Politique / Monde

Les Américains déménagent de plus de plus vers des régions en accord avec leurs opinions politiques

Temps de lecture : 2 min

Le climat politique est un critère important quel que soit le camp.

La division politique des États-Unis est partie pour durer. | Valentino Funghi via Unsplash
La division politique des États-Unis est partie pour durer. | Valentino Funghi via Unsplash

Lors des élections présidentielles de 2004, opposant George Bush à John Kerry, 6% des 3.143 comtés qui constituent les États-Unis ont voté à 80% ou plus pour l'un des deux candidats. Seize ans plus tard, lors des élections 2020, le nombre de ces comtés, appelés «super landslide», (super plébiscite) a plus que triplé, pour atteindre 22%.

En 2008 déjà, dans un livre appelé The big sort, («Le grand tri») le journaliste Bill Bishop observait que les Américains choisissaient de plus en plus d'habiter au sein de communautés de personnes partageant leurs opinions politiques.

Depuis, les régions républicaines le deviennent de plus en plus, et idem pour les démocrates. Alors que la polarisation politique de l'Amérique est en mouvement depuis des années, Donald Trump et le Covid 19 ont versé un bidon d'essence sur des braises déjà vivaces.

Avec ses lois anti-avortement, son gouverneur pro-armes à feu et sa clôture anti-immigration le Texas a déjà tout d'un petit paradis républicain. Et lorsque des membres du groupe Facebook «Conservatives moving to Texas» (Conservateurs déménageant au Texas) sont interrogés par la radio publique NPR, la première raison invoquée pour leur migration est le non-port du masque et l'absence de vaccination, bien plus acceptés qu'en Californie, d'où ils sont originaires.

Voter avec ses pieds

De son côté, la mandature de Donald Trump a poussé les électeurs démocrates résidant dans les États ruraux à majorité républicaine à se rapprocher des grandes villes, où être un liberal est la norme.

Dans ses prédictions des tendances immobilières pour l'année 2022, le courtier immobilier Redfin estime que les Américains auront de plus en plus tendance à «voter avec leurs pieds», c'est à dire à déménager dans un endroit en accord avec leurs opinions politiques.

Redfin explique par exemple avoir mesuré lors d'un sondage que 15% des personnes ayant déménagé récemment «refusent de vivre dans un endroit où l'avortement est entièrement légal».

Pour Bill Bishop, il y a de fortes chances que ce phénomène s'entretienne lui-même. En effet, d'après lui, «les groupes de personnes partageant les mêmes idées tendent à devenir plus extrêmes avec le temps».

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