Rupture totale entre Israël et la Turquie
Ankara, qui a renoncé à ses ambitions européennes et veut prendre le leadership du monde arabo-musulman, n'a que faire d'une alliance avec Jérusalem.
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La rupture entre Israël et la Turquie est consommée. L'échec de l'action contre la «flottille de la paix» met fin aux excellentes relations concrétisées par la première visite officielle d'un président israélien, Shimon Pérès, au parlement turc. Chacun des deux pays veillait à la bonne entente. Israël en tirait un intérêt psychologique certain puisqu'il s'agissait du seul pays musulman qui se comportait ouvertement en allié. Les intérêts stratégiques s'illustraient par l'accord de coopération, signé en 1966, ouvrant à l'aviation de Tsahal un espace aérien étendu aux bases turques voisines de l'Irak et de la Syrie. Malgré l'arrivée des islamistes au pouvoir, cet accord n'avait jamais été remis en cause grâce au poids de l'armée turque garante des institutions et de la laïcité du régime instaurée par Ataturk.
Virage stratégique
Israël a dû renoncer en échange de cette alliance à ses convictions en ignorant officiellement le génocide de plus d'un million d'arméniens pendant la première guerre mondiale. Il justifiait difficilement la pire une position très inconfortable d'un pays qui a connu la Shoah au point de subir les foudres du lobby juif américain qui restait peu sensible à la rhétorique israélienne sur cette question.
Le virage stratégique de la Turquie n'a pas été brutal. Il a été préparé dès l'arrivée au pouvoir des islamistes en 2002. Les critiques contre Israël et les rapprochements avec ces ennemis ont été ensuite crescendo. Dès 2004, Tayyip Erdogan a traité Israël «d'Etat terroriste» à la suite de l'élimination du Cheikh Yassine. Il a invité à Ankara, en février 2006, le chef du Hamas Khaled Mashaal avec les honneurs réservés aux chefs d'Etat et a traité Shimon Pérès «d'expert en assassinat» à la conférence de Davos de janvier 2009. Alors que Benjamin Netanyahou était attendu en Turquie, il a préféré rencontrer le président soudanais Omar El Béchir, accusé de crimes de guerre et de génocide par la Cour Internationale de Justice. En mars 2010, il a déclaré que Le Mont du Temple, Hébron et le tombeau de Rachel n'ont jamais été des sites juifs et enfin, profitant de son dernier voyage officiel à Paris, Erdogan a affirmé qu'Israël était la «plus grande menace pour le monde et pour la paix».
Le régime islamiste turc juge les relations avec l'Etat juif contre nature mais avait besoin dans le passé d'Israël. Il comptait sur les réseaux européens israéliens et sur le lobby juif américain pour favoriser son entrée dans l'Europe. A partir du moment où la France et l'Allemagne ont confirmé leur refus d'une adhésion de la Turquie à l'Europe, il n'y avait plus de raisons de préserver l'alliance avec Israël.
Empire ottoman
Erdogan et son parti l'AKP ont une stratégie politique ambitieuse incompatible avec l'alliance historique avec Israël. Ils rêvent de rétablir l'influence turque sur les pays issus de l'ancien empire ottoman. Ils sont conscients du fait qu'il ne peuvent y parvenir qu'avec le soutien des populations du Moyen-Orient. La crise flagrante de leadership arabe les sert. L'Egypte avec un président malade et vieillissant ne peut plus tenir le rôle de leader du monde arabo-musulman. La disparition de Saddam Hussein et de Hafez El Assad a ouvert un boulevard que la Turquie s'est empressée de chercher à combler en s'alliant avec la Syrie auparavant considérée comme un ennemi. D'autres pays peuvent prétendre à la conduite du monde arabe, l'Arabie saoudite en particulier, mais la Turquie bénéficie à la fois de l'alliance historique militaire américaine en tant que membre de l'OTAN et d'une réputation de démocratie islamique modérée.
Le premier ministre turc a aussi habilement joué avec l'Iran qui pourrait contrer ses ambitions. En se rapprochant d'Ahmadinejad et d'une République islamique isolée, il les neutralise d'une part et démontre dans le même temps aux pays arabes du Moyen-Orient hostiles à Téhéran qu'il peut traiter d'égal à égal avec les Iraniens. L'armée turque est l'une des plus puissantes de la région. Lors de sa visite à Paris, le 7 avril, Erdogan a martelé qu'Ahmadinejad ne représentait pas de danger pour la région et qu'il ne fallait prendre à la lettre ses menaces répétées de rayer Israël de la carte. Il n'a pas hésité à réaffirmer que «c'est Israël qui est la principale menace pour la paix régionale».
Liens islamistes
La Turquie utilise par ailleurs des intermédiaires dans son jeu ambigu avec le Hamas et les extrémistes islamistes de tous bords. L'IHH, qui a affrété le Marmara, est une organisation islamiste sous influence de l'AKP. Son soutien au Hamas s'inscrit explicitement dans la stratégie de l'AKP de devenir le porte-drapeau d'un monde arabe qui se cherche.
Le ministre des affaires étrangères israélien, le très controversé Avigdor Lieberman, avait le premier fait part publiquement de ses doutes sur la solidité de l'alliance turque. Il n'a eu de cesse depuis des mois de tenter de combler partiellement cette perte par une ouverture vers les pays du Caucase, la Géorgie et l'Azerbaïdjan, eux aussi musulmans. Et pour trouver une solution de rechange à la perte par l'aviation israélienne des grands espaces turcs nécessaires à ses entraînements, il a tenté de réactiver des liens avec la Grèce ennemi historique de la Turquie.
Nouvelles alliances
La Syrie a aujourd'hui pris la place d'Israël dans les entrainements militaires conjoints avec la Turquie. Damas a tout à gagner d'un rapprochement avec une armée mieux équipée et mieux entraînée que la sienne dont le matériel est obsolète et mal entretenu. En se tournant vers Athènes, les israéliens cherchent à contrer cette nouvelle alliance paradoxale entre un pays de l'Otan et l'un des pays de «l'axe du mal».
Les grecs trouvent de leur coté un intérêt économique dans ces échanges militaires avec Israël en période de vaches maigres. Alexander Modiano, Président de la section grecque de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), a adressé une demande officielle au gouvernement israélien pour obtenir des conseils sur la façon dont Israël pourrait aider son pays à juguler ses problèmes financiers grâce aux méthodes qui lui ont permis de plutôt bien résister à la crise.
Des exercices militaires conjoints israélo-grecs, navals et aériens, dénommés Minoas 2010, devaient se tenir le 1er juin à la fois sur le continent et en mer Egée et Ionienne. La Grèce avait autorisé les avions de Tsahal à simuler des frappes contre ses missiles sol-air S-300, identiques à ceux dont l'Iran attend la livraison de la part de la Russie. Ces exercices ont été toutefois annulés après l'attaque de la flottille.
Les généraux israéliens estiment que le choix turque est politique et certainement pas militaire. L'armée d'Ankara est en grande partie équipée avec du matériel israélien et il lui sera difficile de réorganiser son approvisionnement et la maintenance de ses systèmes d'arme.
Les relations se sont aujourd'hui tellement dégradées que les demandes d'armement d'Ankara sont à présent systématiquement rejetées. Tayyip Erdogan a réclamé des systèmes de missiles israéliens, des roquettes antichars «Spike», des missiles «Barak-8» pour la marine et des blindés «Namer» pour le transport de troupes. Israël a seulement accepté d'honorer une commande antérieure de drones dont l'annulation a même été un temps envisagée. Jérusalem craint que ce matériel de haute technologie se retrouve un jour entre les mains de la Syrie et du Hezbollah.
La perte de la Turquie sera aussi sensible en matière de revenus touristiques. Le gouvernement israélien a interdit à ses ressortissants de se rendre en vacances dans un pays en guerre diplomatique et les agences de voyages devront trouver une destination de rechange aux 600.000 israéliens qui s'y rendaient chaque année. Ils réorienteront sans doue ces touristes vers la Grèce qui y verra une aubaine au moment où le pays traverse une crise économique considérable.
Une page vient de se tourner au Moyen-Orient avec la fin, aujourd'hui officielle, de l'alliance entre les deux seules démocraties de la région. L'arrivée au pouvoir d'Islamistes même modérés en Turquie et les ambitions nouvelles d'Ankara d'imposer son leadership sur le monde arabe rendaient tout simplement impossible le maintien d'un tel partenariat stratégique.
Jacques Benillouche
Photo: Un manifestant portant un drapeau turc lors d'un défilé à Bruxelles pour protester contre l'attaque de la flotille humanitaire se dirigeant vers Gaza. Francois Lenoir / Reuters
À LIRE EGALEMENT: Israël fait fi des affaires étrangères ; «Flottille de la paix»: questions sur un fiasco militaire et Le blocus israélien de Gaza est-il légal? Et nos revues de web: ce qu'en dit la presse israélienne; la presse et les blogs francophones et la presse américaine; une enquête sur quoi?
Mis à jour le 03/06/2010 à 14h51
















































Voilà, une fois de plus, Israël le dos au mur. On pourrait difficilement affirmer qu'il n'y est pour rien, tant la politique menée depuis l'assassinat d'Yitzhal Rabin, si radicalement violente contre le peuple de Gaza et le peuple palestinien, lui a donné le mauvais rôle face à l'opinion internationale, l'échec de l'action contre la "flotille de la paix" jouant le rôle de cerise sur le gâteau.
Dans un cas d'incompétence aussi flagrante dans la mesure, par Israël, des risques encourus, il eût été judicieux que monsieur Barak, ministre de la défense, démissionne sur le champ. Cela eût évité que l'opinion déjà très remontée contre cette lamentable opération, ne soit de surcroît, témoin de la foire d'empoigne qui a saisi les députés de la Knessett hier, spectacle, bien entendu relayé par toutes les télévisions, qui a bien montré que la démocratie en Israël était malade.
Israël a visiblement besoin de changer, et sa politique, et les hommes qui la font.
marianne ARNAUD,bonjour.
Vous qui souhaitez tant la fin du "blocus" israélien sur Gaza, pour le bien des malheureux gazaouis cela ne fait aucun doute, un petit rappel de certaines évidences.
Passons sur le fait que quotidiennement des dizaines de camions transportent toutes sortes d'aides humanitaires via les points de passages israéliens à Gaza, pouvez m'expliquer pourquoi l'aide contenue dans la flottille a été refusée par le Hamas, nourriture, jouets et vêtements ?
Pouvez vous rappeler les raisons du "blocus" ?
Seraient- elles autres que celle-ci:
D'une part la contrebande d'armes via les tunnels et d'autre part le maintien en détention dand des conditions qui ne semblent pas trop vous gêner, de Gilad Shalit. Un soldat israélien en captivité vous semble-t-il plus productif pour la population de Gaza que la levée du blocus ?
Pouvez expliquer pourquoi, hier ,le Hamas a refusé de laisser sortir les Gazaouis vers Rafah, alors que l'Égypte avait ouvert sa frontière ?
Pouvez vous expliquer pourquoi les "flottilles" ne cherchent pas à accoster Gaza en passant par les eaux territoriales égyptiennes du nord Sinaï ?
Si vous acceptez la discussion sur ces points et que vous y répondiez, on pourrait éventuellement aborder la question suivante.
Si le monde entier s'oppose au blocus, pourquoi ne prendrait-il pas en charge la situation, y envoyer une force internationale qui garantisse l'arrêt des tirs de kassams, des attaques frontalières, du transfert d'armements, le contrôle des cargaisons à destination de Gaza et des passages de personnes aux frontières.
Dans ce cas, Israël, n'aurait plus à fournir, l'électricité, l'eau, l'essence, le gaz, les réseaux téléphoniques, les soins médicaux pour les cas qui ne peuvent être soignés à Gaza, les gazaouis devraient se défaire de leurs Shekels, puisque il est la monnaie de Gaza et encore beaucoup d'autres choses critiques pour la survie des gazaouis dont je vous épargnerais la longue et fastidieuse énumération.
Une dernière question, pouvez vous ou bien d'autres lecteurs que je ne nommerais pas qui, sur chacun de mes posts n'ont d'autres commentaires que celui de ricaner en les qualifiant de"hasbarah", vous exprimer sur la situation des Kurdes et m'expliquer pourquoi, médiatiquement, ils valent moins que les Palestiniens, et pourquoi les raids et bombardements contre des villages au Kurdistan par la Turquie ainsi que la ségrégation envers les Arméniens sont occultés par tous, les Turcs étant devenus les champions de la morale internationale.
Un écrivain et journaliste chrétien a un jour écrit qu'Israël était le Juif du monde, n'en serait-il pas aussi sa tête de Turc ?
Je suis très loin d'être la spécialiste de la politique d'Israël que vous faites semblant de croire que je suis.
Je ne répondrais donc à aucune de vos questions.
Si je me suis permis de faire l'éloge de la démission, c'est que je me suis souvenue d'une autre affaire calamiteuse, concernant la France cette fois, celle du Rainbow Warrior, dont les remous politiques ne s'étaient calmés qu'avec la démission du ministre de la Défense, Charles Hernu, et le limogeage de l'amiral responsable, Pierre Lacoste.
Je me permets de vous inciter à lire les commentaires que j'écris sur Israël et peut-être comprendrez-vous que je suis très loin de considérer votre pays en ennemi, bien au contraire. Même si je trouve que plus de soixante ans pour faire la paix avec les voisins, ça commence à faire long !
Très cordialement.
Malheureusement, pour faire la paix il faut être deux et le vouloir vraiment; or il semble bien que les Israéliens aient en face d'eux des Palestiniens très divisés et dont les avancées cautionnée par une faction sont condamnées par une faction rivale. Les pourparlers indirects actuels n'ont pas l'aval du Hamas par exemple. Dans ces conditions, il semble très difficiles d'arriver à un résultat probant.
marianne ARNAUD, bonjour.
Vous écrivez: "Je suis très loin d'être la spécialiste de la politique d'Israël que vous faites semblant de croire que je suis.Je ne répondrais donc à aucune de vos questions."
Concernant votre première phrase j'ai du mal à la comprendre et je la trouve même étonnante, si des faits aussi basiques que les raisons du blocus d'Israël sur Gaza vous sont inconnues ne pensez vous pas que vous devriez vous informer un peu sur le sujet avant de poster des commentaires ? Pour le seconde, elle n'est pas surprenante, je l'écris en toute courtoisie, la fin de non recevoir ou le refus de dialoguer sur des fait avérés et non des humeurs est récurrent chez les intervenants qui fustigent Israël, leur refus de justifier factuellement le bien fondé de leurs assertions n'est finalement que la confirmation de leur parti pris univoque et de l'inconsistance de leurs "arguments".
Malgré toutes les leçons que vous nous assénez depuis quelques jours, grâce à une dialectique bien rodée, vous ne pourrez m'ôter de l'idée que le gouvernement d'Israël a commis une faute en s'attaquant à un navire de civils - et de surcroît en dehors de ses eaux territoriales - avec ses soldats.
Même si on fait abstraction de l'incurie avec laquelle la riposte à la provocation de la "Flotille de la paix" a été montée, monsieur Netanyahou, qui paraît-il se voit comme un grand communiquant, devrait savoir qu'il ne sert à rien d'écraser un problème politique par la force, qu'aucune guerre d'opinion ne peut être gagnée avec des moyens militaires. Nous, Français, sommes bien placés pour le savoir.
Et pour finir je me permettrai de vous rappeler le discours d'Yitzhak Rabin en juin 1992 à la Knesset : "Il n'est pas vrai que le monde entier soit contre nous. Nous devons nous débarrasser de ce sentiment d'isolement qui nous habite depuis près d'un siècle. Nous devons participer à la marche de paix, de réconciliation et de coopération internationale qui survole le globe ces jour-ci."
Vous savez le sort qui lui a été réservé, et aujourd'hui ce sont ses pires ennemis qui sont au pouvoir en Israël.
Vous voyez, j'ai suivi vos conseils et je me suis informée.
Très cordialement.
marianne ARNAUD,
La situation en 1992 n'était pas celle qui prévaut depuis, l l'Intifada armée en 2000 avec des centaines de victimes d'attentats suicides en Israël, le putsch du Hamas à Gaza et l'instauration d'un régime islamiste fondé sur la Charia (qui ne diffère en rien de celui des Talibans que combattent me semble-t-il des soldats français à plusieurs milliers kilomètres de chez eux alors que Gaza est à moins de 100 km de Tel Aviv...), après l'évacuation israélienne de la bande de Gaza par Sharon et non Rabin, les tirs incessants de kassams sur le sud d'Israël , la main mise du Hezbollah sur le Liban et son armement par la Syrie( qui elle même menace Israël ) et l' Iran en missiles dont l'objectif déclaré est de les envoyer sur les villes israéliennes, la menace de nucléarisation iranienne, la rhétorique négationniste couplée aux déclarations de rayer Israël de la carte d'Ahmadinajad et depuis peu les frasques médiatiques d'Erdogan pour appuyer le IHH, sont la donne de ces dernières années.
Marianne, avez vous lu la "Charte du Hamas " ? Avez vous trouvez des informations sur les causes du blocus de Gaza et en quoi il consiste ou bien ces questions ne méritent toujours pas une réponse de votre part ?
Tous les gouvernements israéliens, de Rabin à Netanyahu ( et même Lieberman) acceptent la création d'un etat palestinien démilitarisé est-ce trop demander ?
Un dernier point votre phrase " 'aucune guerre d'opinion ne peut être gagnée avec des moyens militaires. Nous, Français, sommes bien placés pour le savoir." fait référence à la guerre d'Algérie ou celle de d'Indochine ?
Je tiens cependant à vous féliciter pour vos efforts d'information sur le conflit du Moyen - Orient qui vous passionne tant, 18 ans de différentiel de perspective c'est pas vraiment contextuel mais cela prouve que vous faites tout de même quelques efforts. C'est déjà un pas dans la bonne direction. Continuez.
Juste un mot, la Géorgie est un pays orthodoxe et non musulman! Il y a certes des minorités musulmanes, kurdes notamment, mais l'immense majorité est chrétienne et a une église autocéphale.
A lire l'article bien documenté de J. Benillouche, on constate que la Turquie après un mouvement de modernisation politique s'écarte de plus en plus des occidentaux, ce qui n'est pas catastrophique en soi même si c'est regrettable mais aussi elle noue des alliances stratégiques avec des pays dont la démocratie et les droits de l'homme ne sont pas les préoccupations premières, ce qui est beaucoup plus inquiétant. Non seulement nous perdons la Turquie, mais les démocrates voient se confirmer et se renforcer la nature autoritaire d'un régime turc où les militaires ne sont jamais très loin.
Il me paraît superficiel de considérer que le virage diplomatique de la Turquie trouve son origine dans le refus de l'Europe d'accepter ce pays en son sein. Il y a des forces centrifuges diplomatiques qu'on ne peut ignorer. La Turquie est au coeur des conflits qui agitent le moyen orient Irak, Liban, Syrie, Israel, Kurdhes, Améniens etc etc. Sans compter les problèmes avec la Grèce, Chypre... Elle a donc un point de vue spécifique, des intérêts qui ne peuvent être les nôtres. Cet épisode est plutôt un révélateur de la clairvoyance des peuples français et allemand. Ils ont été rejoints par leurs dirigeants.
Il est étonnant de lire des commentaires d'Israéliens nous rappelant le génocide arménien le Kurdhistan et la rigidité des turcs sur bien des sujets. On ne peut que rappeler les excellentes relations d'Israel avec ce pays jusqu'à cet épisode. Les problèmes de la Turquie étaient totalement occultés. Israel ne saurait donner des leçons de morale sur sa diplomatie. On peut se rappeler de ses relations étroites avec l'Afrique du Sud de l'Arpatheid. Ce mot d'un diplomate Anglais vaut pour Israel comme pour les autres puissances. "l'Angleterre n'a pas d'amis ou d'ennemis permanents, Elle n'a que des intérêts éternels".
iconoclaste bonjour.
Les Israéliens voyaient dans les minorités non-musulmanes et non arabes de la région des alliés naturels. Les Juifs kurdes qui, au début des années cinquante, immigraient avec les Juifs irakiens en Israël, entretenaient depuis des siècles de bonnes relations avec les musulmans kurdes. Israël a soutenu, dans les années soixante et soixante-dix, les Kurdes révoltés, dirigés par Mulla Mustafa Barasani. Des conseillers militaires israéliens et des médecins ont séjourné au quartier général dans les montagnes nord-irakiennes. Depuis la chute du Shah d'Iran en 1975, Israël malgré toute sa sympathie pour les Kurdes, est resté à l'écart puisque la Syrie et l'Iran soutiennent la dernière rébellion, de plus, Israël a fait une malheureuse expérience lors de sa coopération, qui fut un échec, avec les chrétiens libanais.
Quant à la coopération entre Pretoria et Jérusalem il semblerait d’un point de vue stratégique, et non idéologique, que cette coopération ait été étroite car elle répondait à une question de survie pour les deux pays. L’ Afrique du Sud fournis des matières premières en échange de matériels et techniques militaires et un encadrement de son industrie électronique.
Je vous invite à vous informer puisque vous abordez le sujet sur la coopération, à la même époque entre Israël et tous les pays africains, 39 pays africains ont des liens bilatéraux avec Israël. A savoir aussi que les missions diplomatiques israéliennes en Afrique représentent 48 % des missions israéliennes dans le monde entier.
Le Nigeria, par exemple, dont près de 44% de la population est musulmane,vend beaucoup de pétrole à Israël et reçoit de plus en plus d’ingénieurs israéliens, qui offrent une assistance technique dans le domaine agricole. Des dizaines de centres d’enseignement israéliens se propagent partout en Afrique et en Israel aussi. A titre d’exemples: le centre Le mont du Carmen, dans la ville de Haïfa, se consacre à donner des cours aux femmes africaines dans le domaine du développement. Un autre offre des entraînement dans les recherches agricoles. Les échanges commerciaux entre les pays arabes et l’Afrique atteint seulement 5 % de leur taux d’échanges avec le monde entier.
Un lien qui ne manquera pas de vous intéresser:
http://www.afriquejet.com/actualites/economie/accord-de-cooperation-entre-la-cedeao-et-isra%C3%ABl-2009090834604.html
Un dernier point, iconoclaste, au cas ou vous insinuez qu'Israël a soutenu l'Apartheid en Afrique du Sud ou qu'Israël entretient un régime de ce type envers ses nationaux arabes, je vous invite au débat sur ce point.
Pour revenir au sujet, vos remarques, n' expliquent pas en quoi le gouvernement de Erdogan a la légitimité de se poser en donneur de leçons sur des questions relatives aux droits de l' Homme et aux droit des peuples.
bonjour,
Rien dans votre texte ne contredit mon commentaire.
Sur la Turquie il transparait dans mes commentaires au fil du temps que je suis opposé à son entrée dans l'Europe en partie pour les raisons que vous évoquez. La diplomatie est affaire d'intérêt réciproque. Comme vous pouvez l'avoir lu, je m'oppose aux anti-sionistes et donc je ne peux que me réjouir si Israel échange de la technologie contre du pétrole en Afrique.
Israel et Afrique du Sud étaient isolés, cela a suffi à créer une convergence d'intérêt. Concernant l'Afrique du Sud ce n'était pas la survie du pays qui était en cause mais un régime ségrégationniste... Donc en collaborant avec cet état Israel a soutenu le régime de ce pays. Mais comme je l'ai écrit cela vaut pour Israel comme pour d'autres états (France compris) la morale a peu avoir avec la diplomatie. Non vous connaissez mon point de vue sur la situation en Israel. A partir du moment où en Israel on considère les territoires "occupés" comme "disputés" et qu'Israel est la puissance occupante, il ne peut ignorer le sort de la population. Et ceci tant que les frontières d'un hypothétique état ne seront pas fixées. Il y a bien des différences de statut entre cette population des territoires occupées donc sous la responsabilité de l'occupant et la population d'Israel proprement dîte.
Comme c'est souvent le cas (quand même!) l'analyse de Jacques Benillouche est exacte.
La Turquie, peu accueillie, bêtement à mon sens, par la France et l'Allemagne, se tourne vers le Moyen Orient.
Mais votre chroniqueur et son compatriote haneelam (habituellement bien informé – il n'arrête pas de nous le dire - et avec un sens du détail) oublient un point important.
La Turquie moderne d'Ergodan, comme l'Israël, est une démocratie. Fini le temps où quelques militaires bien placés pouvaient décider à la place du feu Attaturk ce qui était bien pour le pays (et pour eux-mêmes).
Et par hasard, la majorité des votants, pour des raisons qu'on n'a pas du mal à comprendre, sont anti-Israël. Erdogan le sait et réagit en conséquence.
On nous explique, non sans raison, que la majorité des Israéliens soutiennent leur gouvernement dans sa lutte anti-terroristes (même si un groupe de terroristes, le Hamas, a été élu démocratiquement!). Ceci justifierait, paraït-il, le type de bavure à laquelle on vient d'assister.
Il faut accorder autant de justification à Erdogan.
Bonjour,
Vous qui impressionne par vos connaissances et votre sens du détail en ce qui concerne le conflit au Moyen Orient pouvez-vous nous dire :
1/ Combien de fusées kassams ("les tirs incessants de kassams sur le sud d'Israël") ont été tirés?
2/ Combien de morts et blessés ont-ils provoqués?
3/ Combien de morts a-t-il eu lieu lors de l'attaque israélienne sur le Gaza?
4/ Quelles conclusions en tirez-vous?
Remerciements,
Peter Wright, bonjour.
Pour une fois que vous vous intéressez à des faits vérifiables (hard facts) et que vous posez des questions précises au lieu de faire des'affirmations péremptoires à l'emporte pièce je vais évidemment vous répondre, bien qu'une petite dizaine, me semble-t-il, des miennes sont restées à ce jour sans réponses. D'autre part je tiens à préciser, concernant votre demande d' exercice de comptabilité macabre qu'elle n'est pas "my cup of tea" bien au contraire, elle me répugne, mais je m'y contraint afin que vous ne puissiez arguer une fin de non recevoir de ma part.
De 2001 à 2008, 24 civils ont été tuée par des tirs de roquettes Kassams.16 Israéliens, et 8 non-Israéliens dont deux Bédouins et deux Palestiniens) âgées de 2 à 70 ans.
31 Israéliens tués en 2008.
Concernant les tirs de roquettes Kassams:
4 Kassams en 2001.
35 Kassams en 2002.
155 Kassams en 2003.
281 Kassams en 2004.
179 Kassams en 2005.(année du retrait israélien de la bande de Gaza)
946 Kassams en 2006.
896 Kassams en 2007.
1,750 Kassams en 2008.
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4246 au total durant cette période.
Concernant les tirs de mortiers:
245 obus en 2001
257 obus en 2002
265 obus en 2003
876 obus en 2004
238 obus en 2005 (année du retrait israélien de la bande de Gaza)
22 obus en 2006
740 obus en 2007
1,528 obus en 2008
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4171 au total durant cette période.
Il faut rajouter à cette inventaire, 6728 attaques diverses, tirs d'armes légères, de roquettes ant- chars, ou embuscades à l'explosif.
Durant l'Opération Plomb Durci (27 Dec 2008 - 18 Jan 2009), 571 roquettes kassams et 205 tirs de mortiers ont atterris en Israël. (4 victimes)
Depuis le cessez le feu, 251 kassams, 53 obus de mortiers (1 victime)
Voila pour les chiffres. Le nombre "relativement réduit" de victimes israéliennes n'est dû qu'à une seule chose, Israël a prioritairement mis en place tous les moyens d'alerte et de protection possibles afin de proteger sa population, contrairement au Hamas qui l'utilise souvent de force comme bouclier humain ,femmes et enfants d'abord pour des images bien hémoglobinées et dégoulinantes pour les" prime time" télévisuels.
Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de faire la démonstration de cette "tactique victorieuse" dans la guerre médiatique contre Israël.
Ceci expliquant les autres données morbides qui suivent que vous avez demandé.
Selon les forces de défense israéliennes ,il y a eu 1 166 Palestiniens tués, dont 709 militants de divers groupes armés, ce qui correspond à un maximum de 39.2% de civils.
B'Tselem, ONG israélienne pro-palestinienne parle quant à elle de 1387 Palestiniens tués, parmi lesquels 773 civils (dont 252 enfants âgés de moins de 16 ans), 330 militants (dont 19 mineurs) et 248 officiers de police.
Selon le bilan rapporté par le chef des services d'urgence à Gaza,1 315 Palestiniens ont été tués dans l'offensive israélienne dont plus de 410 enfants et 100 femmes.
Le Hamas n'a jamais fourni de bilan à ce jour.
Vous me demandez quelle est ma conclusion ?
Le parti pris anti-israélien systématique, malhonnête et univoque comme c'est le cas concernant l'abordage du Marmara, ne me surprend plus depuis bien longtemps, cela ressort clairement quand on compare l’attitude du soi-disant Conseil des droits de l’homme de l’ONU à l’égard de l’opération menée par Tsahal à Gaza avec le traitement que le même Conseil a réservé aux attaques de l’armée du Sri Lanka contre la guérilla tamoule à la même époque. Rappelons que 20,000 civils ont été tués lors des opérations militaires lancées par l’armée sri lankaise contre la guérilla tamoule dans les quatre premiers mois de 2009. En ce qui concerne l’incursion de Tsahal à Gaza, les estimations de sources palestiniennes situent autour de 1000 le nombre de civils morts (c’est-à-dire excluant les militaires et les policiers), soit un chiffre vingt fois inférieur à celui enregistré au Sri Lanka. De plus, lors des attaques de l’armée du Sri Lanka, environ 300,000 civils restaient dans les zones contrôlées par la guérilla tamoule, alors que la population de Gaza s’élève à plus de 1,400,000.
Autrement dit, l’opération israélienne s’est soldée par vingt fois moins de morts que les attaques de l’armée sri lankaise; et pourtant, le nombre de civils exposés au conflit militaire (donc le risque de pertes civiles) était cinq fois supérieur dans la bande de Gaza que dans les zones ayant fait l’objet d’attaques de l’armée du Sri Lanka.Or, pendant que le Conseil condamne avec force l’opération israélienne à Gaza, le régime du Sri Lanka reçoit l’absolution et même les louanges du Conseil.
Peter Wright, puisque comme écrit plus haut vous avez toujours esquivé les questions que je vous avais moi-même soumis au sujet de ce conflit, peut être, puisque vous êtes britannique, répondrez vous à celles-ci.
Si Gaza était l'Ile de Wight, combien de Kassams ou d'obus de mortier devraient être tirés sur Southampton et Portsmouth, pour que les forces armées de Sa Majesté daignent réagir et pensez vous que huit ans serait un délai raisonnable pour cette riposte ?
Sur les 3 480 victimes des 30 années de conflit en Irlande du Nord, environ 500 civils irlandais furent tués par les forces armées royales. Combien de roquettes kassams ou d'obus de mortier ont été tirés par l'IRA ?
Pour quelles raisons la Couronne partit en guerre aux Malouines en 1982 ?
Sources:
terrorism-info.org.il
mfa.gov.il
Le Temps.ch
Wiki.
Cher haneelam,
Merci pour ces précisions.
Je note donc que côté Israël 55 personnes ont été tués (dont 47 Israéliens) entre 2001 et 2008 par des faits d'armes dont 31 en 2008.
Côté Palestine, selon la source, entre 1166 et 1387 personnes ont été tués, dont entre 252 et 410 enfants. L'opération, si je me souviens bien, a duré environ 10 jours.
Je ne suis pas un expert militaire, mais ces chiffres (en dehors du fait que
“Israël a prioritairement mis en place tous les moyens d'alerte et de protection possibles afin de protéger sa population”) illustre une disproportion des moyens mis en œuvre par un des deux côtés par rapport aux risques courus par les deux populations.
Votre évocation de l'Île de Wight est amusante mais ne tient pas debout. Cette Île n'est pas peuplé – comme un Taiwan britannique – par des gens déplacés par la force de leurs anciennes terres. Sans être « parti pris anti-israélien systématique, malhonnête et univoque” il n'est pas inapproprié de s'en rappeler.
Concernant le Sri Lanka et l'Irlande du Nord, j'abhorre comme vous ces conflits sanglants qui justement illustrent mon propos – les armées sont incapables et inappropriées pour gérer ce type de problème. Elles peuvent 'gagner' sur le terrain mais systématiquement elles perdent aux yeux du monde entier.
Le Tsahal ne fait pas exception à cette règle comme sa plus récente bavure montre sans appel.
Merci d'avoir pris le soin de répondre à mes questions.