque d'apparition d'un cancer du poumon chez les non-fumeurs exposés à la fumée de tabac. Nous estimons que ce risque chez les femmes concernées est de 20% à 55% plus important que chez les autres femmes. Sur ces bases, nous pouvons conclure que, parmi les personnes exposées à la fumée à domicile, une sur mille mourra d'un cancer du poumon dû à cette exposition. D'une autre manière, on peut dire qu'au sein de la CEE chaque année, plusieurs centaines de personnes meurent d'un cancer du poumon dû au tabagisme passif au qui leur est malheureusement imposé.»
Les industriels du tabac (et en France les responsables de la SEITA) comprirent très vite l'ampleur de la menace. Ils lancèrent alors des campagnes de publicité niant de fait les risques du tabagisme passif en faisant la promotion de l'exercice conjoint de la «liberté du fumeur» (sic) et de celle du non-fumeur. Quelque chose comme «Je suis libre de fumer comme tu es libre de ne pas le faire... ». L'affaire fit long feu. De nouvelles données épidémiologiques s'accumulèrent confirmant la nocivité de l'inhalation indirecte de la fumée du tabac mais, aussi et surtout, élargissant le spectre des affections concernées bien au-delà du seul cancer du poumon.
En 1997 la très auguste (et, alors, bien peu réactive) Académie nationale de médecine prenait position en ces termes:
«La fumée de tabac constitue la source la plus dangereuse de pollution de l'air, en raison de sa concentration élevée en produits toxiques mais aussi parce qu'on y est exposé à tout âge et pendant des périodes beaucoup plus longues que celles pendant lesquelles on subit une pollution atmosphérique extérieure.»
C'est dans ce contexte que s'inscrit la polémique déclenchée par Philippe Even qui, reprenant la bibliographie existante estime que près de la moitié des études disponibles ne concluent pas à une nocivité du tabagisme passif, les autres concluant à un risque de cancer multiplié par un facteur compris entre 0,02 et 0,15 alors que ce facteur est compris entre 10 et 20 chez les fumeurs «actifs».
Suivant la même logique le Pr Even conteste aussi le nombre de morts prématurées dues au tabagisme passif en France. Lors de la mise en place des mesures d'interdiction de fumer dans les espaces publics Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé avait notamment justifié son action politico-sanitaire à partir des conclusions d'un rapport européen publié en 2006; un rapport dont certains experts reconnaissent aujourd'hui qu'il peut être méthodologiquement critiqué car associant les décès prématurés des victimes du tabagisme passif et des anciens fumeurs.
Dès lors que conclure? «Pour est qui est de l'affaire Even, je ne suis nullement gêné que la France compte encore quelques grands provocateurs; à condition toutefois qu'ils soient bien présentés dans les médias comme des provocateurs et non comme des autorités incontestées, a déclaré à Slate.fr le Pr Bertrand Dautzenberg, également spécialiste de pneumologie, président de l'Office français de prévention du tabagisme et l'un des plus farouches adversaires des industriels du tabac. Toujours pour ce qui concerne Philippe Even, son statut de fumeur dépendant le rend moins crédible.»
En réponse à son confrère provocateur le Pr Dautzenberg poursuit :
«Je prends note qu'il dit que le tabagisme actif tue beaucoup plus que le passif et je suis entièrement d'accord. Il dit que le tabagisme passif fait augmenter le risque de cancer de 15%. Je suis d'accord mais contrairement à lui je pense que c'est trop. Il dit que le tabagisme passif aggrave l'asthme et d'autres maladies je suis d'accord. Il critique la publication anglaise de 2006. Je la critique aussi. Je ne l'ai jamais utilisée. Ce travail a été fait depuis leur bureau par deux anglais faisant tourner leur ordinateur, ne s'intéressant qu'à trois maladies et mélangeant fumeur et non fumeur. Pour ma part j'avais fait en 2001 un rapport à la Direction générale de la santé qui a été publié à la Documentation française.
Il ajoute: «Le point fondamental de notre désaccord concerne la mortalité cardiovasculaire. Philippe Even nie que l'on puisse faire une enquête sans exclure les obèses, les diabétiques et les hypertendus qui ont d'autres facteurs de risque alors qu'on les statisticiens savent parfaitement le faire. Les maladies cardio-vasculaires représentent 80% des morts du tabagisme passif. Les données sur cette mortalité sont en accord avec la surmortalité cardio-vasculaire liée à la pollution générale et il faut rappeler que l'on a observé une diminution de 80% de la pollution intérieure par les particules fines en France après la mise en application des décrets d'interdiction de fumer dans les lieux publics.»
Provocations «trop» médiatisées ou pas du Pr Even, il est désormais clairement établi que l'exposition chronique au tabagisme passif augmente de 25 à 30% le risque de souffrir/mourir d'un infarctus du myocarde.Treize études épidémiologiques et de deux «méta-analyses» qui ont évalué l'impact des interdictions de fumer dans les lieux publics, mises en place depuis 2002 aux États-Unis et en Europe. Conclusions d'une publication dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire: entre la période précédent l'interdiction de fumer et celle la suivant la réduction du risque d'infarctus était comprise entre 17 et 19%. En France une étude similaire est en cours dont les résultats préliminaires ne permettent pas, pour l'heure, d'observer un tel bénéfice.
Mais encore ? «Sur le fond la lutte contre le fléau du tabagisme dépend beaucoup plus des politiques que des médecins. En France depuis trente ans les présidents de la République étaient indifférents (et laissaient au mieux faire les ministres de la Santé) à l'exception notable de Jacques Chirac dernière période avec sa décision de lancer le premier «Plan cancer»), conclut le Pr Dautzenberg. Or aujourd'hui les lobbies du tabac sont présents et actifs tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat et, probablement, à l'Elysée. Rien n'est fait et toutes les données dont nous disposons montrent une aggravation de la situation. Les Français(es) doivent le savoir: depuis trois ans nous n'avons plus de stratégie politique de contrôle de la consommation de tabac.»
Jean-Yves Nau
LIRE EGALEMENT SUR LE TABAC NOTRE SERIE: La France (re)fume 1, La France (re)fume et se sèvre moins 2 et La France (re)fume et le manque de prévention 3.
Image de Une: Cigarette / SuperFantastic via Flickr License CC by
Mis à jour le 04/06/2010 à 17h34













































J' ai toujours du mal avec ce genre d' article où l' on oppose les méchants industriels du tabac et les preux chevaliers anti-tabacs. On peut ergotter sur les chiffres à l' infini et renvoyer les études dos à dos, la chasse aux fumeurs a pris une dimension hystérique, irrationnelle et totalitaire difficilement tolérables.
Je suis fumeur de cigare, je respecte mon entourage et ceux qui ne fument pas en ne leur imposant pas ma fumée, et je ne fumais jamais par courtoisie dans des espaces publics. Cette interdiction ne me gêne donc pas plus que cela et je suis a priori du côté des non fumeurs.
Mais quand des associations anti-tabac type DNF poussent sur leur site à la dénonciation via formulaires de plainte automatiques, quand elles s' attaquent désormais aux terrasses des cafés, quand elles poussent des non fumeurs qui se disent gènés par la fumée de leur voisin qui fument sur leur balcon à porter plainte, quand elles éradiquent à coups de menaces de procès les forums ou blogs qui parlent de tabac sans prosélytisme, qu' elles se félicitent que dans des pays comme les Etats-Unis on puisse interdire dans les baux de location les fumeurs, quand elles accusent quiconque ne partage pas leurs visions de la société d' être payé par le lobby du tabac, ou quand elles propagent l' idée que les nourrissons sont en danger dans des appartements où les papiers peints auraient reçu de la fumée, je dis STOP à l' hystérie.
Oui il y a eu ces dernières années de la part d' une frange de fumeurs un laisser-aller coupable qui, hélas, a dû être rectifié en faisant passer des lois. Mais il ne faudrait pas qu' aux excès passés on réponde par l' excès hygièniste et l' ostracisme.
Quant au tabac lui-même, par idéologie, ces médecins n' opèrent jamais de distinction entre les types de consommation. Si en effet, la plupart des fumeurs de cigarettes déplorent une addiction dont il est difficile de se débarrasser, la plupart des fumeurs de cigare ou de pipe vous diront qu' ils fument par plaisir et non accoutumance. Il ne s' agit ici de convertir personne, mais c' est un fait malgré que ce soit en effet mauvais pour la santé.
Et si les lobbies du tabac sont présents et actifs tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat il en est de même pour les associations anti-tabac qui ne font pas toujours preuve - c' est un euphémisme - de bonne foi et d' ouverture au dialogue puisque tels des croisés, ils sont selon leurs propres termes "en guerre".
Le tabagisme passif est leur nouvel épouvantail pour imposer leur terrorisme intellectuel car quiconque conteste les chiffres est considéré comme un provocateur, un irresponsable ou un salaud dénué d' humanité.
un risque de cancer multiplié par un facteur compris entre 0,02 et 0,15
C'est sûr désormais on ne fait pas de math en fac de médecine ;-)... pour rappel multiplier par 0.02 c'est diviser par 50 donc il vaudrait mieux commencer à fumer tout de suite lol (vous avez voulu dire 1.02 et 1.15 j'imagines...) Moi j'ai arrêté de fumer il y'a longtemps et j'en suis bien content, ne serait-ce que par l'économie que je fais qui approcherait 1000 euros par an... Par ailleurs même étant fumeur je n'ai jamais pu supporter les gens fumant à table ou dans des wagons de train, aussi je ne le faisais pas moi même, mais beaucoup de fumeurs n'ont pas ces égards et n'ont peut-être que la monnaie de leur pièce...
Beaucoup de retenu, beaucoup de vrai dans les commentaires d'Air One. Si tous les fumeurs étaient ainsi, ce qui n'est pas le cas.
Il est vrai, par exemple, qu' il y a des anti-fumeurs 'Talibans'. Désagréables même si c'est pour une bonne cause.
Moi-même, j'ai souvent pensé que la campagne 'fumeur passifs' était un peu tiré par les cheveux. Est-on en risque sur un quai de gare en plein air quand quelqu'un choisit d'y fumer?
Mais Air One se disqualifie un peu pour juger le gêne des non fumeurs en présence des fumeurs. Fumeur de cigares il est physiquement incapable de sentir le tabac - dans une chambre d'hotel utilisée auparavant par un fumeur par exemple, ou sur une terrasse de café inondée de fumeurs.
Les non fumeurs n'ont-ils pas droit à prendre un café sans gêne sur une terrasse?
Je suis un fumeur qui ne fume pas. J'ai pris cette décision il y a 40 ans quand les premiers avertissements apparaîssaient (en GB) sur le paquets de cigarettes.
Ceci n'a pas empêché que je sois atteint d'un cancer potentiellement mortel en 2009 (peut-être pas lié au tabac)
Mais ayant côtoyé des malades mourant d'un cancer des poumons lors de mon séjour à l'hôpital, j'ai été plus que de l'ordinaire sensibilisé au problème et très favorable aux efforts des gouvernements (pour une fois intelligents et efficaces) pour combattre le tabagisme.
Je n'ai pas hésité sur Slate.fr de traiter de cons ceux qui consomment des produits libellés toxiques (du moins ceux qui savent lire).
Ce qui me range, je suppose, parmi les Talibans mais la cause et bonne et nécessaire et un con est un con. Cela ne s'invente pas.
Passez à l'hôpital le plus proche pour voir.
Je ne crois pas mentir en disant que tous les commentateurs, journalistes et modérateurs de Slate apprécient vos commentaires.
On dit que le Retsina, en doses régulières mais mesurées fait des merveilles et est une véritable panacée. De plus, vous pouvez y aller sans vous sentir coupable, je n'ai encore jamais entendu parler "d'alcoolisme passif".
Donc soignez vous bien, on a besoin de vous pour nos débats.
Abraço de Portugal,
La loi ne doit se préoccuper de ce que les gens se font à eux mêmes, mais plutôt à ce qu'ils font aux autres. Si nous appliquions ce principe, nos sociétés seraient bien meilleures.
Si vous êtes majeur et voulez fumer du crack, de l'opium, du cannabis ou du tabac, après tout, c'est votre problème. Ce n'est pas comme si vous n'étiez pas au courant des risques associés. Notons au passage que c'est celui qui est le plus meurtrier, le tabac, qui est légal et taxé. Dans mon environnement directe j'ai perdu plusieurs personnes des conséquence du tabagisme, mais je ne connais personne qui soit décédé des suites d'une habitude aux autres produits. Pas que je les recommande, je les abhorre. Je crois simplement qu'on les combattrait plus efficacement si ils étaient légaux.
Je ne fume pas de tabac. À 53 ans, j'ai lu récemment sur Slate.fr que j'étais vieux et je devais arrêter de procréer. Là, je dis stop, parce que je n'ai presque pas fumé, je suis beaucoup plus jeune que que des gens de 35 ans qui eux on eut un bout de mégot accroché à leur bouche en permanence depuis vingt ans.
Quoique vous fumiez, respectez moi, ne le faites pas en ma présence (sauf ci c'est un petit joint de Marie Jeanne pure, auquel cas, ne bogartez pas et passez le moi ;-). Pour un non fumeur, la fumée de tabac pue. Elle pique le nez et les yeux. Pire que la menace d'une hypothétique maladie cardio-vasculaire,ce qui me dérange c'est la fumée des autres dans les lieux publiques. Je ne peux plus aller à la terrasse d'un café car c'est devenu le refuge des fumeurs. On en est arrivé à chauffer au gaz les terrasses de café en hiver pour qu'ils puissent continuer à s'adonner à leur vice. C'est grotesque.
La liberté des uns, s'arrête ou commence celle des autres. Certains aiment se jeter d'un avion en vol pour faire de la chute libre, c'est pas mon truc, mais si ça donne un sens à leur vie, tant mieux pour eux. Vous voulez fumer, pas de problème. Faites le chez vous. Vous savez que cela va engendrer des maladies graves; vous acceptez ce risque, pas de problème, financez le vous même: 50% du trou de le sécu c'est le tabac et l'alcool. Ne faites pas supporter à la communauté entière vos choix de vie. Votre cancer de la gorge ou/et des poumons, c'est le vôtre et celui de la SEITA et ses complices ( Anglo American Tobacco, Philip Moriss etc...), pas le mien.
Vous trouvez que les lois New Yorkaises sont exagérées ? Même dans la rue ils ne peuvent pas fumer... OK, je comprends... Mais eux, le soir, les clients des boîtes de Jazz ne sortent pas fumer sur les trottoirs avec un verre à la main et ne dérangent pas les riverains. Donc pas de nuisance et une vie nocturne très active.
Merci pour ces vœux et le compliment.
Je ne sais pas si mes commentaires sont appréciés autant que vous le dites mais je m'amuse beaucoup en tout cas et j'aime bien avoir mon mot à dire.
Pouvoir participer, en tant qu'Anglais, à un journal français comme Slate.fr est un privilège.
Côté santé les choses vont mieux. Formellement je suis en 'rémission'. J'ai été soigné par une équipe médicale française et je profite de ce tribune pour la remercier publiquement.
Il s'agit de l'équipe du Dr. Brice à l'hôpital St. Louis à Paris. A tous les niveaux, du plus haut au plus bas, jusqu'à la plus modeste femme de ménage, ils ont été compétents, accueillants et très très humains.
(La lutte contre le tabagisme prend tout son sens quand on voit de près les dégâts que cause cette drogue. C'est pourquoi je suis moins sanguin que vous dans la matière.)
Plutôt critique avant d'un système de santé que je pensais bureaucratique et coûteux, j'ai été obligé de changer complètement d'avis.
Comme quoi tout le monde peux se tromper. Même moi!
C'est là, peut-être, qu'on trouve le vrai sens de Slate.fr
A bientôt!
Mais ils ne le savent pas. Ils râlent tout le temps et vilipendent l'incompétence des médecins et de l'Assistance Publique, mais au moindre petit bobo ils courent aux urgences et appellent le SAMU. Je leur suggère d'aller voir à Londres et d'essayer de rencontrer leur GP (general practitionner, médecin généraliste imposé par votre code postal, conc lotterie). Donc, c'est bien qu'un étranger leur rappelle que tout n'est pas aussi pourri que ça en France.
Ceci dit, j'ai été opéré à Saint Mary's à Paddington et c'était super. Ma fille y est née et c'était gratuit et très bien. C'est là que William et Harry sont né, donc c'est ouvert à tous. J'imagine que les enfants royaux ont droit à une chambre individuelle, eux. Donc, pas si perfide l'Albion en question...
Si l' on commence à légiférer en fonction de la gêne, légiférons contre le patchouli, Cacharel, les flatulences, que certains a juste titre ne peuvent pas supporter. C'est précisément parce que ce n' est pas un critère raisonnable que des chiffres alarmistes sont brandis par les associations anti-tabac.
Je précise aussi que si je fume à une terrasse, rarement, je choisis un emplacement qui fait que je n' exposerai pas de table voisine à la fumée.
En outre, si ceux qui consomment des produits déclarés toxiques sont des cons, on peut se tuer à petit feu de bien des manières, pas plus intelligentes, bien moins visibles. On peut se tuer au boulot, se tuer en exerçant sa passion, se tuer en glissant sur une savonnette. A ce train là, les cons sont partout.
Je compatis sincèrement à votre maladie, croyez le bien, mais j' ai du mal à accepter que vous m' invitiez à visiter des hopitaux pour toucher du doigt la souffrance que la consommation de tabac peut générer. Par pudeur je ne rentrerai pas dans les détails, mais une personne proche de moi, parente, est décédée d' un cancer des poumons et je l' ai veillée jusqu' au bout. Je connais et j' ai choisi en toute conscience d' assumer ma pratique bien que ce ne soit pas le débat puisqu' il s' agit ici des effets du tabagisme passif et non de mon cas personnel.
Je vous invite donc cordialement à ne pas jouer la carte des sentiments dès lors que vous ne connaissez pas le vécu de ceux avec qui vous débattez.
Ceci dit tout a fait respectueusement encore une fois.
Je suis désolé de lire que vous avez perdu un proche des conséquences du tabagisme. Je sais ce que vous avez vécu, j'ai aussi perdu plusieurs personnes dans les mêmes conditions. Ça a été terrible. En fait les familles qui n'ont pas étés touchées par le tabagisme sont très rares car statistiquement les chiffres sont insupportable. Votre expérience est l'expérience de la quasi totalité des familles en France: nous avons tous perdu, ou perdrons tous un ou plusieurs proches des suites du tabagisme.
C'est pour cela que nous devons légiférer pour limiter autant que possible les décès liés au tabac tout en respectant le droit des gens de disposer d'eux mêmes.
Je ne suis pas sûr de comprendre le sens de 'jouer la carte des sentiments'. Comme vous avez pu vivre tristement vous-même apparemment il n'y rien de 'sentimental' dans le cancer.
La comparaison avec des morts accidentaux n'est pas valable et vous le savez bien. C'est pour cela que mes propos vous irritent peut-être.
Le fumeur se tue volontairement.. C'est son choix. Ce n'est pas un choix très intelligent et il coûte cher à la société d'une manière ou une autre.
Puisque vous ne souhaitez pas rendre visite à un hôpital qui traite les cancers vous ne verrez pas l'énorme investissement en matériel et surtout en expertise que la société emploie pour faire face à ce fléau.
Un fléau qui, à la différence des jambes cassés et les multiples autres défaillances du corps humain, est évitable en ce qui concerne, du moins, les fumeurs.
Eviter d'enfumer les autres, comme vous faites, est une politesse. Fumer est une bêtise.
Désolé.
Mon instinct est que le tabagisme passif a été exagéré. Mais nous ne devrions pas non plus nier son existence. J'ai travaillé longtemps dans la musique et j'ai pu constater deux choses.
1/ Dans les clubs, le personnel (barmen et musiciens) est exposé à des doses de fumée très importantes. Pour les chanteurs, dont l'instrument est aussi leur système respiratoire, le problème est accentué. Si vous êtes entré dans un club de Jazz en dehors des heures d'ouverture et que la lumière de service est allumée vous verrez la couleur ambre du goudron et de la nicotine sur les plafonds.
2/ Dans les studios d'enregistrement cela fait longtemps que beaucoup de leur propriétaires ont interdit de fumer. Le goudron et la nicotine, véhiculé par les systèmes de ventilation, s'insinue dans les ordinateurs, consoles, amplificateurs, moteurs d'enceintes, potentiomètres, effets etc... vous seriez sidéré devoir la quantité de cette patte grasse que l'on doit ensuite dissoudre avec des mélanges à base d'éther en aérosol. Cela diminue de moitié la durée de vie des équipements.
Il est à mon avis probable que dans certains environnements le tabagisme passif peut être mortel à long terme. Cela représente t'il 6000 décès par an ? Cela me semble un peu exagéré.