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Comment parler de la guerre à ses enfants?

Temps de lecture : 2 min

Et à partir de quel âge faut-il en parler?

Tout entretien avec un enfant à propos de la guerre devrait commencer par une question, presque rituelle. | Priscilla Du Preez via Unsplash
Tout entretien avec un enfant à propos de la guerre devrait commencer par une question, presque rituelle. | Priscilla Du Preez via Unsplash

La semaine qui vient de s'écouler a aussi eu pour effet de pousser les parents à s'interroger: faut-il parler de la guerre à ses enfants? Si oui, à partir de quel âge et de quelle manière? Le sujet n'est pas évident: les enjeux géopolitiques sont complexes, et la situation est grave, mais il est difficile de trouver le ton juste pour les informer clairement sans les noyer sous le poids de l'angoisse.

La guerre déclarée à l'Ukraine par la Russie n'est ni la première ni la dernière de ce siècle, mais ce qui est considéré comme le plus gros conflit européen depuis la Seconde Guerre mondiale a particulièrement inquiété dans les familles d'Europe. C'est le principe du «mort-kilomètre», également appelé «principe de proximité»: plus un drame survient près de chez soi, plus il est traité par les médias nationaux et plus il inquiète.

Selon la docteure et experte en parentalité Deborah Gilboa, interrogée par The Independent, mieux vaut ne pas évoquer la guerre avec des enfants âgés de moins de 8 ans, sauf cas exceptionnel. Mais il ne faut pas négliger le risque qu'ils en entendent parler ailleurs, et notamment à l'école, ce qui peut arriver avant cet âge. À partir de 8 ans, il est en tout cas recommandé d'en parler avec ses enfants sans tarder afin d'être leur première source d'information. S'ils entendent des camarades proférer des contre-vérités dans la cour de récréation, il risque ensuite d'être difficile de les aider à démêler le vrai du faux...

En outre, les discussions de cour d'école ont parfois un goût d'interdit qui peut pousser certains enfants vers le mutisme. Lorsque les enfants entendent parler de choses graves de la part de leurs camarades, leur premier réflexe est de se dire qu'ils ne devraient pas en parler à leurs parents, pour ne pas les inquiéter, ou pour ne pas leur faire sermonner au cas où ce sujet soit considéré comme tabou.

La bonne approche consiste à demander à son enfant s'il a entendu parler de la guerre et ce qu'il en a retenu, puis de reprendre les choses point par point avec lui afin de lui apporter des précisions, de démentir certaines informations fausses et de le rassurer. Cela permet également d'essayer d'évaluer son état émotionnel.

Fact-checking en douceur

Deborah Gilboa ajoute qu'il ne faut pas hésiter à multiplier les messages simples et directs, tels que «Notre famille est en sécurité» ou «La guerre est une mauvaise chose». En fonction de la maturité et du bagage intellectuel de l'enfant, on peut évidemment pousser les choses plus loin et lancer des discussions nuancées, en essayant par exemple d'expliquer quels sont les enjeux de la guerre qui vient de débuter. Cela peut les aider à aiguiser leur esprit critique.

En outre, si un enfant rentre de l'école avec une panoplie de fausses informations, il faut l'aider à faire le tri en douceur sans hausser le ton ni rejeter en masse les éléments qu'il croit vrais. C'est au contraire le moment de parler de l'importance de connaître les sources des informations lues ou entendues, et de vérifier leur véracité sur des sites de confiance.

Il est important de refaire un point régulièrement, par exemple tous les deux jours, afin de savoir si l'enfant a entendu de nouvelles informations, s'il a de nouvelles questions à poser ou s'il se sent anxieux. Dans le cas des plus grands, il convient aussi de ne pas oublier que les réseaux sociaux sont remplis de contenus à propos de la guerre, et que si certains sont très pédagogiques ou totalement pacifistes, il est également possible de tomber sur des contenus moins recommandables. Ce qui nécessite de faire preuve d'une vigilance accrue.

L'experte conclut en affirmant qu'il est important de parler à ses enfants de la guerre, et ce pour deux raisons principales: protéger leur santé mentale en leur permettant de s'informer et d'exprimer leurs sentiments, et s'assurer qu'ils vous aient identifié·e comme la personne de référence à laquelle s'adresser «quand le monde est dur, et difficile à interpréter».

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