Sciences

Dormir une heure de plus par jour ferait maigrir

Temps de lecture : 2 min

Le sommeil est-il le secret de la perte de poids?

Les participants ont réduit, en moyenne, leur apport calorique global de 270 calories par jour. | Annie Spratt via Unsplash
Les participants ont réduit, en moyenne, leur apport calorique global de 270 calories par jour. | Annie Spratt via Unsplash

En théorie, maintenir son poids à des valeurs ne présentant pas de risque pour la santé n'est pas sorcier. Il suffit d'adapter sa prise calorique à son activité physique, et ne pas trop manger par rapport à ce que l'on dépense –ou trop peu, car si notre culture actuelle a tendance à moins s'en préoccuper, être trop maigre est dans l'absolu plus dangereux qu'être trop gros. En pratique, c'est une autre paire de manches, notamment car notre cerveau –et les comportements qui vont avec– a été façonné durant des millions d'années d'accès aléatoire à la nourriture et de dépense énergétique intense, ce qui ne fait pas bon ménage dans nos sociétés où le mode par défaut est l'abondance et la sédentarité.

Reste que des milliers de travaux scientifiques sur le surpoids, il est possible de tirer une règle générale: l'épidémie d'obésité que connaissent bien des pays dans le monde –et qui ne s'est pas arrangée, loin de là, avec la pandémie de Covid-19– est largement plus le fait d'un excès de nourriture que d'un déficit d'activité physique.

Raison pour laquelle l'équipe d'Esra Tasali, pneumologue et directrice du centre du sommeil à la faculté de médecine de l'université de Chicago, a eu cette idée relativement simple: faire en sorte que des gens mangent moins en dormant davantage et voir ce qui se passe.

Un contexte réel

Les résultats de son étude, un essai clinique randomisé, ont été publiés le 7 février dans le JAMA Internal Medicine. Ils montrent que de jeunes adultes en surpoids et ayant pour habitude de dormir moins de 6,5 heures par nuit étaient en mesure d'augmenter cette durée de leur sommeil en moyenne d'1,2 heure après une seule séance de conseils personnalisés sur l'hygiène du sommeil. Le but de cette intervention était de porter la durée du sommeil à 8,5 heures. Et en comparant le groupe test avec le groupe témoin, les scientifiques en concluent que cette grosse heure de sommeil en plus réduit l'apport calorique global des participants d'une moyenne de 270 calories par jour.

Le détail plus qu'intéressant de ce travail, c'est qu'il examine non seulement les effets d'un rallongement du sommeil sur l'apport calorique, mais qu'il le fait dans un contexte réel, sans manipulation ni contrôle des habitudes alimentaires des participants. Les sujets sont ainsi restés chez eux, ont dormi dans leur propre lit, ont simplement suivi leur sommeil à l'aide d'appareils similaires à des montres connectées, sans rien changer à leur mode de vie, que ce soit sur un plan diététique ou sportif. Ils pouvaient même manger absolument tout ce qu'ils voulaient et n'avaient aucun journal de bord à remplir.

Comment les scientifiques s'y sont-ils pris pour déterminer leur apport calorique? Par la méthode dite de l'eau doublement marquée et qui consiste à faire boire au sujet de l'eau dans laquelle les atomes d'hydrogène et d'oxygène ont été remplacés par des isotopes stables moins courants (l'oxygène 18 et le deutérium, respectivement) mais plus faciles à repérer –tout en étant aussi naturels qu'inoffensifs. L'oxygène est plus rapidement éliminé que le deutérium et cette différence de vitesse d'élimination dépend de la production de CO2. En mesurant la différence d'élimination du deutérium et de l'oxygène 18 dans les urines, il est ainsi possible, par spectrométrie de masse, de calculer la production de CO2 et la dépense énergétique.

Au total, l'étude a duré quatre semaines, soit deux consacrées à la collecte d'informations de base sur le sommeil et l'apport calorique, suivies de deux autres pour surveiller les effets de l'intervention sur le sommeil. Dans l'ensemble, les individus ayant augmenté leur durée de sommeil ont pu réduire leur apport calorique de 270 calories par jour en moyenne. Ce qui se traduirait, si les effets étaient maintenus à long terme, par une perte de poids d'environ 12 kg en trois ans.

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