Monde

Facebook accusé d'aggraver les violences ethniques au Tigré

Temps de lecture : 2 min

Des journalistes reprochent au réseau social de ne pas en faire assez pour stopper les appels à la violence.

Un homme devant un tank détruit du Front de libération du peuple du Tigré, le 6 décembre 2021 à Debre Tabor. | Solen Kolli / AFP
Un homme devant un tank détruit du Front de libération du peuple du Tigré, le 6 décembre 2021 à Debre Tabor. | Solen Kolli / AFP

Cela fait plus d'un an désormais que le Tigré, une province du nord de l'Éthiopie, est ravagé par un sanglant conflit. Depuis novembre 2020, les forces gouvernementales font la guerre au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). L'ONU ainsi que la Commission éthiopienne des droits de l'homme ont conjointement dénoncé des massacres, violences sexuelles et actes de torture commis par les deux belligérants.

Le Bureau of investigative journalism (TBIJ), une organisation de journalistes basée à Londres, estime que le Facebook a une responsabilité non-négligeable dans certaines exactions. Les journalistes accusent le réseau social de ne pas suffisamment modérer les appels à la violence et les fausses informations postées sur sa plateforme.

Meta, l'entreprise mère de Facebook, assure avoir «investi dans des mesures de sûreté» et «pris des mesures agressives pour stopper la propagation de fausses informations» dans le pays. Seulement, le TBIJ a retrouvé plusieurs personnes reliant directement l'assassinat de leurs proches à des incitations à la haine sur Facebook.

Une ex-employée accuse

Gebremichael Teweldmedhin, un bijoutier tigréen, ainsi qu'une dizaine d'autres personnes ont été assassinées après qu'un activiste a appelé sur Facebook à «nettoyer» les territoires Amhara (l'une des ethnies éthiopiennes) des habitants de l'ethnie tigréenne. Plusieurs posts incitant à la violence de Solomon Bogale, l'activiste en question suivi par plus de 80.000 personnes, sont restés en ligne malgré les signalements.

En plus de cela, les fact-checkeurs agréés par Facebook concernant l'Éthiopie sont PesaCheck et l'AFP, deux organisations qui opèrent en dehors du pays. Or, ce sont souvent les signalements de ces fact-checkeurs qui amènent à la suppression de fausses informations.

En octobre 2021 déjà, la lanceuse d'alerte et ex-employée de Facebook Frances Haugen affirmait devant le Sénat des États-Unis que Facebook «attise la violence ethnique» dans les pays en proie à des conflits internes comme la Birmanie et l'Éthiopie.

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