La «Flottille de la paix» est-elle vraiment un convoi humanitaire?
Ou un convoi de «militants»?
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«Israël attaque un convoi humanitaire turc», «Dix-neuf morts après l'assaut de la flottille d'aide humanitaire». Le bilan de l'intervention armée israélienne au large de Gaza est encore incertain: on évoque entre dix et dix-neuf morts selon les sources. Et l'adjectif «humanitaire» est systématiquement utilisé pour décrire le convoi des six bateaux partis de Chypre dimanche après-midi avec l'objectif de rompre le blocus de Gaza, en vigueur depuis juin 2007.
Compte tenu de la gravité de l'attaque, l'étude de la sémantique peut sembler secondaire. Elle a pourtant son importance. Les ONG «opérationnelles» jointes par Youphil n'ont pour l'heure aucune position officielle. A titre individuel, des humanitaires contestent cependant l'usage du qualificatif «humanitaire». Pour eux, l'opération au dénouement tragique sur le Mavi Marmara est avant tout une action militante.
A bord des navires attaqués, environ 10.000 tonnes d'aide humanitaire, dont de la nourriture, des vêtements, des maisons préfabriquées, des aires de jeux pour enfants, des fournitures scolaires... et des centaines de militants pro-palestiniens de 17 pays, plus ou moins liés au mouvement Free Gaza, qui se définit sur son site comme un réseau d'«observateurs des droits humains, travailleurs humanitaires et journalistes». De quoi alimenter la confusion.
Un débat évidemment politique
Pour Caroline Abu-Sada, chercheuse spécialiste des Territoires palestiniens occupés, il faut établir une distinction entre le travail des humanitaires sur la bande de Gaza et l'objectif des militants à bord de ces navires. Lorsque «le Premier ministre danois utilise le terme de "militants humanitaires civils", inconnu jusqu'alors», les ONG gagneraient à se positionner, souligne-t-elle.
Au-delà du seul aspect sémantique, la confusion entretenue par plusieurs médias et personnalités politiques alimente un débat évidemment politique. D'ailleurs peut-on, aujourd'hui, prôner une levée du blocus de Gaza sans s'aventurer sur ce terrain? Les travailleurs humanitaires veulent y croire, assurant que leur travail dépend forcément de leur impartialité et de leur relative indépendance vis-à-vis de l'agenda politique.
Au contraire, Rony Brauman, ancien président de Médecins sans Frontières, estime que le contexte palestinien empêche d’établir une distinction claire entre les motivations des uns et des autres. «Le blocus de Gaza est à l’intersection de plusieurs intentions, humanitaires pour les uns, politiques ou religieuses pour d’autres», indique-t-il. Et d’ajouter qu’avec cette opération, «le monde est obligé de se confronter à la réalité du blocus».
Il semble nécessaire d'expliquer que les militants présents sur les navires étaient dans une démarche différente de celle des ONG palestiniennes et internationales qui, au quotidien, œuvrent pour faire entrer les 200 camions d'aide sur la Bande de Gaza et tenter de subvenir aux besoins sur place.
Ne pas confondre humanitaire et militantisme
D'un côté, des centaines de militants sur un navire, qui veulent alerter l'opinion publique mondiale sur les conséquences désastreuses du blocus pour les populations civiles, de l'autre, des centaines d'humanitaires qui travaillent aux côtés des Gazaouis. Des rôles différents, même si évidemment, ces deux mondes sont parfois perméables.
Nul doute que la médiatisation qui a suivi l'attaque du convoi - bien plus importante, comme le relève Caroline Abu-Sada, que celle qui a suivi l'attaque du 27 décembre 2008, qui signait le début de la guerre de Gaza — aura un impact sur le travail des humanitaires sur place et surtout sur les Gazouis.
Solène Cordier
Cet article a été précédemment publié sur Youphil
Photo: Le Mavi Marmara, à son départ d'Istanbul, le 22 mai 2010. REUTERS/Emrah Dalkaya
Mis à jour le 02/06/2010 à 12h26











































.. apparaît assez misérable! et , humanitaires ou militants, les attaquer dans les eaux internationales est totalement inqualifiable, c'est un acte de guerre!!
Et même s'il y a eu provocation, l'attitude d'Israël, bien sûr soutenu par le lobby pro-israélien US, n'en est pas moins indéfendable!
Voilà un bel exemple de Jésuitisme : si je comprends bien, des "militants" qui se prennent une balle dans le buffet, c'est nettement moins tragique que des "humanitaires" tués par des commandos militaires bardés d'armes à feu ?
Ce genre de plaidoyer sémantique pitoyable, qui tente de sauver la mise à un gouvernement israélien empêtré dans son jusqu'au-boutisme, n'est pas plus convaincant que les bandes vidéo censurées par l'armée, qui passent en boucle sur nos télévisions : "regardez, ils avaient des lance-pierres, des billes et des gourdins pour attaquer par surprise nos valeureux soldats ! "
La vérité, c'est que le blocus de GAZA et ce genre d'opération militaire qui en est la conséquence nécessaire, ne peut faire que le jeu du Hamas et de ses partisans, sans compter les fanatiques religieux des deux bords ! C'est trop tard pour faire de la sémantique : l'armée israélienne, dont on se demande aujourd'hui si elle est encore contrôlée par le gouvernement, a fait de ces morts des martyrs de la cause palestinienne. C'est plus qu'une erreur, c'est une faute !
Je pense comme les autres intervenants, faire de la sémantique dans ce contexte est au mieux déplacé ou pire c'est se faire l'avocat du diable en essayant de minimiser les responsabilités d'un état voyou (pour reprendre le vocabulaire étasunien).
Il y avait bien d'autres moyens pour arraisonner cette flotte sans faire un tel carnage. De toute façon même si on déplore ce sinistre évènement il n'est qu'une des conséquences de la politique israélienne, l'arbre qui cache l'immense forêt.
Bonjour,
Je suis surpris que vous vous attachiez à la forme et non au fond de l'article, nous sommes, comme d'habitude, sur l'apparence, et vous esquivez les vrai question soulevée par cet article.
La question, la vrai, n'est pas de débattre sur la "sémantique", mais sur les faits. Et quels sont les faits ?
Nous avons des "ONG", qui décide d'aider les gazaouis, en contournant de façon très médiatisé le blocus israélien. Jusque là, j'espère que vous ne jouerez pas sur la sémantique que j'utilise et que vous reconnaitrez que je ne suis pas partisan.
En face, nous avons Israël, qui a avertit qu'il ne laisserai pas forcer le blocus, en conséquence, Israël et l'Égypte propose au convois ded se dérouter vers le port d'Ashdod, afin que les cargaisons soient contôlées puis acheminées vers la bande de Gaza.
Pour moi on peut s'interroger sur le refus catégorique opposé par les militants, à cette requête. provocation ? Sûrement, l'issue ne faisant guère de doute sur le fait que les bateaux, ne puissent au final forcer le blocus. Alors quelle raison, autre que la provoc, pouvait dicter ce choix d'affrontement. (Je ne pense pas que les bateaux transportent de missiles, puisse que les militants savaient qu'ils n'iraient pas loin)
Alors la Vrai question, une fois ce point établi, pourquoi la provoc ?
Dans un récent commentaires que j'ai posté, je soumettais l'idée que les conditions pour une reprise des négociations étaient réunies, effectivement (mais pas grâce à moi :) ) les échanges indirects ont commencé (d'ailleurs, Abbas, a bien déclaré que ceux-ci n'étaient pas remis en cause) Mais qui est le grand perdant de ces négociations ? Le Hamas, bien sûr ! Illégitime aux yeux de la majorité des Palestiniens, nuisant à l'image de ceux-ci par l'isolement qu'ils ont contribué à générer au niveau international. (Je vous rappelle qu'ils sont considérés comme un groupe terroriste).
Et que lit-on, que les deux principales "ONG" sont proches du mouvement du Hamas (Free Gaza et IHH), oh quel hasard comme par hasard...
il (le Hamas) ont par le passé l'ores et déjà torpillé (sans faire de mauvais jeu de mot) les tentatives de négociations entre Israël et l'autorité palestinienne.
Pour info, je vous renvoie vers les infos suivantes:
"Selon la télévision « Al Arabiya », les activistes pro-palestiniens se sont en effet défendus avec des bâtons et des couteaux, avant que l’un d’eux ne s’empare d’une arme appartenant vraisemblablement à un militaire israélien, et a tiré sur les soldats. Ce qui a provoqué une confusion et conduit à la réaction violente de la marine israélienne"
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"Le quotidien algérien « El-Khabar » affirme en effet, dans son édition de ce 31 mai (bouclée et mise en ligne avant l’opération), que « les militants algériens pro-palestiniens étaient prêts au martyre », et qu’« ils étaient décidés à rejoindre Gaza en dépit des risques »"
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"Il est en effet légitime de se souvenir du blocus syrien imposé aux régions libanaises libres, à la fin des années 1980. Pendant neuf mois, la Syrie a bombardé les navires commerciaux mais également les paquebots qui assuraient le ravitaillement et le transport des Chrétiens encerclés par l’armée syrienne, entre les côtes libanaises et Chypre. Plusieurs bâtiments avaient été touchés par les bombes syriennes, et plusieurs passagers y ont trouvé la mort sans susciter la moindre réaction de la communauté internationale"
http://www.mediarabe.info/spip.php?article1835
Ces quelques extraits, je l'espère vous démontreront, un peu de contre-information, d'autant qu'il proviennent de média arabe. Peut-être un peu plus "lucide" sur la Vrai question.
Bien à vous
PS: Toutefois, naturellement, personne ne se réjouit de la mort des militants, comme l'a effectivement dit Netanyahou. Mais posons-nous les vrai questions.
Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de scandaleux à se pencher sur les mots ici, d'autant que la journaliste a pris le soin de préciser que cet aspect pouvait en effet paraître secondaire.
Son article ne diminue en rien la gravité des faits reprochés, simplement, ce n'est pas le sujet.
Le sujet, c'est le sens des mots, donc, qui ont en la matière une importance certaine. D'une part, les mots ont toujours servi à la propagande, quelle qu'elle soit, et il est donc utile de les interroger pour savoir ce qu'ils recouvrent. Qu'on se l'interdise, et la censure (l'autocensure) n'est jamais très loin. D'autre part, cet embrouillaminis entre humanitaires, militants, activistes et que sais-je encore, révèle la confusion des genres (et la confusion tout court) qui règne dans cette partie du monde. Essayer de savoir qui est qui (selon sa propre appellation ou celle qu'on veut bien lui donner), c'est essayer d'y voir plus clair.
Encore une fois, je ne vois pas en quoi Solène Cordier essaie de "sauver la mise" à l'armée et au gouvernement israéliens.
Je crois au contraire que cette question de "sémantique" doit être abordée.
Bien sûr, Israël a commis un crime. Tous les journaux insistent là dessus, et un article traite de cela sur slate.
Celui ci se veut "explicatif". Il y a une forte nuance entre un convoi "humanitaire", c'est à dire neutre politiquement, et "militant", nettement orienté.
Je crois que c'est important de faire la différence.
ça n'enlève rien à l'horreur de l'acte d'Israel, et ça permet de remettre les points sur les i, de nombreux médias faisant la confusion entre ces deux termes.
je le répète, tous les journaux, et tous les sites d'actualités produisent les mêmes articles, condamnant l'attaque du convoi.
Ici, je ne vois qu'une "explication", voire un rectificatif.
Le Hamas,terroristes rétrogrades,veulent chasser les Juifs d'Israël et ils menacent et ils bombardent et ils iutilisent tous les moyens pour créer les conditions du chaos .Avec leur territoire,leur population et les milliards de dollars qui leur one tét deversés par l'Europe,les USA et les monarchies pétrolières,ils auraient pu ,ils auraient du créer un nouveau Singapour.
Ils sont nuls et ont précipité leur peuple dans la misère et la honte.Les Juifs veulent rester en Israël et ils n'évacueront pas leur pays.Si les Palestiniens ouvraient les yeux et décidaient de bâtir une démocratie et une économie prospère au lieu de tendre la main comme les faux mendiants du métro à Paris,Israël n'aurait pas à bloquer des bateaux pleins de gens haineux décidés à casser du Juif.
une belle reflexion bien empreinte de racisme et d'absurdités : Singapour possède un léger avantage avec Gaza, à savoir la liberté de circulation, le contrôle de ses ports et aéroports. Vous parviendrez peut-être à m'expliquer comment on construit une économie prospère quand la totalité des importations et exportations passe par des tunnels.
Quand à comparer les palestiniens à des mendiants, à pointer du doigt leur nullité - ce qui vous donnerait au moins un point commun avec eux, je crois que cela se passe de commentaires.
La neutralité des humanitaires est indispensable à leur efficacité puisqu'elle garde les portes ouvertes à leurs interventions sur les lieux de conflits.
Dans le cas présent, en s'associant à une opération fortement liée au Hamas, ils font preuve d'un évident amateurisme.
L'émotion et la juste indignation ne doivent pas occulter la raison. Il était en effet opportun de souligner la différence, je dirais même l'incompatibilité, entre action humanitaire et militantisme politique, même si les deux sont parfaitement légitimes.
Cet article est le parfait exemple de l'adage populaire qui dit qu'on ne cache pas le soleil avec un tamis.
On essayes de trouver des parades pour dire qu'en fin de compte, il ne s'agissait pas d'humanitaires mais de militants, donc ils méritaient ce qu'ils sont eu.
C'est une simplification tragique, pour ne pas dire grotesque de la réalité.
On oublie l'essentiel :
- un peuple est puni collectivement à travers un bouclage hermétique de son territoire. On veut bien nous faire croire qu'on laisse rentrer l'aide humanitaire, c'est à dire un peu de nourriture et de médicaments. Mais un peuple a besoin de vivre, pas de survivre. Les palestiniens ont besoins, comme tous les peuples du monde de livres, d'ordinateurs, de voitures, de CD de musique et de films, de matériaux e constructions, ... bref, toutes les choses banales pour vous et mois, mais qui ne sont pas accessibles pour eux.
Ce n'était pas des pirates somaliens. Il y avait toutes les nationalités, d'anciens députés..Quelle différence? un mot va-t-il justifier cette horreur? Pour ma part, la sémantique devraient être sur "militaire" ou "assassins"?