Santé

Combien de doses de rappel nous faudra-t-il contre le Covid?

Temps de lecture : 2 min

La question divise les scientifiques.

Outre Israël, le Chili, le Cambodge, le Danemark et la Suède ont proposé une quatrième dose à des groupes spécifiques de population. | Mat Napo via Unsplash
Outre Israël, le Chili, le Cambodge, le Danemark et la Suède ont proposé une quatrième dose à des groupes spécifiques de population. | Mat Napo via Unsplash

En 2021, après que des études ont démontré son efficacité, certains pays ont proposé à leur population une troisième dose de vaccin contre le Covid-19. D'autres ont même anticipé une possible remontée des contaminations en proposant une quatrième dose, mais le «rappel sans fin» n'est pas du goût de tous les scientifiques.

Début 2022, Israël a lancé une nouvelle campagne vaccinale avec une quatrième dose à destination des personnes âgées, immunodéprimées et des travailleurs du secteur de la santé. Le médecin de santé publique de l'Institut de santé Clalit à Tel Aviv, Ran Balicer, a assuré que le but était de protéger les groupes vulnérables contre une vague d'infections à Omicron. Des données préliminaires ont montré que cette quatrième dose proposée dans le pays avait fait ses preuves et réduisait le risque d'infection ainsi que l'évolution de la maladie vers des formes graves.

Après la révélation de ces chiffres, les scientifiques se demandent si la troisième dose suffira à nous donner une immunité –durable espérons-le– face au variant Omicron. «Nous sommes dans un territoire totalement inexploré pour la vaccinologie», commente Danny Altmann, immunologiste à l'Imperial College de Londres. «Nous sommes tombés sur un programme de facto de rappels fréquents d'ARNm en tant que mesure d'urgence, mais cela ne semble vraiment pas être la voie à suivre.»

En route vers une quatrième dose?

La question d'un rappel régulier, comme c'est le cas pour la grippe, se pose. Mais selon certains chercheurs, il faut d'abord s'interroger sur l'effet souhaité. Les doses sont-elles destinées à prévenir les infections, à ralentir la transmission du virus ou à réduire les formes graves amenant en réanimation? Des scientifiques remarquent en tout cas qu'une nouvelle dose offrirait une meilleure protection contre les futurs variants.

«Omicron a changé la perception des doses [de rappel]», déclare Alejandro Balazs, immunologiste au Ragon Institute de Cambridge, Massachusetts. Depuis l'apparition du variant, les schémas vaccinaux comportant deux doses sont considérées comme obsolètes et «les anticorps sont insuffisants pour prévenir les infections», ajoute-t-il.

Selon Miles Davenport, immunologiste informatique à l'Université de Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney en Australie, les doses d'un même vaccin n'offrent que des «rendements décroissants en matière de protection contre les futures souches». Il suggère qu'au lieu d'effectuer des rappels moins efficaces pour vaincre les variants, il serait plus judicieux de créer de nouveaux vaccins spécifiques aux mutations.

Son confrère Peter McIntyre, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université d'Otago à Dunedin, en Nouvelle-Zélande, approuve et précise: «Jusqu'à ce que nous ayons de nouveaux vaccins, les stratégies devraient donner la priorité à la protection des individus contre les formes graves.» Dans l'attente de vaccins spécifiques, les doses seront alors certainement la seule solution pour protéger les personnes à risques.

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