Monde

Les révélations des boites noires de l'avion de Kaczynski

Slate.fr, mis à jour le 02.06.2010 à 15 h 04

La publication mardi de la retranscription de l'enregistrement des boîtes noires du Tupolev 154 qui transportait Lech Kaczynski et plusieurs hauts responsables polonais éclaire sur les faits qui ont conduit au crash de l'avion et à la mort de l'ensemble de ses passagers.

Un article du Wall Street Journal paru mardi pointe du doigt les nombreuses incompréhensions qui persistent dans l'enquête mais révèle les élèments nouveaux obtenus, notamment grâce à la retranscription des conversations entre les pilotes et l'intervention d'un des chefs de la diplomatie dans le cockpit:

Environ 15 minutes avant le crash de l'avion, Mariusz Kazana, le chef du protocole polonais est entré dans le cockpit où le pilote lui a expliqué qu'un atterrissage à Smolensk pourrait être impossible en raison de la visibilité limitée en disant «nous ne pourrons pas le faire».

Pour Kazana, si l'avion n'atterrit pas, «eh bien nous avons un problème». De retour dans le cockpit quelques minutes plus tard, il précisa aux pilotes que «le président n'a pas pris de décision sur la conduite à tenir ensuite».

Comme le rapporte le WSJ, les enregistrements transmettent également les nombreuses alertes reçues par l'équipage dans les moments qui ont précédé le crash. 1 minute avant le crash, a retenti la première alarme avertissant de l'approche dangereuse de l'appareil vers le sol. Ce fût la première d'une longue série d'ordres de «redressez!» que les pilotes semblent avoir ignoré.

13 secondes avant l'impact, le pilote a tenté une déviation vers un autre aéroport. Le chef du protocole leur a-t-il fait ressentir une certaine pression de la part du président? En tous cas –rapporte le Nouvelobs– ils ont attendu le tout dernier moment pour tenter de reprendre de l'altitude. Trop tard:

On entend l'un des pilotes pousser un juron au moment où l'appareil, un Tupolev 154, heurte un arbre, collision qui a précipité le crash. Le dernier son enregistré est un long juron, dont on ignore l'auteur.

Une demi-heure avant la tragédie, les enregistrements montrent que le pilote avait pourtant envisagé une autre alternative qu'un atterrissage à Smolensk. Mais le rapport de l'équipage d'un avion de l'armée polonaise qui venait d'atterrir l'en avait dissuadé, l'incitant à poursuivre sa route initiale. «Nous avons pu atterrir au tout dernier moment. Bon, pour parler franchement, tu peux essayer, c'est sûr que tu peux.»

Photo: Déplacement d'un morceau de l'épave du Tupolev 154 à Smolensk, Sergei Karpukhin/REUTERS

[Lire l'article sur le Wall Street Journal, sur le NouvelObs.fr]

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