Monde

BP: l'offensive d'Obama

Slate.fr, mis à jour le 31.05.2010 à 17 h 57

Après l'échec de l'opération Top Kill de colmatage des puits, la Maison Blanche a durci le ton vis-à-vis de BP.

Selon Politico, ce changement de cap de l'administration Obama intervient alors que les critiques se multiplient en Louisiane à l'égard de l'immobilisme du gouvernement face à la marée noire. Au cours d'une interview dimanche à la chaîne CBS, Carol M. Browner, conseillère environnementale d'Obama, a mis en doute les chiffres avancés par BP, concernant l'ampleur de la catastrophe. «BP a un intérêt personnel financier à minimiser l'importance de la catastrophe», a-t-elle déclaré. En effet, comme le précise Politico, BP pourrait être redevable d'une amende de plusieurs millions de dollars, calculée en fonction du nombre de barils qui se sont déversés dans le Golfe du Mexique. «C'est sans aucun doute la pire catastrophe environnementale de notre histoire», a ajouté la directrice du Bureau des politiques Energie et Climat sur NBC.

Le député démocrate du Massachusetts, Ed Markey, a tenu des propos encore plus sevères envers BP. Le président de la chambre du comité environnemental a mis en cause la responsabilité criminelle du groupe britannique pour ses actions depuis l'explosion de la plateforme le 20 avril dernier:

Depuis le début, ils ont cherché à minimiser le nombre. Soit ils mentaient, soit ils étaient incompétents.

Un signal positif pour le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal qui a declaré à la chaîne ABC que les garde-côtes avaient l'air d'avoir enfin saisi le message après avoir traîné des pieds des semaines.

Mais ce durcissement de ton n'a pas manqué de faire réagir Bob Dudley, le patron de BP. On apprend qu'il a réaffirmé sa détermination à stopper la fuite. Détaillant son nouveau plan, il a expliqué qu'entre aujourd'hui et le mois d'août, date à laquelle deux puits de secours devraient être mis en place, il allait tenter de contenir la fuite.

Le New York Times insiste également sur la rupture dans le discours de la Maison Blanche. Plus directe face à la critique qui enfle, Carol M. Browner a expliqué que l'administration Obama s'était «préparée au pire depuis le début». «Nous avons poussé BP à prendre d'importantes décisions», a-t-elle ajouté pour souligner l'implication du gouvernement. Le quotidien américain précise que BP était libre depuis le début de choisir une stratégie pour stopper la marée noire, mais que la Maison Blanche lui a fortement conseillé d'arrêter le Top Kill, en raison d'un risque de trop grande pression dans le puits.

Photo: futureatlas via Flickr CC License by

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L'article de Politico est à lire ici, celui du New York Times

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