Sciences / Culture

Des tubes métalliques datant d'il y a 5.500 ans pourraient être les plus anciennes pailles à boire

Temps de lecture : 2 min

En or et en argent, elles auraient servi à siroter de la bière.

Les tubes découverts dans le Caucase du Nord (Russie) en 1897, font l'objet d'une toute nouvelle lecture scientifique. | Yesmore Content via Unsplash
Les tubes découverts dans le Caucase du Nord (Russie) en 1897, font l'objet d'une toute nouvelle lecture scientifique. | Yesmore Content via Unsplash

Ce sont de longs tubes en or ou en argent mesurant plus d'un mètre de long. À leur extrémité, on trouve une pointe perforée étroite. Ces huit objets datant d'il y a environ 5.500 ans ont été découverts dans le Caucase du Nord, en Russie, à l'été 1897, dans une tombe près de la ville de Maïkop. Longtemps considérés comme des sceptres ou des piliers pour soutenir un auvent lors de cortège funèbre, ces tubes font désormais l'objet d'une toute nouvelle lecture par une équipe d'experts russes. Il se pourrait qu'ils soient des pailles à boire –les plus anciennes connues à ce jour.

Ces tubes se trouvent aujourd'hui au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Certains sont constitués de segments assemblés et quatre sont ornés de figurines de taureaux en or ou en argent. Après analyse, l'équipe de chercheurs russes a déclaré qu'il s'agissait probablement de pailles pour boire de la bière dans un pot partagé. «Si c'est correct, ces objets représentent la plus ancienne preuve matérielle de longs tubes dans lequel on buvait une pratique qui s'est répandue durant les banquets au troisième et second millénaire avant Jésus Christ dans l'ancien Proche-Orient», notent-ils dans la revue Antiquity.

Filtrer et siroter une boisson

Pour l'équipe d'experts, les tubes métalliques avaient un rôle bien précis. Ils étaient utilisés à la fois pour siroter une boisson, mais aussi et surtout pour la filtrer lors de la consommation. Cette hypothèse a été étayée à partir de représentations trouvées sur des sceaux en Iran et en Irak datant du cinquième ou quatrième millénaire avant J-C.

Les chercheurs ajoutent qu'une tige de roseau recouverte de feuilles d'or, ainsi que deux pailles de métal datant d'il y a 4.500 ans avaient déjà été retrouvées dans la tombe d'une femme connue comme la reine Puabi dans le cimetière royal d'Ur, en Irak. La pointe perforée des tubes du Caucase est cohérente avec les passoires à pointe de paille métallique amovibles utilisées sur les extrémités des pailles de roseau au Levant et en Mésopotamie au deuxième millénaire avant notre ère.

«L'ensemble de huit tubes à boire dans la tombe de Maïkop peut donc représenter l'équipement de festin pour huit personnes, qui auraient pu s'asseoir pour boire de la bière dans l'unique grande jarre trouvée dans la tombe», rapportent les experts russes. Ils ont trouvé des traces d'amidon d'orge dans le bout de l'un des tubes, mais cette découverte ne constitue pas une preuve concluante.

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La professeure Augusta McMahon, chercheuse à l'université de Cambridge (et qui n'a pas participé à cette recherche), estime que le travail des experts russes est très convaincant, ajoutant que le but proposé semble fantaisiste mais fonctionnel. «Dans le passé, la bière était probablement épaisse avec des sédiments, et les pailles filtrantes étaient un outil nécessaire», explique-t-elle. Selon Augusta McMahon, ces pailles révèlent l'importance de la nourriture et des boissons partagées, comme vecteurs de liens sociaux.

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