Monde

L'assaut israélien met les Etats-Unis dans l'embarras

Temps de lecture : 2 min

La presse américaine s'intéresse à la dimension géopolitique de l'assaut israélien contre la flotille pro palestienne. Une analyse qui se concentre notamment sur les relations bilatérales entre Israël et les Etats-Unis.

Selon le New York Times, l'assaut Israélien a pour effet de compliquer les efforts du président Obama en faveur du processus de paix au Moyen-Orient. Officiellement, Obama supporte le blocus de Gaza mais le quotidien américain revèle qu'en privé, il a fait part de sa frustration à ce sujet. L'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël parle quant à lui d'un «regrettable incident qui montre que le blocus international de Gaza ne peut plus durer». «Cela permet de stopper les attaques du Hamas envers Israël mais nuit sérieusement à la réputation du pays. Notre responsabilité vis-à-vis d'Israël est de les aider à sortir de cette situation», a ajouté Martin S. Indyk.

C'est surtout le timing de cette opération militaire qui semble très mal choisi. Même si Barack Obama a fait preuve de volontarisme, indiquant que les «négociations reprendront à la prochaine opportunité qui se présentera», c'est le flou qui domine quant à la suite des évènements. Le processus de médiation ne semble pas pour autant interrompu. George J. Mitchell, envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient, est toujours censé se rendre à la conférence pour l'investissement en Palestine qui se tient à Bethléem mercredi 2 et jeudi 3 juin.

Le Wall Street Journal revient également sur les conséquences diplomatiques de l'attaque israélienne au Moyen-Orient. Le rêve américain d'apaiser l'anxiété des pays arabes sur la question palestienne a volé en éclat en quelques minutes. Selon le journal, les relations entre Obama et Netanyahu n'étaient pas si tendues qu'elles n'y paraissaient. Au contraire, d'après un représentant de l'administration Obama, les relations seraient même «très solides, très productives». Sous couvert de mauvaise entente entre les deux dirigeants, chacun aurait profité en fait de la situation. Une stratégie qui ne paie plus aujourd'hui.

L'assaut israélien porte ainsi un coup sévère à la stratégie américaine. La pression internationale pour que la Maison Blanche condamne les évènements va s'accentuer. Quant à la résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU prévoyant des sanctions économiques envers l'Iran, elle risque d'être fortement ralentie. Enfin, la Turquie, autrefois meilleure amie d'Israël, pourrait également venir contredire la stratégie américaine en Iran.

Dans un éditorial, le Boston Globe parle même d'un tournant dans la situation au Moyen-Orient. L'éditorialiste qualifie l'attaque israélienne de «provocation inutile». Motif invoqué: l'armée n'a pas attendu que la flottille ait atteint les eaux territoriales israéliennes avant de donner l'assaut. Selon l'auteur, il est urgent de ramener Israël et Palestine à la table des négociations. C'est pour cette raison que le quotidien appelle les Etats-Unis à condamner l'attaque israélienne, condition sine qua non pour que le processus de paix reprenne.

[Lire l'article sur le New York Times ici, celui du Wall Street Journal et celui du Boston Globe]

Photo : Map of Gaza Strip, Stand December 2008 via wikicommons

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