Parents & enfants / Sciences

Une expérience sur la pauvreté montre que plus d'argent modifie le cerveau des bébés

Temps de lecture : 2 min

Des familles modestes ont été soutenues financièrement pendant un an.

Un groupe de participantes a reçu 20 dollars par mois, l'autre 333. | Shirota Yuri via Unsplash
Un groupe de participantes a reçu 20 dollars par mois, l'autre 333. | Shirota Yuri via Unsplash

En augmentant le revenu familial de familles pauvres, on accélère la croissance cognitive et émotionnelle de leurs très jeunes enfants. C'est en tous cas la conclusion d'une toute nouvelle étude intitulée Baby's First Years. Des scientifiques de six universités aux États-Unis ont étudié l'impact que pouvait avoir une somme d'argent supplémentaire accordée à des foyers modestes sur le cerveau des bébés. Pendant un an, ils ont soutenu financièrement des familles pauvres et ont observé l'évolution de cet organe chez les nouveau-nés. Les résultats révèlent un développement plus fort des schémas d'activité cérébrale associés au développement de la pensée et de l'apprentissage.

«Nous savons depuis de nombreuses années que grandir dans la pauvreté expose les enfants à des résultats scolaires inférieurs, à des revenus réduits et à une mauvaise santé», commente la neuroscientifique de l'université de Columbia, Kymberly Noble. Ici, les scientifiques souhaitaient évaluer comment la réduction de la pauvreté pouvait impacter la croissance cognitive et émotionnelle des très jeunes enfants. Pour cela, un millier de mères à faible revenu aux États-Unis, ayant donné naissance à un bébé dans quatre régions métropolitaines américaines (la Nouvelle-Orléans, New York, Omaha et Minneapolis-Saint Paul), ont été recrutées.

Les participantes ont reçu un don mensuel en espèces. Certaines percevaient 333 dollars, d'autres 20 dollars. Elles ont été libres de dépenser cet argent comme elles le souhaitaient. La pandémie de Covid-19 a entravé une partie du travail scientifique et seuls 435 bébés ont finalement pu être observés de près, mais les données restent exploitables.

Le cerveau se façonne avec l'environnement

Les nourrissons dont les mères avaient reçu les sommes les plus élevées ont eu une activité cérébrale plus intense que les autres. Pour observer ces changements, les scientifiques ont utilisé l'électroencéphalographie (EEG), une technique permettant d'enregistrer les signaux électriques du cerveau grâce à un capuchon placé sur la tête. «Tous les cerveaux en bonne santé sont façonnés par leur environnement et leurs expériences», explique Kymberly Noble. «Mais, en raison de la conception aléatoire, nous savons que les 333 dollars par mois ont dû modifier les expériences ou les environnements des enfants, et que leur cerveau s'est adapté à ces nouvelles circonstances.»

L'équipe en charge de l'étude n'a pas pu déterminer les facteurs environnementaux ayant déclenché les ondes cérébrales à plus hautes fréquences. À présent, les chercheurs se concentrent sur les pôles de dépenses, les comportements parentaux, les relations familiales ou encore le niveau de stress familial pour déterminer leurs éventuelles influences sur les résultats.

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Dans tous les cas, l'impact de l'argent sur le développement neurologique d'un enfant semble être puissant. Selon l'économiste Greg Ducan de l'université de Californie à Irvine aux États-Unis, la différence entre les deux groupes ayant reçu 20 et 333 dollars était «d'une ampleur similaire à celles signalées dans les interventions éducatives à grande échelle». Pour les chercheurs, ces résultats confirment que les débats politiques doivent se concentrer «davantage sur la question de savoir si ou comment les politiques de transfert de revenu favorisent le développement des enfants».

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